Joseph
Hugust I.
Blosca,
ministre du Commerce de la Catalogne, explique l’intérêt
qu’il porte à la coopération avec Le Caire.
« L’élément humain en Egypte est beaucoup plus important que
les ressources de l’énergie »
Al-Ahram
Hebdo : Des échanges de visites entre responsables égyptiens
et catalans se sont multipliés récemment. Quel en est
l’objectif ?
Joseph Hugust I.
Blosca :
L’Egypte et la Catalogne partagent actuellement un intérêt
mutuel. Pour nous, notre priorité du moment est l’expansion
dans le cadre de la Méditerranée et vers l’Europe orientale.
Et quand on parle de la Méditerranée, après le Maroc,
l’Algérie et l’Egypte sont en bonne position. L’Egypte nous
représente un domaine fertile surtout dans le secteur des
services. Nous parlons de gaz, des eaux, des hôpitaux, de la
santé, des trains, des autoroutes, des aéroports.
Du côté égyptien, la Catalogne représente également
l’exemple du bon partenaire commercial étant donné qu’elle
représente la province la plus industrialisée de l’Espagne.
Il suffit de signaler qu’elle contrôle 20 % des mouvements
commerciaux avec l’Egypte. Les exportations égyptiennes se
sont élevées à 281,058 millions d’euros en 2006 contre un
total d’importations de 114,244 millions d’euros. C’est
ainsi que le gouvernement égyptien nous a invités à discuter
les différents moyens de coopération réciproque.
— Avez-vous donc abouti à des conventions concrètes ?
— Oui, nous avons signé un pré-accord
entre le consortium Consorti
de la zona
franca et une entreprise égyptienne privée
Pyramids
Industrial Park pour la création d’une zone
industrielle à Port-Saïd.
De même, l’entrepreneur de la principale chaîne d’hôtellerie
en Espagne HUSA Hotels a signé
un accord pour la création du second hôtel espagnol en
Egypte à l’avenue des Pyramides au Caire. D’autres accords
dans différents domaines sont en étude.
— De quoi s’agit-il dans cet accord, d’un cluster industriel
ou d’une zone industrielle traditionnelle regroupant des
entreprises œuvrant dans des différents domaines ?
— Je connais la volonté du gouvernement égyptien de donner
la priorité à des spécialisations quand il s’agit de la
création d’une zone industrielle. C’est une bonne politique.
Mais, ce n’est pas toujours possible de consacrer une zone à
une activité déterminée. Donc, on verra, si l’accord est
conclu, définitivement on s’entendra sur le profil de la
zone industrielle. Nous n’avons pas de rôle de premier plan
dans ce processus. Ce sont les entités
semi-privées égyptiennes qui auront l’initiative
d’activer et de finaliser un tel accord. A ce moment, il
sera probable qu’il y ait une priorité de la part des
entreprises catalanes et espagnoles d’y venir investir.
— Pourquoi l’Egypte représente-t-elle un terrain fertile
pour la Catalogne alors qu’en dépit d’un certain progrès,
elle souffre de nombreux problèmes économiques et sociaux ?
— En général, les problèmes que peut avoir l’Egypte
actuellement sont pareils à ceux se trouvant dans tous les
pays de la région. Soit le problème de la surpopulation soit
ceux résultant de la transition vers la politique
économique. Ce qui compte pour nous c’est la tendance. Quand
le gouvernement fait un pari pour relancer l’économie, les
autres questions comme la cohésion sociale seront à leur
tour réglées.
— Les entreprises espagnoles n’accordent-elles pas une
priorité à l’Egypte pour obtenir une énergie subventionnée
et moins chère ?
— Certainement le coût d’énergie compétitif en Egypte
représente un atout pour nos investisseurs. C’est logique.
Mais ce n’est pas ça seulement qui nous intéresse. L’élément
humain en Egypte est beaucoup plus important que les
ressources de l’énergie. Ces dernières existent dans
plusieurs autres pays. Alors que la main-d’œuvre bon marché
demeure un atout que présente l’Egypte.
Propos recueillis par
Névine
Kamel