Al-Ahram Hebdo, Economie | Ses œufs ne sont plus dans le même panier
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 Semaine du 26 décembre 2007 au 1 janvier 2008, numéro 694

 

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Economie

Arabie Saoudite . La monarchie détentrice de 25 % des réserves mondiales de brut a opté depuis les années 1990 pour une économie moins dépendante du secteur pétrolier. La démarche s’est avérée payante même si chômage et inflation risquent de freiner l’élan.

Ses œufs ne sont plus
dans le même panier

En terme de Produit Intérieur Brut (PIB), l’Arabie saoudite se situe en tête de ligne par rapport à ses voisins arabes. En 2006, il a enregistré 282 milliards de dollars contre 110 milliards de dollars pour l’Egypte. Indice de la bonne santé de l’économie de la monarchie qui détient plus de 25 % des réserves pétrolières mondiales. Le taux de croissance réelle de 4,2 % en 2006 pourrait atteindre 5,5 % à la fin de cette année d’après les estimations des institutions internationales. Sa balance de paiement n’a cessé d’enregistrer des surplus qui ont atteint leurs plus hauts niveaux l’année dernière (soit 98,9 milliards de dollars contre 68,8 milliards de dollars en 2005).

Il est vrai que les cours du pétrole y sont pour quelque chose comme l’explique Magdi Sobhi, un expert pétrolier auprès du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.

« La hausse des cours du pétrole plus de 4 fois dans les 3 dernières années a gonflé les revenus publics qui ont atteint 348 milliards de dollars en 2006. De quoi combler le déficit budgétaire et générer un excédent dont une large part est orientée vers le remboursement des dettes publiques et les projets d’infrastructures ». D’après les chiffres du ministère saoudien de Planification, le déficit budgétaire n’a cessé de rétrécir durant les 6 dernières années. En 2006, l’excédent a atteint 14,9 milliards de dollars contre un déficit moyen de 32 milliards de dollars en 2000. Mais l’Arabie ne s’est pas confortée dans le confort des rentes pétrolières. Sobhi explique que la baisse des cours pétroliers dans les années 1990 a incité le gouvernement à adopter un plan économique basé sur la diversification de ses revenus dont 75 % provenaient des exportations du pétrole brut. « Il y a eu une accélération de la croissance du secteur non pétrolier avec une émergence notoire du secteur privé », note-t-il. Ceci dit, selon le dernier rapport du Fonds Monétaire International (FMI) publié en octobre dernier, les exportations non pétrolières ont augmenté annuellement de 13 % durant les 6 dernières années pour atteindre 20 milliards de dollars en 2006. Par ailleurs, la part du secteur non pétrolier dans le Produit Intérieur Brut (PIB) a connu une forte progression pour atteindre 40 % actuellement contre 9 % dans les années 1990. « Donc, le Royaume ne sera pas fortement touché par une baisse des prix de l’or noir dans l’avenir », assure Sobhi.

Un constat qui se confirme par la récente décision du Royaume de booster l’industrie locale en créant de vastes villes économiques. Il s’agit notamment de la cité industrielle connue sous le nom de la ville économique du roi Abdallah à laquelle le gouvernement a consacré 11 milliards de dollars. Cette ville sera équipée d’un port situé à proximité des installations industrielles capables d’accueillir les plus gros cargos du monde. Sa capacité annuelle atteindra 10 millions de conteneurs. « Avec la création de cette ville, l’Arabie saoudite sera un pays industriel doté d’une bonne infrastructure », se réjouit le prince Torki Al-Faysal, directeur du centre Faysal pour les recherches et les études islamiques.

De même, le Royaume a réussi à renforcer la confiance des investisseurs étrangers puisque le montant des flux d’Investissements étrangers directs (IED) est passé de 0,2 milliard de dollars en 2000 à 18,3 milliards en 2006, se classant ainsi à la 38e place de l’indice de facilité de faire les affaires de la Banque mondiale, contre la 67e un an auparavant. Cet indice répertorie 175 pays de part le monde. « Cette progression est le résultat des différentes mesures gouvernementales visant à attirer le maximum d’IED », explique Fakhri Al-Fiqi, ancien assistant du vice-directeur du Fonds monétaire international. Il explique que la clé du succès cette fois-ci était de baisser de moitié les impôts sur les sociétés étrangères, qui sont passés de 45 % à 20 %.

Malgré toute cette progression, l’Arabie saoudite souffre d’un taux élevé de chômage et d’inflation (voir encadré). Pour y faire face et mieux exploiter en même temps la croissance, le  FMI a recommandé dans son dernier rapport publié en octobre 2007 de mettre en place un nouveau programme de réformes.

Gilane Magdi

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Les indicateurs économiques
de l’Arabie saoudite
en 2006

PIB (parité nominale)     282 milliards de dollars

Taux de croissance du PIB        4,3 %

Taux d’inflation  2,2 %

Taux de chômage          13 %

Exportations     207,8 milliards de dollars

Exportations pétrolières 188,8 milliards de dollars

Importations      64,16 milliards de dollars

Source : Fonds monétaire international  

Les défis du chômage et de l’inflation 

Le chômage et l’inflation restent les principaux défis de l’Arabie saoudite. Selon les chiffres officiels, le taux de chômage est de 13 %, alors que les estimations non officielles tournent autour de 20 %. Deux tiers de ce chiffre représentent les hommes en dessous de 30 ans. « C’est un grand problème que l’augmentation des ressources ne pourra pas résoudre. Car la majorité des Saoudiens refusent certains emplois comme la conduite des taxis et le nettoyage, consacrés aux citoyens de l’Asie de l’Est », explique Fakhri Al-Fiqi, ancien assistant du vice-président du Fonds monétaire international, en ajoutant que le programme de saoudisation visant à remplacer graduellement les 6 millions d’étrangers par des Saoudiens n’a pas réussi jusqu’à présent à résoudre ce problème. « La baisse de productivité des Saoudiens par rapport aux étrangers et les salaires des Saoudiens plus élevés empêchent le secteur privé de les embaucher », explique-t-il. Et d’ajouter qu’il faudra donc restructurer le système éducatif pour améliorer les compétences.

L’inflation, quant à elle, est un défi nouveau, conséquence de la hausse des cours du pétrole et de la baisse mondiale du dollar. Ainsi, elle est passée à 2,5 % en 2006, contre 1,5 % en 2005 d’après les chiffres du Fonds monétaire international. Or, pour des experts saoudiens, ce chiffre est en deçà de la réalité, car l’inflation est actuellement à hauteur de 6 %. « La dévaluation de la monnaie nationale suite à la faiblesse du dollar a accentué les pressions inflationnistes », explique Al-Fiqi .

G. M.

 




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