Football.
La course du mercato d’hiver a déjà commencé avec de grosses
affaires déjà conclues, notamment Mohamad Abdallah à Zamalek
et Hani Al-Egeizi chez Ahli. Les clubs aux gros moyens ont
investi le marché, faisant littéralement exploser les prix.
L’hiver sera chaud
Les
clubs n’ont pas attendu janvier pour conclure des
négociations, la course a commencé plus tôt cette saison.
Les grandes formations se sont vite lancées à l’assaut des
joueurs pour se renforcer après que les derniers mois eurent
montré des lacunes flagrantes de part et d’autre. Ahli, le
tenant du titre, a décidé d’ouvrir ses caisses pour
reconstruire son effectif après que la défaite en finale de
la Ligue d’Afrique des champions eut sonné l’alarme. Les
Rouges, qui ont très peu investi sur le marché à
l’intersaison, se sont rendus compte des maux de l’effectif
qui crie à la fatigue et l’épuisement. « Il est normal qu’on
fasse un nouveau recrutement, car il faut injecter un
nouveau sang dans les veines de l’équipe, qui a vieilli lors
des trois dernières années », explique Adli Al-Qii,
directeur du département de marketing et d’investissement d’Ahli.
L’attaquant de Baladiyet Al-Mahalla Hani Al-Egeizi, auteur
d’une performance impressionnante dans cette première moitié
de saison, est la première recrue du mercato d’hiver après
avoir signé un contrat de quatre saisons en échange d’une
somme de 2,75 millions de livres égyptiennes. L’arrivée du
meneur de Tersana, Mahmoud Samir, a déjà été annoncée et il
devra porter le maillot rouge dans les quelques heures à
venir sans compter Ahmad Fathi, recruté en septembre en
provenance de Sheffield United (Ang), qui devra joindre le
groupe dans quelques jours. D’autres éléments sont encore
sous observation et négociations, car Ahli a défini un plan
à long terme pour renouveler l’équipe d’ici à l’été
prochain, et la liste comprend plus d’une dizaine de
joueurs. Déjà le staff technique a commencé à s’alléger de
certains poids après le départ de Mohamad Chawqi à
Middlesbrough (Ang), Waël Gomaa (Al-Siliya, Qatar) et Hassan
Moustapha (Al-Wehda, Arabie saoudite). De même qu’il a
ouvert aux joueurs la porte de sortie, que ce soit en Europe
ou dans le monde arabe, en cas de présence d’offres
convenables.
L’autre pôle du football égyptien, Zamalek compte aussi se
lancer sur le marché après que l’exercice de la saison eut
été passable. Les Blancs ne sont qu’à la quatrième place du
classement avec 24 points seulement, ce qui ne colle pas aux
grosses sommes dépensées en été ni avec les ambitions
affichées. Une grosse affaire est déjà annoncée avec
l’accord trouvé entre la direction du club et l’ancien
latéral d’Ismaïli et d’Ahli et actuel joueur de Konyaspor (Tur),
Mohamad Abdallah. « Nous avons trouvé un accord avec
Abdallah et il devra bientôt signer le contrat pour joindre
immédiatement le groupe. Il ne reste que les formalités pour
mettre un terme à son contrat avec son club turc », confirme
Taha Basri, membre de la commission de football au sein du
club. En effet, le poste de latéral droit a été le grand
casse-tête du staff technique depuis le début de la saison.
Mais la liste d’achats de Zamalek ne s’arrête pas là.
L’entraîneur néerlandais Ruud Krol a appelé au renfort aux
postes de latéral droit, milieu central et pointe d’attaque.
Des dizaines de candidats sont sur la table des dirigeants
des Blancs, qui n’ont maintenant que l’embarras du choix.
Cette course au recrutement, qui comprend actuellement
plusieurs autres concurrents à gros portefeuilles tels que
les clubs d’Enppi, Masriya Lil Itisalat ou encore Petrojet,
a fait grimper les prix. « En été, on a essayé de ne pas
nous affoler et de rester raisonnable. Le résultat, c’est
que nous n’avons pas pu accomplir les affaires importantes
qu’on s’était fixées », explique Al-Qii. Des joueurs,
ordinaires mais peut-être un peu distingués tels qu’Al-Egeizi
et Samir, sont évalués à trois millions. D’ailleurs,
certains grands clubs tel qu’Ismaïli notamment crient au
secours. « Les prix ne sont pas du tout proportionnels à la
qualité des joueurs ni au gain du football. Pour un club qui
joue la concurrence du titre tels qu’Ismaïli nous avons
besoin d’au moins 15 millions de L.E. chaque année pour
recruter de bons éléments capables de nous réaliser cet
objectif alors que le foot ne nous ramène rien en
contrepartie », avait déclaré le président des Derviches
Yéhia Al-Koumi. Mais le revers de la médaille, c’est qu’avec
l’émergence de puissantes firmes économiques, les contrats
même des joueurs ont atteint de nouveaux cieux. A titre
d’exemple la première classe chez les deux ténors du
football égyptien variaient entre 600 000 et 800 000 L.E.
lors des dernières années. Ils ont dû hausser les plafonds
jusqu’à dépasser la barre du million, vu que les nouvelles
compagnies qui ont envahi le domaine du football proposent
des contrats à des sommes à laisser pantois.
C’est la course vers la ruine, car dans ce système de
professionnalisme ambigu, le gagnant est le plus grand
perdant, sur le plan économique, et risque la faillite comme
d’ailleurs à Zamalek et Ismaïli qui dépendent entièrement
maintenant des hommes d’affaires qui ont envahi la
présidence du club pour remplir les caisses et les aider à
survivre.
Karim
Farouk