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Edito
Amélioration L’Iraq
tourne le dos à 2007 sur un mince espoir d’amélioration, mais si la nouvelle
année doit confirmer cette tendance, un sérieux effort de réconciliation
politique entre factions chiites et sunnites doit être mené à bien.
La
violence a ainsi diminué à Bagdad et dans le reste du pays. Le nombre des
victimes civiles a atteint en novembre son niveau le plus bas, 606, depuis 21
mois, rompant un cercle vicieux de tueries et de vengeances lancé en février
2006 par un attentat contre la mosquée chiite de Samarra. Selon un rapport du
Pentagone, le nombre total d’attaques en Iraq a décliné de 62 % depuis mars
2007. Deux raisons majeures sont responsables de cette diminution des violences
: un cessez-le-feu décrété en août par la puissante milice chiite du chef
radical Moqtada Sadr, l’Armée du Mahdi, et la mobilisation des tribus sunnites
contre les extrémistes d’Al-Qaëda. Dans ce cadre, près de 70 000
anciens insurgés affrontent désormais les partisans du réseau islamiste,
auxquels ils ont porté des coups sévères.
Toutefois, cette accalmie des
attaques contre les troupes américaines et des violences interconfessionnelles
est menacée sans un règlement rapide par le pouvoir central dominé par les
chiites de plusieurs questions-clés. Le problème de la ville de Kirkouk, située
à 250 km au nord de Bagdad, constitue une bombe à retardement, avec un
gouvernement central peu enclin à perdre le contrôle de cette province
pétrolière, revendiquée par la région autonome du Kurdistan iraqien. Pour
l’instant, les autorités kurdes ont accepté la proposition de l’Onu de reporter
de six mois un référendum sur Kirkouk, où cohabitent Kurdes, Arabes et
Turcomans, prévu par la Constitution iraqienne avant le 31 décembre 2007.
Autres questions explosives,
celles du partage des richesses pétrolières et la réhabilitation d’anciens
membres du parti Baas de Saddam Hussein. L’adoption notamment d’un projet de
loi sur la réintégration dans la fonction publique des anciens du Baas, limogés
après l’invasion de mars 2003, est sans cesse repoussée en raison des profondes
divergences entre les acteurs politiques iraqiens.
Le premier ministre chiite, Nouri
Al-Maliki, affaibli par le départ des ministres sunnites et chiites radicaux de
son cabinet, est également très réticent à accepter l’intégration dans les
forces de sécurité de milliers de miliciens sunnites financés par les
Américains pour lutter contre Al-Qaëda en raison des craintes du gouvernement
de voir ces auxiliaires sunnites se retourner contre lui ou reprendre les violences.
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