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 Semaine du 19 au 25 décembre 2007, numéro 693

 

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Patrimoine. Le pays de la Mésopotamie qui souffre de la gangrène de la guerre est la proie des pillards qui s’emparent de ses plus belles pièces.

Une action est menée pour les retrouver.

La chasse aux trésors disparus s’accélère en Iraq D’objets précieux en pièces rares, l’Iraq tente de recouvrer les trésors de son passé mésopotamien que des pillards avaient dérobés dans les musées du pays après la chute de Saddam Hussein. Incités par des offres de récompense, les Iraqiens rendent des vases, des statues, des armes et des monnaies anciennes, datant parfois de la naissance même de la civilisation, dans ce que beaucoup considèrent comme son berceau. « On nous a rapporté 594 pièces rien que cette semaine », a expliqué Abdoul Zahra Al-Talaqani, responsable de la communication du ministère de la Culture, du Tourisme et des Antiquités. « Et chaque jour, nous en recevons davantage », ajoute cet homme d’une cinquantaine d’années, dans son bureau de la « zone verte », le secteur protégé au cœur de Bagdad, qui abrite les institutions iraqiennes. Mais le travail de récupération s’annonce gigantesque : selon les chiffres officiels, au moins 32 000 pièces ont été volées au Musée national de Bagdad et sur les 12 000 sites archéologiques répertoriés dans le pays. Et le butin de la vague de maraude qui a balayé le pays au lendemain de l’invasion américaine de mars 2003 pourrait être plus vaste encore. Les responsables iraqiens assurent même que le pillage se poursuit sur les sites qui ne sont pas protégés comme ils devraient l’être. M. Talaqani ne mâche pas ses mots et s’en prend directement aux Américains, et à ce qu’il considère comme leur indifférence à l’égard des trésors historiques du pays qu’ils ont conquis. « L’Iraq est baigné par deux océans : un océan de pétrole et un autre d’antiquités », explique-t-il. « La Force multinationale a tout fait pour protéger le premier, mais n’a pas levé le petit doigt pour mettre l’autre à l’abri. Nous ne les accusons pas d’avoir volé quoi que ce soit, mais ils n’ont rien fait pour l’empêcher ». Parmi les objets les plus précieux qui manquent à l’appel, la tête d’une femme datant de l’époque sumérienne, qui commence plus de 3 000 ans avant l’ère chrétienne, exhumée dans la région d’Uruk, devenue aujourd’hui Warka (275 km au sud de Bagdad). Il y a aussi un grand nombre de plats, de coupes, de statues et de couteaux des époques babyloniennes et assyriennes qui vont du XIXe au VIIe siècles avant Jésus-Christ. Mais depuis 2005, lorsque le ministère a été constitué, une chasse mondiale a été ouverte pour retrouver ces vestiges envolés d’un passé glorieux. Ce processus s’est accéléré après la nomination en septembre d’un nouveau ministre, Mohamad Abbass Al-Oreibi. Celui-ci a fait de la restitution des œuvres antiques sa priorité et a mis en place un système de récompense qui octroie de 10 000 à 5 millions de dinars (8 à 3 000 dollars) à ceux qui ramènent des objets anciens. « Les gens sont alléchés par les récompenses et nous payons en fonction de la valeur de la pièce rapportée », explique M. Talaqani. Il y a quelques semaines, un homme a rapporté une pièce d’or de la période omeyyade, une des premières pièces jamais frappées dans le monde islamique, et a touché la récompense la plus forte. En outre, des équipes spécialisées de la police ont été formées pour surveiller les frontières et intercepter les trafiquants qui tentent de vendre les trésors de l’Iraq dans les pays voisins. « Après le naufrage du pays, des bandes spécialisées ont été formées pour voler les pièces d’antiquité. Elles ne connaissent pas la valeur de ces objets et les cèdent pour quelques dollars au-delà des frontières », ajoute-t-il. Un gang de pillards qui tentait de passer en Arabie saoudite a ainsi été arrêtée le 14 novembre, et Bagdad est en contact avec ses voisins pour lutter contre ce fléau. « Nous avons identifié quelque 4 000 objets chez nos voisins et nous tentons de les rapatrier », assure le responsable. Mais ce sera un travail de longUe haleine. Pour le Musée de Bagdad, seules 3 938 pièces précieuses ont été retrouvées sur les 15 000 qui ont disparu après la chute de la capitale iraqienne .

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