Al-Ahram Hebdo, Opinion
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 19 au 25 décembre 2007, numéro 693

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Abdallah Al-Achaal
 


Edito
 

Stratégie risquée

La nouvelle stratégie américaine en Iraq de cooptation d’anciens rebelles mobilisés par des chefs traditionnels pour combattre les insurgés réserve un rôle central aux tribus, mais leur influence pourrait à terme devenir contre-productive en affaiblissant l’Etat iraqien.

Dès le renversement du régime de Saddam Hussein, en avril 2003, l’armée américaine a tenté de coopérer avec les tribus, en s’inspirant de l’exemple ottoman et britannique. Mais, ignorant la complexité du monde tribal, les officiers américains  ont commis erreurs et maladresses. Ils ont ainsi surestimé le pouvoir des cheikhs dans le bastion rebelle de Falloujah en 2004, lorsqu’au plus fort de la bataille contre les insurgés sunnites, le commandement américain exigeait d’eux qu’ils mettent fin aux violences. De même, le commandement américain a collaboré dans d’autres régions du pays avec des cheikhs nommés par l’ancien régime, sans crédibilité aux yeux de leur tribu.

Par contre, certains chefs locaux se sont révélés être d’excellentes sources d’informations, de conseils et d’importants vecteurs d’influence, aidant par exemple à la poursuite des ex-officiels du régime.

Début 2007, la mobilisation de milliers de combattants tribaux, pour la plupart d’anciens insurgés, dans la province sunnite d’Al-Anbar (ouest) pour combattre Al-Qaëda a donné un nouveau souffle à cette stratégie. L’opération a donné des résultats inespérés, avec la défaite des combattants islamistes et une baisse considérable des violences dans la province. Cette stratégie est désormais mise en œuvre à Bagdad, et dans plusieurs autres provinces mixtes. Elle est expérimentée dans le Sud chiite avec cette fois en ligne de mire l’Armée de Mahdi, la puissante milice du chef radical chiite Moqtada Sadr.

Cependant, le recours aux tribus, rétives à l’autorité centrale, jalouses de leur indépendance et dont la loyauté va souvent au plus offrant, comporte des risques. La politique tribale de Washington suit le principe de « diviser pour mieux régner » et encourage sciemment la fragmentation du pays en multipliant les pouvoirs locaux, au détriment d’un Etat central fort. Le renforcement des milices se fait donc aux dépens des institutions de l’Etat et de la société civile. Au risque de menacer à terme la stabilité du pays . 

 




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