Al-Ahram Hebdo, Arts | Un 100 % « différent » de Rachwan
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 Semaine du 26 décembre 2007 au 1 janvier 2008, numéro 694

 

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Arts

Tournage. Guerre en Iraq et lutte psychologique, c’est l’axe choisi par le réalisateur Ahmad Rachwan pour son premier long métrage, Vivant à 100 %. Scène 77, lieu : Appartement de Tareq (interprété par Bassem Al-Samra). 

Un 100 % « différent » de Rachwan 

Peu de personnes sont présentes sur le plateau, une vingtaine dont le réalisateur, Ahmad Rachwan. L’appartement de ce dernier sert — durant le tournage — comme domicile et bureau du personnage principal. « Ce film est mon enfant », explique-t-il avec un grand sourire. « J’ai commencé à rédiger le scénario lors de l’invasion américaine en Iraq, il y a donc plus de quatre ans. J’ai fait 2 brouillons et j’ai même présenté le scénario pour participer à la compétition d’écriture cinématographique organisée par le Festival d’Alexandrie où il fut lauréat du second prix. J’ai pris mon temps en écrivant ce scénario et j’ai attendu longtemps avant de le produire parce que je veux en faire un film différent », ajoute Rachwan.

Un petit appartement, presque un studio, peu de meubles, mais partout on sent des touches artistiques et créatives. Un bar, un bureau, deux fauteuils, un canapé et une télévision recouverte d’un grand tissu de couleurs vives. Les photos sur tous les murs sont les réels protagonistes de la scène. On y voit des lieux, des visages, des objets et des mots. Ayant fait des études de droit et de cinéma, Rachwan, appartenant à la jeune génération de cinéastes, a travaillé comme journaliste, réalisateur d’émissions télévisées et documentariste pour la chaîne Al-Jazeera. Ainsi, après avoir fait le tour des personnalités politiques, des événements historiques et des thèmes polémiques, il décide de se concentrer sur son premier scénario qu’il voulait réaliser et a fini par le produire lui-même. « Personne n’a pris le scénario du film au sérieux. C’est un film de jeunes acteurs dont le plus connu est Bassem Al-Samra. Nous sommes loin du courant commercial, donc peu attirant pour les grands producteurs de cinéma et c’est ce qui m’a encouragé à l’auto-produire même avec un budget restreint », précise-t-il.

Dans sa chambre, Bassem Al-Samra est assis attendant calmement le réglage de la lumière pour commencer à tourner. « Je suis heureux et fier de pouvoir participer à ce film, mon troisième long métrage digital. Le scénario me plaît, les événements, il y a la confusion que l’on ressentait lors de la guerre d’Iraq. Ce rapport humain qui lie le personnage au monde qui l’entoure et qui le dégage de l’égoïsme qu’on ressent partout aujourd’hui », déclare Bassem Al-Samra. Il décrit son personnage avec beaucoup d’enthousiasme. « Tareq est un jeune photographe qui préfère poursuivre ses rêves que d’étudier le droit, après son long séjour en France, il décide de rentrer en Egypte pour faire ce qu’il aime, la photographie. La dimension humaine est prégnante, c’est son amour pour les détails, pour la vie, qui le rend vivant au milieu de la guerre et du contexte ».

Depuis son premier film tourné avec le réalisateur Yousri Nasrallah, le visage de Bassem Al-Samra devient récurrent sur les affiches des films indépendants, courts ou longs métrages. « Je refuse d’être considéré comme représentant d’un certain genre. Je joue les rôles que j’aime, que je sens et dans lesquels je peux briller, peu importe le budget ou le genre. Je pense sans orgueil que je suis un acteur doué et c’est avant tout la raison pour laquelle on me choisit pour participer à ces films », explique le comédien. « Honnêtement, je pense que ce qui encourage le plus les réalisateurs, notamment les plus jeunes d’entre eux, à me choisir, c’est le fait que je ne cherche pas le gain, comme le font d’autres acteurs », ajoute-t-il.

L’éclairage est prêt, on vient chercher Bassem. Dans quelques minutes, le tournage va commencer, Ahmad Rachwan a juste le temps de préciser : « Il ne faut pas penser que le film retrace l’histoire de la troisième guerre du Golfe. La guerre n’est que l’arrière-plan des événements. Je la mets en parallèle avec la vie du personnage principal et de son entourage ».

« Silence…. on tourne ! »

Bassem ou Tareq rentre dans son appartement, une valise à la main parcourant du regard les murs de son studio comme s’il les voyait pour la première fois. La lampe de son répondeur est allumée, il laisse sa valise, s’installe sur son fauteuil et écoute ses messages, un par un.

Dina Abdel-Aal

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