Règlement des différends.
Un atelier a été organisé par GAFI et l’USAID le 5 décembre
dernier au Caire en prévision de la création en 2008 d’un
centre de médiation des conflits commerciaux.
Une 3e alternative
« Un Centre de médiation des conflits commerciaux
verra le jour en septembre 2008 », a déclaré avec
enthousiasme Ziyad Bahaeddine, membre du Conseil des
mandataires de l’Organisme général de l’investissement (GAFI),
lors d’un atelier organisé par le GAFI et l’USAID (Agence
américaine d’aide au développement) le 5 décembre dernier au
Caire. Car mieux vaut s’atteler à résoudre les différends au
sein d’une société que faire les frais de la dégradation
d’une situation conflictuelle. « Dans l’affaire Emaar Misr,
le conflit se situait entre la société mère et l’homme
d’affaires égyptien Chafiq Gabr. Elle n’a pu être réglée que
par la médiation du GAFI », souligne Bahaeddine. Ainsi le
Centre de médiation des conflits commerciaux se
chargera-t-il pour le moment de régler les conflits entre
partenaires ou actionnaires au sein d’une même société, sans
recourir à la justice ou à l’arbitrage, garantissant la
continuité de l’activité de la société. Après deux à trois
années de fonctionnement, le centre se chargera d’autres
genres de confits.
Pour Samir Radwane, directeur du Forum de recherches
économiques, la création de ce centre arrive à point nommé.
Car selon lui, la longueur des procédures de la justice et
de l’arbitrage, tout comme l’absence de tribunaux de
commerce rapides, sont les causes du retard pris par l’Egypte
en matière d’efficacité des affaires. Il rappelle que l’Egypte
occupe la 126e place sur 178 pays dans le dernier rapport
Doing Business 2007 de la Banque mondiale et la 77e position
sur 180 pays dans le rapport 2007 du Forum économique
mondial sur la compétitivité internationale.
Quant à Saïd Mohamad, président du Comité de règlement des
conflits d’investissement auprès du GAFI, il note que l’idée
de créer ce Centre de médiation des conflits commerciaux est
inspiré de ce comité, dont la tâche est de régler les
conflits entre les sociétés d’investissement et les
organismes publics, à l’exemple de l’Organisme des impôts.
Depuis le début de son activité en 2002, il a réglé plus de
865 affaires. Robert Randolph, consultant en médiation
auprès de l’USAID, précise de son côté que ce modèle de
centre a été inspiré des centres de médiation des conflits
créés sous l’auspice de l’USAID en Bulgarie, au Népal et en
Russie, et dont le taux de succès va de 65 à 70 % des cas
traités. « L’entrée en vigueur de ce centre permettra la
résolution rapide des différends des parties en conflit à
moindre coût, soit environ 10 000 L.E. Alors qu’en passant
par les tribunaux, un procès peut prendre de 10 à 15 ans.
Pire, si les deux parties ont recours à l’arbitrage, le coût
peut être de 100 000 L.E. sur 3 à 4 ans », explique Randolph.
Il ajoute que deux stages de formation seront organisés, le
premier début 2008 et le deuxième en mars prochain à
destination des futurs cadres de ce centre. « Ces personnes
seront de profils variés : comptables, économistes, avocats,
juges retraités ou même sociologues. Après leur formation,
elles seront habilitées à former les médiateurs du centre
auxquels les sociétés auront recours », explique Randolph.
Dahlia
Réda