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 Semaine du 19 au 25 décembre 2007, numéro 693

 

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Grève. Les fonctionnaires de l’Organisme des impôts fonciers ont mis fin cette semaine à une grève de 12 jours pour réclamer une modification de leur statut professionnel et salarial.

Les employés obtiennent gain de cause, mais ...

Ils ont persisté et ont obtenu gain de cause du moins selon les promesses du gouvernement. Les 2 000 fonctionnaires des impôts fonciers ont mis cette semaine famer une amélioration de leur statut. Les fonctionnaires qui avaient campé devant le siège du Conseil des ministres refusaient de mettre fin à leur mouvement avant qu’un compromis ne soit trouvé avec le gouvernement.

Tout a commencé le 3 décembre dernier, quand les employés du département des impôts fonciers décident d’engager un vaste mouvement de grève. Ils exigent une modification de leur statut administratif et salarial. Le service des impôts fonciers est rattaché aux municipalités depuis 1974. Les agents des impôts qui y travaillent gagnent en moyenne cinq fois moins que ceux du ministère des Finances. La principale revendication des employés était de bénéficier d’un salaire équivalent à celui de leurs collègues du ministère qui reçoivent des primes mensuelles équivalentes à 4 mois de salaires, alors que les primes des employés des impôts fonciers dans les gouvernorats ne représentent que les trois quarts du salaire mensuel. Les grévistes affichaient une autre revendication, à savoir la démission d’Ismaïl Abdel-Rassoul, directeur de l’Organisme des impôts fonciers.

Après de longues tractations avec le gouvernement, le ministre des Finances, Youssef Boutros-Ghali, qui avait au départ refusé tout compromis, a subitement changé de position et a déclaré qu’il acceptait de modifier le statut des employés. Cependant, ceci n’aura lieu qu’une fois le nouveau projet de loi sur les impôts fonciers promulgué. Ce projet soumet tous les biens immobiliers à un nouvel impôt dont les revenus seront destinés, selon le gouvernement, à améliorer les services municipaux. Or, certaines instances au sein de l’Etat ont exprimé des réserves sur ce projet réclamé par le ministre des Finances sur la base qu’il pourrait provoquer une grogne au sein de la population. En procédant ainsi, Youssef Boutros-Ghali a placé la balle dans le camp de l’Assemblée du peuple tenu maintenant d’approuver le projet. Pour certains, il s’agit d’une manœuvre pour gagner du temps. « Qu’est-ce que ce projet de loi vient faire avec le statut des employés ? », demande le député indépendant Kamal Ahmad, qui dénonce une manœuvre du ministre des Finances. « Ces employés ont été rattachés aux municipalités par décret ministériel en 1974. Le gouvernement aurait pu les réintégrer au ministère par un simple décret. La réalité est que Youssef Boutros voulait absolument faire passer son projet de loi sur les impôts fonciers. Il a mis la balle dans le camp du Parlement », ajoute le député. Selon lui, l’Etat tente à tout prix de repousser les échéances. « Confronté à la grogne sociale, l’Etat fait des promesses. Mais au moment de l’application, il tergiverse », souligne Kamal Ahmad qui donne l’exemple du statut salarial des enseignants. « L’Etat a promis de leur faire un cadre salarial spécial mais au moment de l’appliquer, les fonds manquaient », souligne-t-il.

55 000 employés environ sont concernés. La plupart d’entre eux touchent des salaires de misère. Leurs représentants affirment qu’ils poursuivront leur mouvement si le gouvernement ne tient pas sa promesse. « Nous avons décidé de ne pas mettre fin totalement à notre mouvement. Nous ne savons pas exactement quelles sont les intentions du gouvernement. Trois réunions auront lieu après le grand Baïram pour évaluer la situation et poursuivre les négociations avec les responsables du ministère des Finances », annonce Mohamad Abdel-Kérim, employé aux impôts fonciers de Ménoufiya. « Cela fait 14 ans que je travaille et mon salaire mensuel est de 410 L.E. plus 179 L.E. de primes. Comment peut-on vivre de la sorte ? », demande-t-il. Les grévistes ont annoncé qu’ils poursuivraient la grève si leurs demandes n’étaient pas satisfaites. « Nous avons fixé la date du 9 janvier prochain pour faire le point sur nos revendications. Soit on fera la fête, soit on se remettra en grève », annonce Abdel-Kérim. Outre la modification de leur statut, les grévistes demandent à ce qu’aucune poursuite administrative ne soit engagée contre les employés qui ont mené le mouvement de protestation.

Ce n’est pas la première fois que les fonctionnaires des impôts fonciers se mettent en grève. Deux autres mouvements de protestation avaient eu lieu au mois d’octobre contre le gouvernement. Cette grève des employés des impôts fonciers fait suite à une longue série de revendications salariales, de grèves et de sit-in. Les employés de l’entreprise textile semi-publique d’Al-Mahalla Al-Kobra s’étaient ainsi mis en grève en septembre dernier pour protester contre les bas salaires, et le gouvernement avait accédé à leurs demandes. D’autres mouvements similaires ont eu lieu à Kafr Al-Dawwar et au Caire. Face à cette pression sociale, l’Etat essaie tantôt d’apaiser la tension en accédant aux revendications des ouvriers, tantôt de gagner du temps.

« Il est clair que l’Etat suit les conseils de la Sécurité qui recommande de ne pas laisser dégénérer ces mouvements de protestation sociale sous peine de les voir se transformer en révolte qui pourrait déstabiliser le pays », souligne Mohamad Al-Sayed Saïd, du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. L’Etat craint de même que ces mouvements de grogne ne soient exploités par certains mouvements politiques. Hussein Abdel-Razeq, secrétaire général du parti du Rassemblement unioniste progressiste (RPU, gauche), met l’accent sur l’absence de politique sociale. « Au lieu de trouver des solutions radicales au problème, l’Etat continue à colmater les brèches. Mais soigner un bouton de fièvre n’est pas soigner la fièvre », souligne Abdel-Razeq. En l’absence d’une telle politique, il est probable que ces mouvements de protestation vont se poursuivre au cours des prochains mois.

Ola Hamdi

 




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