Les fatwas du XXIe siècle
Mohamed Salmawy
L’initiative de Sarkozy
Salama A. Salama
Pas de paix sans Jérusalem
Morsi Attalla
Les défis de l’union
palestinienne
Abdallah Al-Achaal
Edito
Stratégie risquée
La
nouvelle stratégie américaine en Iraq de cooptation d’anciens rebelles
mobilisés par des chefs traditionnels pour combattre les insurgés réserve un
rôle central aux tribus, mais leur influence pourrait à terme devenir contre-productive
en affaiblissant l’Etat iraqien.
Dès le
renversement du régime de Saddam Hussein, en avril 2003, l’armée américaine a
tenté de coopérer avec les tribus, en s’inspirant de l’exemple ottoman et
britannique. Mais, ignorant la complexité du monde tribal, les officiers
américains ont commis erreurs et
maladresses. Ils ont ainsi surestimé le pouvoir des cheikhs dans le bastion
rebelle de Falloujah en 2004, lorsqu’au plus fort de la bataille contre les
insurgés sunnites, le commandement américain exigeait d’eux qu’ils mettent fin
aux violences. De même, le commandement américain a collaboré dans d’autres
régions du pays avec des cheikhs nommés par l’ancien régime, sans crédibilité
aux yeux de leur tribu.
Par contre, certains chefs locaux
se sont révélés être d’excellentes sources d’informations, de conseils et
d’importants vecteurs d’influence, aidant par exemple à la poursuite des
ex-officiels du régime.
Début 2007, la mobilisation de
milliers de combattants tribaux, pour la plupart d’anciens insurgés, dans la
province sunnite d’Al-Anbar (ouest) pour combattre Al-Qaëda a donné un nouveau
souffle à cette stratégie. L’opération a donné des résultats inespérés, avec la
défaite des combattants islamistes et une baisse considérable des violences
dans la province. Cette stratégie est désormais mise en œuvre à Bagdad, et dans
plusieurs autres provinces mixtes. Elle est expérimentée dans le Sud chiite
avec cette fois en ligne de mire l’Armée de Mahdi, la puissante milice du chef
radical chiite Moqtada Sadr.
Cependant, le recours aux tribus,
rétives à l’autorité centrale, jalouses de leur indépendance et dont la loyauté
va souvent au plus offrant, comporte des risques. La politique tribale de
Washington suit le principe de « diviser pour mieux régner » et encourage
sciemment la fragmentation du pays en multipliant les pouvoirs locaux, au
détriment d’un Etat central fort. Le renforcement des milices se fait donc aux
dépens des institutions de l’Etat et de la société civile. Au risque de menacer
à terme la stabilité du pays .