Al-Ahram Hebdo,Monde | Les Européens divisés
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 26 décembre 2007 au 1 janvier 2008, numéro 694

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde

Kosovo. Les pays européens tentent de mettre la province serbe sous leur administration, au grand dam de la Russie.

Les Européens divisés

Le sort du Kosovo demeure toujours suspendu, même si les Kosovars, soutenus par les Etats-Unis et la plupart des pays européens, semblent décidés à arracher l’indépendance de la province. Malgré l’opposition de la Russie et de quelques pays comme Chypre, la Grèce, la Slovaquie et la Roumanie, qui soutiennent une simple autonomie de la province par crainte d’alimenter des séparatismes chez eux, les pays européens ont confirmé implicitement, cette semaine, au lendemain d’un nouveau désaccord entre Russes et Occidentaux, mercredi dernier, au Conseil de sécurité de l’Onu, qu’ils entendaient piloter, malgré tout, ce territoire serbe vers l’indépendance, même si ce mot précis reste « tabou ». Soucieuse de soutenir cette province en quête d’émancipation, l’Union européenne a affirmé qu’elle envisage la création d’un Bureau civil international doté de pouvoirs exécutifs, chargé de remplacer l’Onu, qui administre la province serbe depuis 1999, et de renforcer les rouages du gouvernement kosovar pour qu’il soit autosuffisant à terme. La Russie a évoqué comme une « variante » possible le « remplacement » de la mission d’administration de l’Onu de la province serbe par l’Union européenne, tout en posant comme conditions les feux verts de l’Onu et de Belgrade. « Pour le faire, il y a deux choses à respecter : primo, il faut adopter une résolution appropriée au Conseil de sécurité. Secundo, il faut l’accord de Belgrade car la caractéristique indispensable de toute opération de paix, c’est l’accord du pays sur le territoire duquel cette opération se produit », a affirmé le chef de la diplomatie russe, M. Lavrov, rappelant que son pays opposerait son veto à toute tentative du Conseil de sécurité de soutenir une indépendance du Kosovo. « L’Union européenne et le Kosovo doivent s’entendre sur ce qui va se passer à partir de maintenant. Nous devons être raisonnables, mais certains processus ne peuvent pas être arrêtés », a déclaré le ministre slovène des Affaires étrangères, Dimitrij Rupel, dont le pays prendra la présidence tournante de l’UE le 1er janvier. M. Rupel faisait clairement allusion au processus qui doit mener le Kosovo vers une indépendance qu’a toujours refusée Belgrade, même s’il a prudemment évité — comme tous les dirigeants européens ces derniers temps — d’employer le mot « indépendance ». A cet égard, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, était plus catégorique, affirmant que désormais « le Kosovo et la Serbie ne seront plus jamais un seul Etat ». Et d’ajouter que les Etats-Unis poursuivront un dialogue international intense pour aboutir à une solution du problème du Kosovo. « Nous parlerons avec les Kosovars et les Serbes, nous parlerons avec toutes les parties intéressées, y compris avec les Russes, pour stabiliser la situation et fermer les pages tragiques de l’histoire des Etats balkaniques », a souligné la chef de la diplomatie américaine.

Selon un diplomate européen, les Kosovars acceptent d’attendre l’élection présidentielle serbe du 20 janvier, pour ne pas augmenter les chances d’un candidat nationaliste face au président sortant pro-européen Boris Tadic. Mais il serait « politiquement plus sage » qu’ils attendent « mi-mars » au moins, a indiqué ce diplomate. Furieuse et inapte à reprendre le contrôle du Kosovo, la Serbie a juré, cette semaine, avoir un « plan d’action » pour étouffer le nouvel Etat. Ce qui pourrait inclure, selon les commentateurs, une fermeture des frontières et un embargo économique.

Mercredi dernier, les Etats membres du Conseil de sécurité de l’Onu ne sont pas parvenus à surmonter leurs divergences quant au statut final du Kosovo. Ce débat sur l’avenir du Kosovo était le premier depuis la publication, au début du mois, du rapport de la Troïka des médiateurs internationaux (Etats-Unis, UE et Russie) constatant l’échec du dernier cycle de négociations. En l’absence de compromis et avec la bénédiction des Etats-Unis et de l’Union européenne, les dirigeants kosovars s’apprêtent à proclamer unilatéralement l’indépendance de la province, malgré l’hostilité de Belgrade et de son puissant allié russe. Le constat de désaccord était déjà attendu, entre les Occidentaux, favorables à l’indépendance, et les Russes favorables à une simple autonomie de la province.

Loin de toutes les spéculations, une chose est, d’ores et déjà, sûre et certaine. L’indépendance du Kosovo va éveiller les tendances au séparatisme chez les minorités qui ont aujourd’hui les yeux suspendus à la situation de cette province pour voir comment la communauté internationale résoudra la fameuse « question albanaise ». Selon les experts, la question des minorités ne date pas d’hier et sa réapparition sur la scène internationale ne survient pas par hasard. Le jour où le Kosovo briguera son indépendance, la première à réclamer son indépendance sera la RTCN (la République Turque de Chypre du Nord), d’où l’insistance de Chypre à réaffirmer qu’elle ne reconnaîtra jamais une déclaration unilatérale d’indépendance qui pourrait bien « ouvrir les portes des enfers  ».

Maha Al-Cherbini

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.