Al-Ahram Hebdo,Dossier | Une année marquée d’une pierre blanche
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 26 décembre 2007 au 1 janvier 2008, numéro 694

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Dossier

Université du Caire. L’année 1907, c’est non seulement celle du décollage de l’université, mais aussi de nombreuses institutions nationales. Ce que présente la revue Ayam masriya.

Une année marquée
d’une pierre blanche

« Chaque piastre dont les Egyptiens n’ont pas besoin et qui n’est pas dépensée au service de l’enseignement est considérée comme perdue, et la nation en est privée injustement ». Cette phrase fameuse de Moustapha Kamel, leader nationaliste et un des fondateurs de l’Université du Caire, est bien explicite. Elle est citée dans la préface du dernier numéro de la revue non périodique Ayam masriya (des jours égyptiens). C’est un numéro spécial à l’occasion de la célébration du centenaire de l’Université du Caire. Prenant comme titre « 1907 ... l’Egypte avant l’université », ce numéro est le premier dans une série de 12 qui vont être publiés, tout au long de l’année 2008 pour célébrer cette occasion.

« Nous essayons, à travers ces numéros, de raconter, étape par étape, l’histoire de la création de l’Université du Caire », dit Ahmad Kamali, responsable général de la rédaction.

Comment les choses se passaient-elles en Egypte, du point de vue politique, social, culturel, économique et même artistique avant la création de l’université ? C’est la question au sujet de laquelle on peut se renseigner en feuilletant la revue. A travers un style tout à fait simple, qui échappe à la rigidité des thèmes historiques et qui est rehaussé de photos et de documents rares que les auteurs dessinent avec dynamisme, tout au long des 40 pages, le paysage de l’Egypte dans ce temps-là.

Une société en pleine mutation, tentée de se débarrasser de tout ce qui est étranger, et de donner une empreinte locale à la vie de tous.

C’est par le départ de Lord Cromer, haut commissaire britannique, qui gouvernait l’Egypte d’une main d’airain au début de l’année 1907, que la revue a commencé les thèmes de ce numéro. Ce départ avait été considéré par les Egyptiens comme la première grande réussite dans leur lutte contre l’invasion britannique. Cromer était connu par ses prises de position très sévères contre le projet de la création d’une université nationale en Egypte. Une photo montrant l’adieu officiel fait à Cromer auquel tous les Egyptiens et même le khédive se sont abstenus de participer illustre à quel point il était détesté.

« La crise financière en Egypte et l’appel à fonder la première banque égyptienne » est le deuxième thème de la revue. Une banque égyptienne, ce rêve de Talaat Harb qui a vu le jour en 1920 avec la création de la Banque Misr, remonte à 1907 avec les séries d’articles rédigés par ce même Talaat Harb. Ils ont commencé après la crise financière qu’a traversée l’Egypte en ce temps où le capitalisme étranger avait opéré sévèrement contre les intérêts des Egyptiens. Les auteurs ont sélectionné cette phrase éloquente des articles de Harb : « l’argent est le principe de l’indépendance et du renforcement de la nation. Il est indispensable d’avoir une banque nationale avec un capital et une administration nationaux ».

Trois autres centenaires sont fêtés aujourd’hui et que la revue aborde dans trois thèmes consécutifs. Le premier, c’est celui du cinéma avec la projection du premier film égyptien intitulé Le Magasin de Aziz et de Doris. Le deuxième, c’est le centenaire de la création des partis politiques : le Parti national créé par Moustapha Kamel, le Parti de la réforme et celui de la nation. D’ailleurs, l’éducation occupait une grande place dans le programme de ces partis. Le dernier, c’est le centenaire du club Ahli.

L’enseignement, fait capital

Un dossier central est titré « Chiffres sur l’enseignement en 1907 », le budget du ministère de l’Education est estimé à 374 000 L.E., et le nombre d’étudiants au niveau national était recensé à 192 500.

L’enseignement se divisait, en ce temps, en deux catégories. La première était celle des écoles d’Al-Azhar. La seconde, c’était celle des écoles modernes réparties à leur tour en écoles primaires, secondaires et supérieures. Et cette dernière représentait le sommet du triangle de l’éducation à cette époque. « L’éducation comme tout autre aspect était placé sous le pouvoir de la colonisation qui l’orientait comme elle voulait selon ses intérêts. Gouverner une nation d’illettrés était beaucoup plus facile que gouverner une nation instruite. Alors la plus grande crainte des Anglais était la propagation de l’éducation parmi les Egyptiens, de peur de voir l’émergence d’une classe instruite qui deviendrait consciente de ses droits et entrerait dans une confrontation avec les occupants ».

Une politique éducative restrictive et à l’encontre des intérêts des Egyptiens était alors imposée. Et durant les premières 40 ans d’occupation britannique qui a commencé en 1882, l’analphabétisme avait touché 92 % des hommes et 99 % des femmes. Dans « La planification britannique pour limiter l’éducation en Egypte », les auteurs racontent comment l’éducation des Egyptiens visait seulement à en faire des fonctionnaires. Cromer l’avait dit clair et net : « le but du système éducatif en Egypte est de créer une couche de fonctionnaire qui participe à l’administration du pays ». Un budget tellement limité et une augmentation continuelle des frais scolaires ont été parmi les entraves posées par l’occupation face au redressement de l’éducation en Egypte. C’est aussi Cromer qui avait recommandé, dans le rapport financier et administratif annuel de 1902 et avec audace que « la réforme de l’éducation et de la santé devrait occuper un rang secondaire puisque ces deux secteurs nécessitent des énormes dépenses ».

Les Egyptiens ont-ils été soumis à ces plans ? La réponse est non. Dans le chapitre « les efforts des Egyptiens pour éduquer leurs enfants », les auteurs racontent comment les Egyptiens ont déployé des efforts individuellement et en groupe pour créer des écoles populaires de sorte que le nombre d’étudiants de ces écoles, en 1907, ait dépassé de loin celui des écoles gouvernementales.

Et c’est avec l’histoire de Nabawiya Moussa, cette femme qui a confronté tous les défis pour devenir enfin la première femme en Egypte à obtenir le Baccalauréat, un certificat limité, en ce temps, aux hommes seulement que les auteurs terminent éloquemment leur revue.

Aliaa Al-Korachi

Retour au sommaire

 

Université du caire. Fatma, fille du khédive Ismaïl, modernisateur de l’Egypte, a joué un rôle fondamental dans la création et la consolidation de l’Université du Caire.

Une commanditaire du modernisme

Elle avait 61 ans à l’époque, la princesse voulait consolider l’enseignement tout comme Mohamad Ali pacha, son arrière grand-père. On était en 1914, en pleine guerre mondiale et la toute jeune université égyptienne, civile, souffrait de déficit financier. C’était aussi la dernière année du règne du khédive Abbass Helmi II, détrôné par la Grande-Bretagne en raison de ses réformes politiques et de sa tendance à lutter contre l’occupation britannique.

Fatma était la fille de celui qui était un fan de la splendeur. N’est-ce pas lui qui a construit le grand et magnifique Opéra du Caire où Verdi joua Aïda pour la première fois en 1871, suite à l’inauguration du Canal de Suez ? Elle voulait suivre ses traces mais autrement.

La princesse apprend par son médecin, Mohamad Eloui pacha, qui était aussi membre du Conseil d’administration de l’université, la crise financière par laquelle passe l’institution. Elle la comprenait bien puisque, au moment du règne de son père, la dette extérieure de l’Egypte avait enregistré un record. La princesse Fatma, elle, décide alors d’offrir un de ses terrains pour y construire l’université, et va jusqu’à vendre ses bijoux, pour couvrir les dépenses, car jusqu’à ce moment-là, l’université était construite sur un terrain loué de l’un des membres de la famille Gianaclis, là où s’élève l’Université américaine aujourd’hui. 400 livres égyptiennes par an, telle était la somme payée par l’université pour ce loyer. La princesse voulait s’assurer que le financement du projet se poursuivrait même après son départ. Elle décide de léguer de vastes terrains agricoles, exactement 661 feddans à Daqahliya, en faveur de l’université. Son revenu, marqué dans le budget de l’année suivante, était de 4 000 L.E. La première pierre du bâtiment a été posée en mars 1914, la princesse Fatma ne fut pas invitée aux festivités, l’université étant un territoire masculin. La construction s’acheva 6 ans plus tard, quelques mois après le décès de la princesse. Ce n’est qu’en 1928 que la première étudiante put entrer à l’Université égyptienne, alors appelée Université Fouad 1er.

Samar Al-Gamal

 

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.