Al-Ahram Hebdo, Opinion | La presse partisane
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 Semaine du 26 décembre 2007 au 1 janvier 2008, numéro 694

 

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Opinion
 

La presse partisane

Salama A. Salama

La crise qui a éclaté récemment entre le rédacteur en chef du journal Al-Wafd et le parti Al-Wafd, dont il est l’organe central a suscité maintes questions sur l’avenir de la presse partisane en Egypte. La presse moderne a pris  des formes différentes de celle que nous avons connue en Egypte. Dans les pays démocratiques développés, il n’y a plus de presse nationale (gouvernementale) ni de presse partisane. Aujourd’hui, le véritable défi est double : que la presse soit orientée vers tout le monde pour satisfaire la plus large tranche de lecteurs et refléter toutes les tendances de l’information et tous les débats en cours. Il s’agit de réaliser la plus grande diffusion à travers une performance professionnelle de haut niveau en toute transparence et toute franchise sans aucune dépendance.

Le dialogue dans cette crise s’est cantonné dans une sphère très limitée et a abordé le droit du président du parti à intervenir directement ou indirectement dans les affaires du rédacteur en chef du journal, organe de ce parti. Il a également évoqué les lignes rouges qui le régissent et qui l’exposent aux pressions de l’action partisane qui de par sa nature sont le reflet des courants, des intérêts et des ailes à l’intérieur du parti.

Autrefois, la presse partisane a connu son apogée, une époque d’or, avant que les systèmes démocratiques ne soient consolidés en Occident. D’où l’élargissement de la marge de liberté politique, ce qui s’est répercuté sur la presse et la liberté d’expression.

Le parti au pouvoir détenait un journal qui était son porte-parole et le défenseur de ses idées. Il y avait la Pravda et Izvestia dans le régime soviétique. Le rédacteur en chef de la Pravda était l’un des plus importants membres du bureau politique du parti. La plupart des pays d’Europe de l’Est suivaient cette lignée, suivis par les partis communistes en Occident comme L’Humanité en France, Unita en Italie et Republica en Yougoslavie. Nous en Egypte, nous avons été influencés par ce système et nous sommes toujours sous son emprise.

En réalité, il n’y a pas de différence entre un journal, porte-parole d’un parti et un autre exprimant ses idées, comme l’estiment certains. Leur mission est identique. Il s’agit de diffuser les idées du parti et ses principes parmi ses cadres à travers une formule unique qui ne permettrait pas la multiplicité des interprétations et des avis.

Le phénomène de la presse partisane a disparu graduellement en Occident. On ne retrouve plus un journal, porte-parole d’un parti, comme par exemple celui des conservateurs, des travailleurs en Grande-Bretagne, des gaullistes en France ou encore du Parti républicain ou démocrate en Amérique. Les journaux en Occident sont indépendants et ils peuvent soutenir un parti dans un dossier donné ou prendre la partie d’un candidat aux dépens d’un autre aux élections. Mais il n’en demeure pas moins qu’ils préservent leur indépendance d’une manière ou d’une autre.

Jusqu’à ce que la presse évolue en Egypte pour parvenir à ce niveau, les différends se reproduiront sans nul doute avec un président de parti qui exerce le rôle de propriétaire plus qu’il n’assume celui d’éditeur. Telle est la nature de la période actuelle !

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