Al-Ahram Hebdo, Opinion | Les défis du dialogue inter-social
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 décembre 2007 au 1 janvier 2008, numéro 694

 

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Opinion
 

Les défis du dialogue inter-social

Morsi Attalla

Le dialogue inter-social auquel le président Moubarak a appelé, et qui a été adopté par le PND sous le slogan de la « justice sociale », doit dépasser les limites de la question de la subvention des biens de consommation de base ou de sa transformation en subvention en nature. Il faut que nos visions dépassent les limites de nos frontières et de nos causes intérieures. En effet, aucun Etat ne peut aujourd’hui négliger tout ce qui se passe sur la scène internationale, en particulier en ce qui concerne les mouvements du marché. La loi de l’offre et de la demande constitue le plus important facteur qui gère le marché, puisque quand les prix changent dans un pays, un changement consécutif se produit dans les autres pays. Il en est de même pour la baisse et la hausse des salaires de la main-d’œuvre qui se reflètent à des taux relativement proches et de façon spontanée sur tous les marchés.

Pour être plus clair, il ne faut pas croire que le simple fait de se passer d’une économie dirigée à une économie libre signifie qu’un essor économique spontané sera réalisé. Même si nous reconnaissons que l’économie libre et ses mécanismes constituent le langage commun entre tous les pays du monde, chaque pays a ses caractéristiques particulières qui l’obligent à déterminer le sens adéquat de la justice sociale et la meilleure façon de la réaliser au profit des classes démunies.

Le défi que nous devons affronter en proposant le slogan de la justice sociale sur la table du dialogue inter-social dépasse les limites d’une vision purement matérielle qui se base sur l’adoption d’une telle ou telle théorie pour en arriver à traiter avec la scène économique et sociale actuelle. Il faut aussi savoir que cette question préoccupe autant les Etats pauvres que ceux développés et riches.

Or, le plus important est de savoir que le facteur du temps n’est pas en notre faveur. Ce n’est pas du tout le moment d’hésiter à nous lancer dans des défis réels qui touchent directement la vie quotidienne des gens. Et le premier de ces défis est de réaliser l’équilibre entre les salaires et les prix.

Je pense que le dialogue inter-social doit nous inciter à remettre en considération de nombreuses idées et visions qui freinent toute action positive sur la scène économique et sociale, et qui, en réalité, ne sont que des accumulations de longues années d’hésitation et de politiques erronées.

Je me rappelle ici une parole dite par le premier ministre malaysien, Mahatir Mohamed, nommé le pionnier de la renaissance moderne en Malaisie, il a dit : « La mondialisation n’est pas un habit confectionné pour être porté par toutes les tailles ». Il a tout à fait raison et ceci ne signifie pas qu’il faut négliger la mondialisation et s’isoler du monde, mais il faut que chaque pays sache comment se confectionner un habit à sa taille et qui serait en harmonie avec les habits des autres pays qui naviguent de pair avec la mondialisation.

A mon avis, notre capacité de confectionner un tel habit dépend de notre capacité de faire un diagnostic précis de la scène sociale et économique actuelle et de faire une lecture correcte de la carte de demain.

Nous avons besoin de bouger rapidement et au bon moment sur cette voie que certains estiment parsemée d’embûches. Or, il faut tout de même s’y engager en tentant de dépasser les obstacles, puisque des indices alarmants s’annoncent fortement. Le dialogue inter-social doit assumer la responsabilité de parvenir à des solutions aptes à éviter que ces indices ne se transforment en dangers réels qui peuvent avoir des répercussions catastrophiques à l’avenir.

Je pense que le dialogue inter-social est capable d’assumer cette mission à condition de s’y engager avec la volonté réelle de formuler une stratégie aux caractéristiques claires. Et qui se baserait sur une compréhension correcte de la scène actuelle et un diagnostic bien précis de tous les maux de nos jours.

Entre une justice sociale aspirée et une économie libre dont nous ne pouvons négliger les règles, nous pouvons bouger avec précaution et intelligence pour aboutir à notre objectif avec un minimum de coûts et un maximum de gains.

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