Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Un malaise qui persiste
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 Semaine du 26 décembre 2007 au 1 janvier 2008, numéro 694

 

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Bahreïn . Des troubles, marqués notamment par des affrontements entre forces anti-émeutes et manifestants dans des zones à majorité chiite, ont souligné les difficultés dont souffre cette communauté dans ce pays.

Un malaise qui persiste

Un épisode qui refait surface de temps à autre. Des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc, des perquisitions dans des villages chiites et des arrestations, rien ne va plus entre les forces de l’ordre et les manifestants chiites. Les autorités de Bahreïn ont arrêté une quarantaine de personnes après une semaine de manifestations de la majorité chiite au cours desquelles un protestataire au moins a trouvé la mort, ont rapporté dimanche un mouvement d’opposition et des habitants du Royaume. Mais les médias locaux avancent une autre version des faits. Selon eux, un demi-millier de personnes ont attaqué les forces de sécurité, durant cinq jours consécutifs, à coups de cocktails Molotov et de pierres dans le nord de l’île pour protester contre la mort d’un manifestant ayant inhalé des gaz lacrymogènes lors d’incidents survenus en début de semaine. Des sources de sécurité, citées par BNA, ont cependant affirmé qu’il était décédé de « mort naturelle », ajoutant qu’une enquête était en cours. Quelle que soit la réalité, ce qui est sûr c’est que les relations entre l’autorité et les chiites sont sur une corde raide.

« Il y a eu 42 arrestations et leur nombre augmente. Des commandos masqués ont perpétré des attaques dans plusieurs secteurs », a déclaré un militant des droits de l’homme à Reuters par téléphone en demandant de garder l’anonymat. Il a dit que les arrestations avaient provoqué de nouvelles manifestations. La principale composante de l’opposition chiite, l’Association de l’Entente Nationale Islamique (AENI), a appelé le ministère de l’Intérieur, dans un communiqué reproduit par le journal Al-Wassat, à « arrêter immédiatement ces agissements illégaux et inhumains (...) et à libérer immédiatement les détenus ».

Le mouvement Haq à majorité chiite, qui lutte pour les libertés civiques, a annoncé que beaucoup de ceux qui ont été arrêtés étaient des militants chiites. Il a publié les noms de 39 hommes censés avoir été interpellés. Selon ce mouvement, les forces de sécurité « ont poursuivi dimanche matin l’arrestation de jeunes Bahreïnis dans plusieurs villages chiites, notamment Duraz, Al-Muqsha et Sanabis (ouest de Manama) ».

Un responsable du ministère de l’Intérieur a fait savoir que les prévenus étaient soupçonnés d’avoir incendié un véhicule de police après l’avoir vidé des armes qu’il contenait au cours des incidents de rue de jeudi.

Les charges retenues contre eux « sont d’ordre pénal et ce ne sont pas des activistes politiques », a dit ce responsable cité par l’agence officielle BNA.

Une version également évoquée par le quotidien Al-Ayyam, qui cite un responsable du ministère de l’Intérieur. Selon ce journal, le nombre d’arrestations « ne dépasse pas 20 personnes ».

Des habitants ont rapporté que des manifestations sporadiques se poursuivaient dans le pays. Des troubles violents avaient secoué Bahreïn dans les années 1980 et 1990, période où les autorités avaient riposté à des revendications chiites par des arrestations et des expulsions.

Depuis son accession au pouvoir, le roi Hamad bin Isa Al-Khalifa a introduit des réformes telles que des mesures de grâce en faveur de prisonniers et d’exilés politiques.

Les chiites se plaignent de discrimination à Bahreïn, mais le gouvernement à dominante sunnite rejette l’accusation et parle de pénurie de moyens dans un pays qui est le moins prospère de la région du Golfe.

R. A.

 

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