Al-Ahram Hebdo, Afrique | Compromis introuvable
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 Semaine du 5 au 11 décembre 2007, numéro 691

 

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Afrique

Ethiopie-Erythrée. Le délai accordé à ces deux pays de la Corne de l’Afrique pour démarquer définitivement leur frontière a expiré sans qu’aucune solution ne soit trouvée, ravivant les craintes d’une reprise des hostilités.

Compromis introuvable

Sur fond de tensions accrues récemment entre les deux frères ennemis, la date butoir fixée par l’Ethiopie et l’Erythrée pour démarquer leur frontière physiquement a été dépassée sans qu’une solution ne soit trouvée. Non seulement les deux pays n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le tracé de leur frontière, mais aussi, ils multiplient les déclarations belliqueuses.

Sept ans après la fin de la guerre qui a opposé ces deux voisins de la Corne de l’Afrique, (1998-2000) la persistance du différend frontalier continue d’envenimer leurs relations. L’Ethiopie et l’Erythrée s’étaient toutes deux engagées, au terme de l’accord d’Alger signé en décembre 2000, à respecter la décision de la commission internationale indépendante chargée de délimiter la frontière entre elles. Suite à quoi la commission internationale, issue de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, a arrêté sa décision en 2002. Cependant, l’Ethiopie a refusé cette décision. Et depuis cette date, le blocage reste entier. « Jusqu’à ce que la question soit définitivement tranchée, la décision du 13 avril 2002 constitue le seul fondement légal pour la démarcation de la frontière », a affirmé la commission frontalière Ethiopie-Erythrée (EEBC) dans un communiqué.

En novembre 2006, la EEBC avait donné un an aux deux pays pour délimiter leur frontière sur la base de ses propositions. Addis-Abeba et Asmara s’opposent depuis ce temps, la EEBC a attribué à l’Erythrée la ville de Badme, une proposition refusée par l’Ethiopie. Asmara reproche à la communauté internationale de n’avoir exercé aucune pression sur l’Ethiopie pour l’amener à accepter cette décision. Et Addis-Abeba affirme en accepter le principe mais réclame des discussions sur le détail de la ligne de démarcation, ce que refuse Asmara.

Selon les analystes, l’expiration du délai ne devrait rien changer sur le terrain, mais cela rajoute de l’incertitude à une situation déjà tendue. Une réunion de l’EEBC s’était tenue avec des représentants des deux pays à La Haye en septembre. Il en était ressorti que la commission devait être dissoute en novembre et la frontière fixée sur les cartes si aucune avancée n’était enregistrée. « Les frontières resteront automatiquement telles que tracées (sur les cartes) et le mandat de la commission sera alors considéré comme rempli », selon une déclaration datée du 12 septembre. Ces dernières semaines pourtant, la tension est montée d’un cran entre les deux pays qui ont massé plus de 100 000 soldats près de leur frontière commune d’un millier de kilomètres.

Le premier ministre éthiopien Meles Zenawi a en effet rejeté le délai fixé par la commission et qualifié d’« absurdité légale » sa décision concernant la délimitation de la frontière. Il a cependant tenu à rassurer la communauté internationale. « Nous n’entrerons jamais en guerre contre l’Erythrée à moins d’être confrontés à une invasion de grande envergure. Mais je ne pense pas que le gouvernement érythréen se lancerait dans une telle invasion car ce serait un suicide », a-t-il dit.

Maha Salem

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