Nativité.
Les sœurs catholiques, qui se donnent aux autres pendant
toute l’année, vivent cette fête de manière différente. A
travers leurs préparatifs, elles servent les autres en
semant la joie et le bonheur autour d’elles. Reportage dans
un couvent.
L'amour comme vocation
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heures et quart, c’est le moment de la deuxième prière. La
cloche sonne et les sœurs se pressent pour se réunir à la
chapelle. « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit pour
des siècles et des siècles … Amen ». Ainsi entament-elles
les quelques versets de l’Evangile d’une voix sereine et
douce. Ce sont les sœurs catholiques de la congrégation
dominicaine de Notre Dame de la Délivrande, résidant dans le
couvent d’Héliopolis annexé à une école qui porte le même
nom. La prière terminée, les bonnes sœurs se dirigent vers
une salle pour continuer les préparatifs de Noël, une chose
qui les occupe actuellement. La sœur aînée, responsable du
couvent, et quatre autres considèrent ces moments comme les
plus beaux de l’année. Car si elles se donnent corps et âme
pour servir les autres, Noël revêt un goût particulier,
surtout les jours qui précédent cette fête. Se préparer pour
la fête du partage et dessiner des sourires sur les lèvres
est une joie indescriptible pour elles.
Du point de vue spirituel et matériel, les préparatifs de l’avant-Noël
commencent un mois à l’avance. Du coup, le couvent se
transforme en une ruche et offre ses services pour l’amour
de Dieu. D’abord, elles se préparent moralement en faisant
des prières qu’elles récitent à longueur de journée dans la
chapelle du couvent. En plus des prières ordinaires qui
remplissent leur quotidien, c’est surtout des invocations
liturgiques qu’elles répètent les jours qui précédent la
Noël. Des prières qui préparent la venue du Seigneur à qui
elles dédient toute leur fatigue de l’année en attendant
qu’Il les bénisse. « Nous attendons ta venue Seigneur »,
répètent-elles à chaque prière.
Les élèves participent
La
chapelle n’est pas le seul endroit où elles invoquent le
Seigneur, car la voix des sœurs se mêle aussi à la chorale
de l’école. Des voix angéliques s’élèvent de la salle de
musique pour chanter la gloire du Seigneur en le priant de
ne pas tarder. Les élèves s’entraînent sous l’égide de sœur
Nelly, pour se préparer à la fête qui va avoir lieu bientôt.
Si cette dernière est responsable de la chorale, les autres
ont chacune une tâche à accomplir aussi bien dans le couvent
que dehors.
Ce sont des sœurs apostoliques, pas cloîtrées, qui
présentent des services à la société et se vouent à la
prière seulement. Ces anges vêtus de blanc pensent que cette
période de fête est l’événement qu’elles attendent
impatiemment toute l’année pour aider les autres plus que
n’importe quel jour de l’année. « En plus des prières et des
rites religieux, notre mission est de servir. Aider ceux qui
en ont besoin et partager ce que l’on possède avec celui qui
n’en a pas. C’est ce concept du partage qui habite nos âmes,
puisqu’on a choisi de vivre pour servir les autres », dit
sœur Marguerite, qui contribue aux préparatifs.
Décembre est là et c’est l’œuvre qui commence aussi. Chaque
jour, à la fin des classes, sœur Marguerite s’empresse de
faire ses courses habituelles pour acheter les aliments
indispensables aux nécessiteux. Riz, lait, macaroni, sucre,
huile, couvertures et vêtements sont posés sur une table et
les sœurs vont passer les après-midi à les ranger dans des
cartons qui seront expédiés le lendemain à une personne qui
n’ignore pas que cette fête réserve des surprises et que le
Seigneur ne va pas l’oublier. « Les asiles, les orphelinats
et les foyers des pauvres sont notre objectif. On contribue
à leurs besoins et on participe à la décoration des lieux
pour faire sentir à tout le monde l’ambiance de la fête »,
dit sœur Marguerite qui affirme que cette joie qui se
dessine dans les yeux leur donne du tonus, et les stimule
pour servir encore plus. Et d’ajouter : « J’essaye de faire
participer les filles de l’école à ce travail de charité
pour qu’elles apprennent dès leur jeune âge à donner et
partager avec les nécessiteux. Les filles aident à la
distribution des denrées et à la décoration des foyers. Un
de nos principes est de transmettre cette formation
catholique à nos filles ». Tout le long de la journée et
même tard le soir, on ne cesse de frapper à la porte de
l’école. Les servantes de Dieu accueillent même les pauvres
chez elles. Ce sont des familles qui viennent demander de
l’aide et bien sûr les sœurs ne refusent pas. Personne ne
sort les mains vides. Les jours passent et Noël approche,
les sœurs paraissent sereines, car elles ont apporté la joie
et veulent la lire dans les yeux de ceux qui les entourent.
Elles n’oublient pas le Papa Noël fabriqué de chocolat
qu’elles offrent aux enfants, car pour les petits, c’est
bien plus important que le riz et le sucre. Les plantons de
l’école aussi y ont droit avec une tasse de chocolat bien
chaud. De plus, une fête est organisée pour les élèves de
l’école pendant laquelle le père Noël distribue lui-même de
petits cadeaux. Bref, une ambiance de fête que personne ne
voudrait rater.
Les
sœurs s’accordent aussi un moment de joie et ne se privent
pas pour profiter de ce moment d’allégresse. Comme toute
famille, elles font les courses, le ménage et s’occupent de
la décoration du couvent avant la fête. Toute la salle à
manger est garnie de vert et rouge. Ce sont les sœurs
Anne-Marie et Yolande qui ont garni le sapin de Noël. « Cela
nous a pris plusieurs jours à monter et descendre l’échelle,
mais vive le temps ! », lancent les deux sœurs en même
temps. En fait, ces sœurs du couvent ont choisi de servir
Dieu en priant et en aidant autrui. Elles le font par
conviction et amour, mais aussi avec joie et bonheur. C’est
un aspect important qui distingue le travail des sœurs
catholiques. « Faire sentir la joie de Noël, c’est le
message que l’on tente de transmettre autour de nous ces
jours », dit sœur Marguerite. Le temps passe, il n’y a que
quelques jours qui nous séparent de Noël. Les prières se
répètent encore et toujours, mais l’enthousiasme se lit sur
les visages de ces servantes de Dieu.
Enfin, c’est la veille de la fête, les sœurs satisfaites
d’avoir distribué aux pauvres les provisions qui leur sont
nécessaires ce jour de Noël peuvent s’offrir un bon repas
qu’elles partagent avec des visiteurs qui viennent passer la
soirée avec elles. Encore une fois, c’est le partage. « On
partage avec nos amis le pain et le sel ». Les cloches
sonnent annonçant la récompense à ceux qui ont travaillé dur
et n’ont pas hésité à servir le Seigneur. « Bénissez
Seigneur ce repas et ceux qui l’ont préparé et procurez du
pain à ceux qui n’en ont pas …
Amen » .
Hanaa
Al-Mekkawi