Al-Ahram Hebdo, Economie | Prophète en son pays
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 Semaine du 26 décembre 2007 au 1 janvier 2008, numéro 694

 

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Economie

EFG-Hermès . Cette institution financière reste numéro un des sociétés de courtage depuis 23 ans, dans un marché pourtant partagé par de sérieux rivaux. Etat des lieux. 

Prophète en son pays 

Hassan Heikal est le vice-président et directeur général de l’institution financière EFG-Hermès, et l’un de ses fondateurs. Pour lui, rester au premier rang pendant 23 ans sur le marché égyptien, l’âge de l’institution, revient à la diversité des services offerts. Aujourd’hui, EFG-Hermès est devenue une grande entité, ayant une énorme capitalisation de 4,1 milliards de dollars et un capital de 1,3 milliard de L.E. « Parallèlement à l’extension régionale, l’extension des activités liées aux banques d’investissement ainsi que la diversification des services offerts par Hermès demeurent notre priorité », révèle Heikal.

Pour sa collègue Dina Al-Sombati, directrice exécutive des stratégies de la société, la clé du succès est de devenir avant tout leader dans son pays : « Hermès n’aurait pas pu être à la tête des sociétés de courtage des marchés arabes si elle ne l’était pas sur le marché local », assure-t-elle, mettant le point sur les diverses activités d’Hermès, qui a débuté son activité en 1984, se spécialisant dans le courtage, la gestion des actifs et portefeuilles, la banque d’investissement, la gestion des risques, la promotion des fusions et acquisitions et la recherche. « Ainsi Hermès présente-t-elle à ses clients l’opportunité d’investir sur le marché local et régional », souligne Al-Sombati.

Malgré cette diversification des activités, le courtage figure en tête, contribuant à hauteur de 41,8 % aux revenus de la société, et doit devenir selon les prévisions l’activité la plus demandée dans les pays arabes (voir encadré).

Aouni Abdel-Aziz, président de l’Association des courtiers des titres financiers et président du département des titres financiers auprès de l’Union générale des chambres commerciales, impute le succès d’Hermès à sa concentration sur « le gros investisseur », au détriment des petits investisseurs qui constituent la majorité du marché. Mohamad Taymour, ex-président d’EFG-Hermès, ne peut être moins d’accord. Il note qu’en matière de courtage, Hermès, CIBC, HC, HSBC et Pioneers Securities occupent les cinq premières places du marché. Mais EFG-Hermès, première maison de courtage, attire davantage les institutions financières et les fonds internationaux, « contrairement à Pioneers Securities qui est la première sur le marché avec une clientèle majoritairement composée de particuliers ».

Taymour, qui possède actuellement Pharos Capital, était dans les années 1990 à la tête de la Banque d’investissement, une des filiales d’EFG-Hermès. Sa gestion a valu à Hermès la place qu’elle occupe actuellement, ce qui a encouragé le gouvernement à la désigner première banque d’investissement. « Elle est l’une des plus crédibles aux yeux du gouvernement, qui l’a encouragé à gérer et promouvoir les émissions des parts des grandes banques et sociétés publiques en Bourse à l’exemple de Telecom Egypt ou la banque Al-Watani Al-Masri », explique-t-il.

 

Une concurrence féroce

Cependant, EFG-Hermès possède actuellement sur la scène plus d’un rival pas moins puissants. Elle est suivie sur le marché par : CI Capital Investment Bank, Beltone, et HSBC Investment Bank.

Sahar Al-Sallab, présidente de CI Capital Investment Bank, avoue que la concurrence est féroce. « Nos grands concurrents sont EFG-Hermès et Beltone. Cependant, après les récents changements opérés dans la structure de CI Capital, on s’attend à ce qu’elle s’accapare une plus grande part du marché très prochainement », prévient-elle.

L’activité de la gestion des risques a contribué à elle seule à plus du quart des revenus de la société dans les trois premiers trimestres de 2007. « La filiale de gestion des risques a pu achever les deux ventes des fonds d’investissement de Horus 2 et CIIC, réalisant un profit net de 737,4 millions de L.E. », explique Dina Al-Sombati, directrice exécutive des stratégies d’entreprises. Al-Sombati dévoile qu’un nouveau fonds Horus 3 a été formé, avec la participation de 85 % des anciens investisseurs dans Horus 2. Et d’ajouter : « L’investissement de ce fonds sera consacré à acheter une part d’une banque marocaine ».

Gérer les fonds et les portefeuilles d’autrui est une activité supplémentaire d’EFG-Hermès. Elle gère actuellement les cinq fonds d’investissement les plus importants sur le marché local. Ils sont évalués à 28,6 milliards de L.E., dont 17 milliards sont investies dans des fonds d’investissement offshore et locaux. Elle gère également une somme de 8 milliards de L.E., le montant des portefeuilles des particuliers. La gestion d’Hermès pour les fonds d’investissement a été distinguée par l’évaluation AA qu’elle a reçue en septembre 2007 par l’institution internationale S&P, la classant numéro un parmi les autres sociétés de gestion des actifs sur le marché.

Dina Al-Sombati salue la performance de la société qui a enregistré 580,1 millions de L.E. de profits nets, soit une hausse de 88 % par rapport aux trois premiers trimestres de 2006 et réalisant un chiffre d’affaires de 1,53 milliard de L.E. dans les trois premiers trimestres de 2007. Cependant, Moustapha Badra, analyste financier auprès de Trust Securities, met en contexte ce chiffre d’affaires. « Deux tiers de ce montant proviennent d’une seule transaction. C’est la vente de 17 % détenus par Hermès dans la banque Al-Watani Al-Masri à la Banque nationale du Koweït ».

Badra, lui, critique Hermès qui n’a pas respecté les règles de transparence imposées par l’Autorité du marché financier. En effet, Hermès n’aurait selon lui pas révélé les vraies raisons de la vente de la part d’Abraaj Capital, qui détenait 24,6 % d’Hermès, à Doubaï Financial Group pour un montant de 1,1 milliard de dollars.

Quoi qu’il en soit, ce géant financier, d’après les normes égyptiennes, a de beaux jours devant lui. Ses bonnes relations avec le gouvernement, ainsi qu’un conseil d’administration toujours formé des hommes les plus informés et les plus puissants du pays, ne font qu’alimenter une performance bien solide.

Dahlia Réda

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« L’extension régionale est à l’honneur sur notre agenda », déclare, enthousiaste, Yasser Al-Mallawani, président et directeur général d’EFG-Hermès. Et d’ajouter : « Notre objectif est de devenir l’institution financière numéro 1 dans la région, à partir du Maroc et jusqu’à Oman ». L’Arabie saoudite, Doubaï, Abou-Dhabi et le Koweït sont déjà des marchés où EFG-Hermès a pu s’emparer de parts considérables. Elle possède par ailleurs des parts modestes dans d’autres marchés, à savoir Bahreïn, Oman, Jordanie, Liban et Qatar. Hermès a effectué sur ces marchés une valeur de transactions de 2,4 milliards de L.E., soit une hausse de 140 % lors des 3 premiers trimestres de 2007.

Cependant, les responsables préfèrent pour le moment se concentrer sur les deux marchés les plus juteux, ceux de l’Arabie saoudite et des Emirats (Doubaï et Abou-Dhabi). Sa présence dans le plus grand marché de la région, l’Arabie saoudite, remonte à quelques mois à peine, en juillet 2007. Hermès, qui a vite tâtonné le marché, a découvert la spécificité de ce marché, dont l’activité se limite uniquement à la gestion des portefeuilles et le courtage. Elle est d’ores et déjà au deuxième rang des maisons de courtage indépendantes, occupant 0,5 % des parts du marché.

Sa présence dans les Emirats date de trois ans. Pendant cette période, Hermès a pu dominer une part considérable de 8,23 % du marché, selon les chiffres du troisième trimestre de 2007, contre 5,9 % trois mois plus tôt. « Hermès est devenue le numéro un dans le marché financier de Doubaï (DFM), avec une moyenne de transactions quotidiennes de 9,8 milliards de dirhams émiratis (14,7 milliards de L..E.) », assure Hachem Montasser, chef de gestion des portefeuilles au bureau d’EFG-Hermès à Doubaï.

Dahlia Réda

 




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