Les défis de l’union palestinienne
Abdallah Al-Achaal
Il
est certain que l’union nationale palestinienne est l’unique
moyen de réaliser la solidarité des Palestiniens face au
projet qui vise à les déraciner, sans aucune différence
entre un Palestinien et un autre. Il ne fait pas de doute
que la division qui a eu lieu dans le rang palestinien
pendant l’année 2007 peut faire perdre à jamais la cause
palestinienne. Et ce serait la plus grande réalisation
acquise par Israël de toute son histoire. Il est connu
qu’Israël a pour objectif de transférer le conflit
palestino-israélien au cœur même
des rangs palestiniens et d’affaiblir la consolidation qui
existe entre les Arabes et les Palestiniens. Pour ensuite
éliminer cette cause au niveau international et donner libre
champ au projet sioniste. Et les événements des années
passées prouvent qu’Israël a réussi dans son projet, ce qui
constitue une défaite évidente pour le côté palestinien et
arabe. Aujourd’hui, les Arabes insistent à donner la
priorité au dialogue national palestinien. Or, cet objectif
affronte de nombreux obstacles et des défis difficiles.
Le plus important de ces défis est qu’Israël, qui a tout
fait pour causer la division palestinienne, s’oppose avec
force au dialogue entre les Palestiniens.
Olmert a ouvertement déclaré que
le peuple palestinien devait choisir entre le Hamas et
l’enfer ou Abou-Mazen et le
paradis illusoire. C’est-à-dire entre la levée du blocus et
l’allégement des restrictions, mais avec la poursuite de la
colonisation et de la construction du mur de sécurité. En
plus de l’élargissement dans l’occupation de Jérusalem et
dans la négation de tout droit aux Palestiniens, surtout
leur droit de rester en Palestine ou de rester en vie. Si
Abou-Mazen, en sachant tout
ceci, a choisi le côté israélien, il pose ainsi le plus
grand obstacle face au dialogue. Chose qui sert le projet
israélien. Cependant, Abou-Mazen
a dû découvrir à Annapolis que l’enfer du Hamas valait mieux
que le paradis d’Israël. En effet, quand un dirigeant
insiste sur une telle position, il perd son peuple et le
regrette à la fin. C’est donc
Abou-Mazen qui doit assumer toute la responsabilité
de ce défi et, quels que soient les obstacles, il doit opter
pour le dialogue national. Abou-Mazen
a déjà essayé de se poser de l’autre côté où il n’est
considéré que comme un outil pour détruire la cause
palestinienne, c’est pour cela que le président palestinien
ne doit pas laisser passer cette dernière chance. Et en même
temps, le Hamas doit assimiler l’ampleur de la crise et
faire des pas sérieux pour approcher d’une solution. Tous
les Palestiniens doivent cesser leurs efforts dans un
conflit pour le pouvoir. Cela ne convient pas à des
révolutionnaires qui font face à une occupation coloniale.
Le second défi réside dans le soutien arabe de ce dialogue.
En effet, l’absence d’un rôle arabe causera une polarisation
sur la scène palestinienne : Abou-Mazen
avec Israël et le Hamas avec l’Iran. C’est ainsi que la
cause palestinienne peut se transformer en conflit
irano-israélien par des mains
palestiniennes. Ce scénario peut être le pire pour les
Palestiniens, surtout si la Syrie décide de rester
relativement loin du Hamas et de la ligne de résistance,
selon sa propre vision de ses intérêts. Il est certain que
le recul arabe à cause des pressions israéliennes et
américaines a tout fait perdre aux Arabes. Or, il est temps
que le monde arabe s’oppose avec force au projet sioniste et
soutienne le dialogue national et la résistance. C’est
l’unique moyen de faire face à ce projet, sinon la perte de
toute la Palestine peut être prévue pour l’année 2020, comme
l’annonce Israël.
Quant au troisième défi, c’est l’influence sioniste sur les
Etats-Unis au point que Washington s’oppose au Hamas
beaucoup plus qu’Abou-Mazen
lui-même. De plus, Abou-Mazen a
annoncé que c’était Washington qui déciderait de la détente
entre le Hamas et le Fatah. C’est-à-dire que ce sont les
Américains qui donneront la permission de l’engagement d’un
dialogue national entre les Palestiniens. Chose qui
complique encore plus la situation, puisque Washington ne
permettra pas aux Arabes de jouer un rôle positif.