Bahreïn .
Des troubles, marqués notamment par des affrontements entre
forces anti-émeutes et manifestants dans des zones à
majorité chiite, ont souligné les difficultés dont souffre
cette communauté dans ce pays.
Un malaise qui persiste
Un épisode qui refait surface de temps à autre. Des gaz
lacrymogènes, des balles en caoutchouc, des perquisitions
dans des villages chiites et des arrestations, rien ne va
plus entre les forces de l’ordre et les manifestants
chiites. Les autorités de Bahreïn ont arrêté une quarantaine
de personnes après une semaine de manifestations de la
majorité chiite au cours desquelles un protestataire au
moins a trouvé la mort, ont rapporté dimanche un mouvement
d’opposition et des habitants du Royaume. Mais les médias
locaux avancent une autre version des faits. Selon eux, un
demi-millier de personnes ont
attaqué les forces de sécurité, durant cinq jours
consécutifs, à coups de cocktails Molotov et de pierres dans
le nord de l’île pour protester contre la mort d’un
manifestant ayant inhalé des gaz lacrymogènes lors
d’incidents survenus en début de semaine. Des sources de
sécurité, citées par BNA, ont cependant affirmé qu’il était
décédé de « mort naturelle », ajoutant qu’une enquête était
en cours. Quelle que soit la
réalité, ce qui est sûr c’est que les relations entre
l’autorité et les chiites sont sur une corde raide.
« Il y a eu 42 arrestations et leur nombre augmente. Des
commandos masqués ont perpétré des attaques dans plusieurs
secteurs », a déclaré un militant des droits de l’homme à
Reuters par téléphone en demandant de garder l’anonymat. Il
a dit que les arrestations avaient provoqué de nouvelles
manifestations. La principale composante de l’opposition
chiite, l’Association de l’Entente Nationale Islamique (AENI),
a appelé le ministère de l’Intérieur, dans un communiqué
reproduit par le journal Al-Wassat,
à « arrêter immédiatement ces agissements illégaux et
inhumains (...) et à libérer immédiatement les détenus ».
Le mouvement Haq à majorité
chiite, qui lutte pour les libertés civiques, a annoncé que
beaucoup de ceux qui ont été
arrêtés étaient des militants chiites. Il a publié les noms
de 39 hommes censés avoir été interpellés. Selon ce
mouvement, les forces de sécurité « ont poursuivi dimanche
matin l’arrestation de jeunes Bahreïnis dans plusieurs
villages chiites, notamment Duraz,
Al-Muqsha et
Sanabis (ouest de Manama) ».
Un responsable du ministère de l’Intérieur a fait savoir que
les prévenus étaient soupçonnés d’avoir incendié un véhicule
de police après l’avoir vidé des armes qu’il contenait au
cours des incidents de rue de jeudi.
Les charges retenues contre eux « sont d’ordre pénal et ce
ne sont pas des activistes politiques », a dit ce
responsable cité par l’agence officielle BNA.
Une version également évoquée par le quotidien
Al-Ayyam, qui cite un
responsable du ministère de l’Intérieur. Selon ce journal,
le nombre d’arrestations « ne dépasse pas 20 personnes ».
Des habitants ont rapporté que des manifestations
sporadiques se poursuivaient dans le pays. Des troubles
violents avaient secoué Bahreïn dans les années 1980 et
1990, période où les autorités avaient riposté à des
revendications chiites par des arrestations et des
expulsions.
Depuis son accession au pouvoir, le roi
Hamad bin
Isa
Al-Khalifa a introduit des réformes telles que des
mesures de grâce en faveur de prisonniers et d’exilés
politiques.
Les chiites se plaignent de discrimination à Bahreïn, mais
le gouvernement à dominante sunnite rejette l’accusation et
parle de pénurie de moyens dans un pays qui est le moins
prospère de la région du Golfe.
R. A.