Al-Ahram Hebdo, Economie | Joseph Hugust I. Blosca
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 Semaine du 26 décembre 2007 au 1 janvier 2008, numéro 694

 

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Economie

Joseph Hugust I. Blosca, ministre du Commerce de la Catalogne, explique l’intérêt qu’il porte à la coopération avec Le Caire. 

« L’élément humain en Egypte est beaucoup plus important que les ressources de l’énergie » 

Al-Ahram Hebdo : Des échanges de visites entre responsables égyptiens et catalans se sont multipliés récemment. Quel en est l’objectif ?

Joseph Hugust I. Blosca : L’Egypte et la Catalogne partagent actuellement un intérêt mutuel. Pour nous, notre priorité du moment est l’expansion dans le cadre de la Méditerranée et vers l’Europe orientale. Et quand on parle de la Méditerranée, après le Maroc, l’Algérie et l’Egypte sont en bonne position. L’Egypte nous représente un domaine fertile surtout dans le secteur des services. Nous parlons de gaz, des eaux, des hôpitaux, de la santé, des trains, des autoroutes, des aéroports.

Du côté égyptien, la Catalogne représente également l’exemple du bon partenaire commercial étant donné qu’elle représente la province la plus industrialisée de l’Espagne. Il suffit de signaler qu’elle contrôle 20 % des mouvements commerciaux avec l’Egypte. Les exportations égyptiennes se sont élevées à 281,058 millions d’euros en 2006 contre un total d’importations de 114,244 millions d’euros. C’est ainsi que le gouvernement égyptien nous a invités à discuter les différents moyens de coopération réciproque.

— Avez-vous donc abouti à des conventions concrètes ?

— Oui, nous avons signé un pré-accord entre le consortium Consorti de la zona franca et une entreprise égyptienne privée Pyramids Industrial Park pour la création d’une zone industrielle à Port-Saïd.

De même, l’entrepreneur de la principale chaîne d’hôtellerie en Espagne HUSA Hotels a signé un accord pour la création du second hôtel espagnol en Egypte à l’avenue des Pyramides au Caire. D’autres accords dans différents domaines sont en étude.

— De quoi s’agit-il dans cet accord, d’un cluster industriel ou d’une zone industrielle traditionnelle regroupant des entreprises œuvrant dans des différents domaines ?

— Je connais la volonté du gouvernement égyptien de donner la priorité à des spécialisations quand il s’agit de la création d’une zone industrielle. C’est une bonne politique. Mais, ce n’est pas toujours possible de consacrer une zone à une activité déterminée. Donc, on verra, si l’accord est conclu, définitivement on s’entendra sur le profil de la zone industrielle. Nous n’avons pas de rôle de premier plan dans ce processus. Ce sont les entités semi-privées égyptiennes qui auront l’initiative d’activer et de finaliser un tel accord. A ce moment, il sera probable qu’il y ait une priorité de la part des entreprises catalanes et espagnoles d’y venir investir.

— Pourquoi l’Egypte représente-t-elle un terrain fertile pour la Catalogne alors qu’en dépit d’un certain progrès, elle souffre de nombreux problèmes économiques et sociaux ?

— En général, les problèmes que peut avoir l’Egypte actuellement sont pareils à ceux se trouvant dans tous les pays de la région. Soit le problème de la surpopulation soit ceux résultant de la transition vers la politique économique. Ce qui compte pour nous c’est la tendance. Quand le gouvernement fait un pari pour relancer l’économie, les autres questions comme la cohésion sociale seront à leur tour réglées.

— Les entreprises espagnoles n’accordent-elles pas une priorité à l’Egypte pour obtenir une énergie subventionnée et moins chère ?

— Certainement le coût d’énergie compétitif en Egypte représente un atout pour nos investisseurs. C’est logique. Mais ce n’est pas ça seulement qui nous intéresse. L’élément humain en Egypte est beaucoup plus important que les ressources de l’énergie. Ces dernières existent dans plusieurs autres pays. Alors que la main-d’œuvre bon marché demeure un atout que présente l’Egypte.

Propos recueillis par Névine Kamel

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