Cinéma .
Alors que 2007 tire à sa fin, les recettes tablent autour de
soixante millions. La saison s’achève avec un menu copieux
des films de la fête.
Une bonne saison
Sept
nouveaux films égyptiens sont à l’affiche en ce grand
Baïram, dont la majorité avait été essentiellement produite
pour la saison d’été. Des films signés par les jeunes en
l’absence des poids lourds cinématographiques.
Un bon nombre de productions sont donc cette semaine à
l’affiche, donnant lieu à une saison de fête assez spéciale.
Citons entre autres la dernière réalisation de Khaled
Youssef Hina mayssara (au moment opportun), un autre
mélodrame du réalisateur épris par l’idée de dévoiler les
maux des marginaux et souligner leur conflit parfois avec le
pouvoir. Une œuvre tentant de nous faire croire que la
coquette Somaya Al-Khachab n’est qu’une pauvre petite femme
de ménage, convoitant son rôle dans Khéyana machroua
(infidélité légitime).
L’attente était également très forte autour d’Al-Guézira
(l’île), la nouvelle fiction jouée par Ahmad Al-Saqqa.
L’attrait de ce long métrage, joué également par Hind Sabri,
Zeina et Khaled Al-Sawi, repose sur le fait d’être le film
d’action, durant le tournage duquel Al-Saqqa a failli perdre
l’œil. « L’œuvre est un nouveau traitement de l’histoire
réelle de Mandour Aboul-Dahab qui a commis beaucoup de
crimes au nom de la justice », a affirmé son auteur Mohamad
Diab.
Un
autre film vient de tirer son épingle de jeu dans 45 salles,
Jouba, avec Moustapha Chaabane. Celui-ci dont les deux
derniers films Fattah einak (ouvre les yeux) et Code 36
n’ont pas rencontré le succès prévu, insiste à garder son
look de « Superman » invincible sur l’écran, cette fois-ci à
travers l’histoire d’un paparazzi qui se trouve obligé de
couvrir un événement national, de quoi l’aider à changer de
philosophie et d’intérêts.
Tirant sur la même corde, le nouveau film Amaliyat khassa
(opérations spéciales) regroupe plusieurs jeunes comédiens
dont Khaled Sélim, Tamer Hagras, Amir Karara et Nicole Saba.
Une fiction signée Osmane Abou-Laban, dont la trame
dramatique ressemble beaucoup à certaines Strepses dédiées
aux jeunes.
D’après les chiffres, l’an dernier, le plus gros succès
estival pour les films des jeunes comédiens était Wahed men
al-nas (un parmi d’autres) de Karim Abdel-Aziz. Cette année,
nous verrons si la foudre peut frapper une deuxième fois
avec Khareg ala al-qanoun (hors-la-loi) d’Ahmad Galal, un
autre film d’action Made in Egypt. L’affriolante Maya Nasri
est cette fois-ci de la partie, aux côtés d’Ahmad Saïd
Abdel-Ghani, Mahmoud Al-Guindi et Hassan Hosni. Chanteuse à
l’origine, Maya renoue apparemment avec ses débuts de
comédienne après un modeste succès l’an dernier dans Code 36
avec Moustapha Chaabane.
Par la suite, une septième fiction au potentiel assez
prometteur a réservé sa place à l’affiche des salles, Khalig
Neama (la baie de Neama), joué par Ghada Adel, Ahmad Fahmi,
Randa Al-Béheiri et Mahmoud Al-Esseili. Un quatrième film
d’action qui vient de sortir cette semaine signé Magdi
Al-Hawari. Le distributeur a voulu relever un défi en le
projetant un peu hors saison, alors que c’est un film
nettement estival, tant par le cadre temporel des événements
que par les vêtements et les accessoires des comédiens.
Dans un tout autre registre, il y a Chikamara, où May
Ezzeddine tient le beau rôle quasiment pour la première
fois. Celle-ci rentre dans la peau d’une chauffeuse de
microbus qui essaie de se frayer une voie parmi ses
camarades masculins, avec Edward et Mohamad Choumane.
Bilan plus que satisfaisant
Le bilan de la saison écoulée c’est aussi sept nouvelles
salles de cinéma, des bobines sur l’étagère, quelques succès
commerciaux, une participation au Festival de Venise, et
plusieurs initiatives privées à grand succès, outre la
naissance d’une génération numérique très prometteuse. Cette
année, des films comme Taïmour et Chafiqa, Al-Chabah (le
spectre) et Andalib Al-Doqqi (le rossignol du quartier Doqqi)
ont bien résisté au box-office dépassant même les espérances
des studios. On a même eu droit à des coups de théâtre comme
les deux films interprétés par les jeunes, Elaqat khassa
(relations privées) et Al-Magic qui, sans véritable tapage
publicitaire, ni acteurs archi-connus, sont parvenus à
récolter plus de 15 millions de L.E. juste durant quelques
semaines de projection. « Un succès qui encouragera beaucoup
d’autres jeunes cinéastes à présenter des films à petit
budget pendant la prochaine saison », souligne le producteur
Hani Guirguis Fawzi. Parmi les films qui ont franchi le cap
de 20 millions en recettes cette année, il faut mentionner
Keda Réda (c’est satisfaisant) avec le jeune comédien Ahmad
Helmi et Morgane Ahmad Morgane avec le vétéran Adel Imam. Un
des plus gros perdants s’est avéré être le film Karkar de
Mohamad Saad qui a récolté des recettes de 9 millions de
L.E., loin des anciens grands succès du comédien, dont les
deux opus Elli bali balak et Bouha qui ont atteint des
bénéfices de 27 millions de L.E. Il faut mentionner
également la grande activité industrielle lors de cette
saison qui reste la première du genre depuis des années,
laissant beaucoup de films déjà produits sur la liste
d’attente des salles de cinéma. Celles-ci ont témoigné, de
leur part, d’une certaine activité, avec la fondation de
sept nouvelles salles au Caire, à Zagazig et à Marsa Matrouh,
prouvant que le cinéma reste encore l’un des secteurs
attirants pour les investissements en Egypte .
Yasser Moheb