Lait pour nourrissons.
La pénurie de ce produit subventionné continue, révélant
ainsi l’échec du ministère de la Santé à régler le problème.
La crise guette les nouveaux-nés
Elle réapparaît de plus belle, la pénurie du lait en poudre
subventionné destiné aux nourrissons, et qui avait éclaté en
2004. De nombreuses familles se sont plaintes auprès du
ministère de la Santé. 800 000 nourrissons environ sont
concernés. « Cela fait un mois que la boîte de lait à 5 L.E.
est pratiquement introuvable. J’ai fait le tour de toutes
les pharmacies de mon quartier. Enfin, j’étais obligée
d’acheter du lait en poudre pour bébés à 22 L.E. », se
plaint la mère d’un nourrisson de 6 mois. En fait, le quota
de chaque pharmacie en lait subventionné est de 24 boîtes
par mois. Un nombre qui ne peut évidemment pas couvrir la
demande des familles, puisqu’il faut trois boîtes par
semaine par nourrisson. Ceci dit, l’Egypte a besoin de 20
millions de boîtes de lait annuellement, alors que la
quantité disponible ne dépasse pas les 9 millions de boîtes.
Ce sujet avait été en discussion au sein de la commission de
la santé au Parlement. Celle-ci a révélé que l’une des
causes de la pénurie était le recours à ce genre de lait bon
marché, car subventionné, par les pâtisseries et
confiseries. Pour remédier à ce problème, le ministère de la
Santé a livré de nouvelles quantités de lait dans les
centres de distribution à condition qu’elles ne soient
vendues que sur présentation de l’acte de naissance du
nourrisson. Cette mesure est appliquée dans toutes les
pharmacies depuis quelques mois, mais cela n’a pas empêché
la crise de s’aggraver. Ossama Al-Khouli, ministre adjoint
de la Santé pour le secteur des pharmacies, assure que cette
fois-ci la pénurie s’explique par l’augmentation du prix des
matières premières entrant dans la fabrication du lait en
poudre. « Cette augmentation a retardé l’importation de ces
matières premières, et cela a eu son influence sur la ligne
de la production causant ainsi une telle pénurie », assure
Al-Khouli, en ajoutant que cette hausse aura pour
conséquence l’augmentation de la subvention versée par l’Etat
pour le lait en poudre de 120 millions à 180 millions de
L.E.
Autre raison de la pénurie, selon Hamdi Al-Sayed, président
de la commission de la santé au Parlement, c’est le manque
de contrôle exercé par le ministère de la Santé sur les
sociétés responsables de distribution ainsi que les
pharmacies. Résultat : le lait va dans les mains de ceux qui
n’en ont pas besoin. « Les campagnes d’inspection sur les
sociétés responsables de distribution sont inexistantes. Le
ministère ne possède même pas une base de données sur les
lieux de distribution. La conséquence en est que la quantité
totale produite n’est pas distribuée aux pharmacies et qu’un
quota de la production est vendu dans les marchés noirs »,
assure Al-Sayed. En outre, certaines pharmacies commettent
des contraventions en vendant le lait en poudre sans
demander l’acte de naissance, puisque le ministère n’a rien
imposé comme pénalisation.
En guise de solution rapide à ce problème, le ministère de
la Santé a signé un accord avec une société belge afin
d’importer 5 millions de boîtes de lait en poudre qui seront
mises sur le marché au début de l’année 2008. En outre,
l’une des solutions qui seront prises à long terme est de ne
plus confier la responsabilité de la distribution du lait
subventionné à des sociétés privées. Mais cela peut-il
garantir qu’une telle crise ne se reproduira plus ?
Le
problème sera prochainement soulevé au Parlement.
Marianne Youssef