Palestine .
Une conférence internationale des donateurs pour l’Etat
palestinien tenue lundi à Paris a mobilisé une aide
substentielle pour soutenir l’économie palestinienne et le
président Abbass face au Hamas.
Juste un coup de pouce
Afin de fournir un soutien financier et politique à
l’Autorité palestinienne, quelque 90 délégations se sont
retrouvées lundi dernier à Paris pour une conférence
internationale destinée à appuyer les difficiles discussions
de paix, en soutenant financièrement l’émergence d’un Etat
palestinien. Cette conférence de Paris découle de celle qui
s’est tenue le mois dernier à Annapolis sous l’égide des
Etats-Unis. « Sans les aides en liquide permettant au Trésor
palestinien d’accomplir son rôle, nous serons confrontés à
une catastrophe totale en Cisjordanie et dans la bande de
Gaza », a déclaré le président palestinien Mahmoud Abbass.
Alors que l’économie palestinienne reste lourdement
pénalisée par les restrictions à la circulation imposées par
l’Etat hébreu au nom de la sécurité. La réunion de Paris a
ainsi plaidé pour un assouplissement progressif des
restrictions israéliennes de circulation (il y a 550
barrages israéliens en Cisjordanie) et un effort accru des
Palestiniens en matière de sécurité. « La situation
économique ne pourra se normaliser que si le secteur privé
investit et se développe. Or cela ne sera pas possible si
ces restrictions ne sont pas levées », a estimé le ministre
palestinien du Plan, Samir Abdallah. « Le développement
économique ne pourrait atteindre ses objectifs sans la levée
des restrictions imposées par Israël en Cisjordanie et du
bouclage de Gaza depuis juin. Les deux doivent avancer
parallèlement, même si le décaissement des fonds
internationaux n’est pas strictement conditionné à ces
objectifs ».
Séduits par les réformes financières lancées par le premier
ministre palestinien Salam Fayyad, les donateurs
internationaux ont mis la main à la poche. A cet égard,
plusieurs pays ont octroyé des aides d’urgences aux
Palestiniens, dont les plus importantes sont celles
octroyées par les pays occidentaux. Selon la secrétaire d’Etat
américaine Condoleezza Rice, les Etats-Unis ont proposé aux
Palestiniens une aide de plus de 500 millions de dollars.
Mais les Etats-Unis ne sont pas les seuls donateurs, la
liste est encore longue. La Commission européenne a annoncé
une aide de 650 millions de dollars pour l’année 2008. La
France fournirait 300 millions de dollars, et l’Allemagne
promet aussi 300 millions de dollars. Le Japon a offert une
aide de 150 millions de dollars : « Nous voulons faire de
notre mieux pour la création d’un Etat palestinien, qui
coexistera avec Israël », a indiqué le ministre
japonais des Affaires étrangères, Masahiko Komura, en
ajoutant que ces sommes seront destinées à soutenir des
programmes d’éducation et de santé.
En effet, l’Autorité palestinienne voulait quelque 5,6
milliards de dollars sur trois ans (2008-2010) pour financer
un plan destiné à soutenir son budget et lancer des projets
destinés à améliorer la vie quotidienne des Palestiniens.
Au-delà de l’aspect économique, la communauté internationale
a renouvelé son appui politique aux efforts de paix après la
conférence d’Annapolis le 27 novembre dernier, qui avait
débouché sur un engagement politique de tenter de parvenir à
un Etat palestinien avant la fin 2008. La conférence
de Paris est une étape essentielle et s’inscrit « totalement
dans la dynamique initiée à Annapolis », a déclaré le
porte-parole de Nicolas Sarkozy, David Martinon. Elle est «
économique, mais également politique (et) son objectif est
clairement affiché : parvenir rapidement à la création d’un
Etat palestinien », a-t-il ajouté.
Sonnette d’alarme
La conférence de Paris intervient au moment où le Programme
des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) a lancé un
cri d’alarme pour sauver l’économie palestinienne dans la
bande de Gaza. Il a mis en garde lundi contre un risque
d’effondrement total du secteur privé palestinien dans la
bande de Gaza si le bouclage israélien de ce territoire
contrôlé par le Hamas n’était pas levé. Cet avertissement
est le quatrième en une semaine exprimé par un organisme
international sur les effets du bouclage de la bande de
Gaza.
Le Pnud, se basant sur les résultats d’une enquête
téléphonique réalisée auprès de 319 entreprises de Gaza,
affirme dans un rapport que « le secteur privé de la bande
de Gaza est sur le point de tomber, sans espoir de se
relever, si le strict bouclage de la bande de Gaza n’est pas
levé ». Ce rapport affirme que le niveau de production dans
les entreprises de Gaza est passé de 76 % de leur capacité
avant janvier 2006 à 11 % depuis juin 2007. Israël a
entièrement bouclé la bande de Gaza après la prise du
pouvoir du Hamas islamiste à la mi-juin. Il a notamment
fermé Karni, l’unique terminal routier pour le passage des
marchandises, bloquant ainsi importations et exportations.
Selon le Pnud, « depuis juin, 78 % des entreprises de Gaza
interrogées ont indiqué avoir licencié une partie
considérable de leur personnel. Il y a six mois, le nombre
moyen de salariés par entreprise était de 31, contre 9 en
moyenne aujourd’hui ». Par ailleurs, 36 % des entreprises
interrogées ont dû réduire les salaires de leurs employés
d’environ 40 % en moyenne au cours du semestre écoulé,
ajoute le Pnud. Il assure cependant dans une « note positive
» que la levée immédiate du bouclage israélien de Gaza «
permettrait encore à la majorité du secteur privé de se
relever rapidement ».
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’Onu
avait averti, vendredi, que l’isolement de la bande de Gaza
« faisait planer sur l’économie locale la menace d’un
dommage irréparable et rendait sa population encore plus
tributaire de l’aide extérieure ».
Maha
Salem