EFG-Hermès .
Cette institution financière reste numéro un des sociétés de
courtage depuis 23 ans, dans un marché pourtant partagé par
de sérieux rivaux. Etat des lieux.
Prophète en son pays
Hassan
Heikal est le vice-président et directeur général de
l’institution financière EFG-Hermès, et l’un de ses
fondateurs. Pour lui, rester au premier rang pendant 23 ans
sur le marché égyptien, l’âge de l’institution, revient à la
diversité des services offerts. Aujourd’hui, EFG-Hermès est
devenue une grande entité, ayant une énorme capitalisation
de 4,1 milliards de dollars et un capital de 1,3 milliard de
L.E. « Parallèlement à l’extension régionale, l’extension
des activités liées aux banques d’investissement ainsi que
la diversification des services offerts par Hermès demeurent
notre priorité », révèle Heikal.
Pour sa collègue Dina Al-Sombati, directrice exécutive des
stratégies de la société, la clé du succès est de devenir
avant tout leader dans son pays : « Hermès n’aurait pas pu
être à la tête des sociétés de courtage des marchés arabes
si elle ne l’était pas sur le marché local », assure-t-elle,
mettant le point sur les diverses activités d’Hermès, qui a
débuté son activité en 1984, se spécialisant dans le
courtage, la gestion des actifs et portefeuilles, la banque
d’investissement, la gestion des risques, la promotion des
fusions et acquisitions et la recherche. « Ainsi Hermès
présente-t-elle à ses clients l’opportunité d’investir sur
le marché local et régional », souligne Al-Sombati.
Malgré cette diversification des activités, le courtage
figure en tête, contribuant à hauteur de 41,8 % aux revenus
de la société, et doit devenir selon les prévisions
l’activité la plus demandée dans les pays arabes (voir
encadré).
Aouni Abdel-Aziz, président de l’Association des courtiers
des titres financiers et président du département des titres
financiers auprès de l’Union générale des chambres
commerciales, impute le succès d’Hermès à sa concentration
sur « le gros investisseur », au détriment des petits
investisseurs qui constituent la majorité du marché. Mohamad
Taymour, ex-président d’EFG-Hermès, ne peut être moins
d’accord. Il note qu’en matière de courtage, Hermès, CIBC,
HC, HSBC et Pioneers Securities occupent les cinq premières
places du marché. Mais EFG-Hermès, première maison de
courtage, attire davantage les institutions financières et
les fonds internationaux, « contrairement à Pioneers
Securities qui est la première sur le marché avec une
clientèle majoritairement composée de particuliers ».
Taymour, qui possède actuellement Pharos Capital, était dans
les années 1990 à la tête de la Banque d’investissement, une
des filiales d’EFG-Hermès. Sa gestion a valu à Hermès la
place qu’elle occupe actuellement, ce qui a encouragé le
gouvernement à la désigner première banque d’investissement.
« Elle est l’une des plus crédibles aux yeux du
gouvernement, qui l’a encouragé à gérer et promouvoir les
émissions des parts des grandes banques et sociétés
publiques en Bourse à l’exemple de Telecom Egypt ou la
banque Al-Watani Al-Masri », explique-t-il.
Une concurrence féroce
Cependant, EFG-Hermès possède actuellement sur la scène plus
d’un rival pas moins puissants. Elle est suivie sur le
marché par : CI Capital Investment Bank, Beltone, et HSBC
Investment Bank.
Sahar Al-Sallab, présidente de CI Capital Investment Bank,
avoue que la concurrence est féroce. « Nos grands
concurrents sont EFG-Hermès et Beltone. Cependant, après les
récents changements opérés dans la structure de CI Capital,
on s’attend à ce qu’elle s’accapare une plus grande part du
marché très prochainement », prévient-elle.
L’activité de la gestion des risques a contribué à elle
seule à plus du quart des revenus de la société dans les
trois premiers trimestres de 2007. « La filiale de gestion
des risques a pu achever les deux ventes des fonds
d’investissement de Horus 2 et CIIC, réalisant un profit net
de 737,4 millions de L.E. », explique Dina Al-Sombati,
directrice exécutive des stratégies d’entreprises.
Al-Sombati dévoile qu’un nouveau fonds Horus 3 a été formé,
avec la participation de 85 % des anciens investisseurs dans
Horus 2. Et d’ajouter : « L’investissement de ce fonds sera
consacré à acheter une part d’une banque marocaine ».
Gérer les fonds et les portefeuilles d’autrui est une
activité supplémentaire d’EFG-Hermès. Elle gère actuellement
les cinq fonds d’investissement les plus importants sur le
marché local. Ils sont évalués à 28,6 milliards de L.E.,
dont 17 milliards sont investies dans des fonds
d’investissement offshore et locaux. Elle gère également une
somme de 8 milliards de L.E., le montant des portefeuilles
des particuliers. La gestion d’Hermès pour les fonds
d’investissement a été distinguée par l’évaluation AA
qu’elle a reçue en septembre 2007 par l’institution
internationale S&P, la classant numéro un parmi les autres
sociétés de gestion des actifs sur le marché.
Dina Al-Sombati salue la performance de la société qui a
enregistré 580,1 millions de L.E. de profits nets, soit une
hausse de 88 % par rapport aux trois premiers trimestres de
2006 et réalisant un chiffre d’affaires de 1,53 milliard de
L.E. dans les trois premiers trimestres de 2007. Cependant,
Moustapha Badra, analyste financier auprès de Trust
Securities, met en contexte ce chiffre d’affaires. « Deux
tiers de ce montant proviennent d’une seule transaction.
C’est la vente de 17 % détenus par Hermès dans la banque
Al-Watani Al-Masri à la Banque nationale du Koweït ».
Badra, lui, critique Hermès qui n’a pas respecté les règles
de transparence imposées par l’Autorité du marché financier.
En effet, Hermès n’aurait selon lui pas révélé les vraies
raisons de la vente de la part d’Abraaj Capital, qui
détenait 24,6 % d’Hermès, à Doubaï Financial Group pour un
montant de 1,1 milliard de dollars.
Quoi qu’il en soit, ce géant financier, d’après les normes
égyptiennes, a de beaux jours devant lui. Ses bonnes
relations avec le gouvernement, ainsi qu’un conseil
d’administration toujours formé des hommes les plus informés
et les plus puissants du pays, ne font qu’alimenter une
performance bien solide.
Dahlia Réda