Al-Ahram Hebdo, Economie | Faire encore plus simple
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 19 au 25 décembre 2007, numéro 693

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Economie

Douanes. Les procédures ont été considérablement allégées depuis 3 ans, ce qui donne de l’appétit au secteur privé. Celui-ci relève tout de même d’importants obstacles ralentissant la marche des affaires.

Faire encore plus simple

Depuis l’arrivée du gouvernement Nazif en 2004, les changements sont considérables en matière de douanes : les droits ont été baissés pour atteindre 9 % en moyenne, la plupart des taxes à l’export et l’import ont été supprimées, les formalités ont été simplifiées, la durée de dédouanement a été réduite pour atteindre une seule journée ... Et une nouvelle loi sur les douanes sera examinée lors de la session parlementaire actuelle. Bref, la reforme douanière est menée à grands pas. Elle suscite même les applaudissements des institutions internationales et l’envie des pays voisins.

Mais pour mener à bien cette réforme, l’Egypte a reçu plusieurs coups de pouce. Elle a en effet reçu 30 millions de dollars de l’Organisation américaine de développement USAID, 6 millions d’euros de l’Union européenne et 1,3 million de francs suisses de la Suisse. « Les réformes douanières sont au centre de l’intérêt européen, car la libéralisation du commerce occupe une place importante. Il s’agit d’un engagement politique de la part de l’Egypte pour se lancer dans les réformes douanières », souligne Gerhard Krause, chef du département des réformes économiques auprès de la délégation de l’Union européenne au Caire. Ainsi, le rapport Doing Business 2007, publié par la Banque mondiale, a souligné que sur dix domaines étudiés, l’Egypte a progressé dans 5, parmi lesquels figurent les réformes douanières. « L’objectif était de passer d’une logique de maximisation du revenu à une logique de maximisation de la qualité du service. L’Organisme des douanes n’est en effet plus censé collecter seulement l’argent, mais vise aussi à perfectionner ses services », souligne Mahmoud Aboul-Ela, chef du département des réformes douanières au sein du ministère des Finances. Du coup, les revenus douaniers n’ont atteint que 9 milliards de L.E. en 2006, contre 12 milliards en 2004. « Nous avons terminé de préparer la nouvelle loi sur les douanes afin d’éliminer toute distorsion, puisque la loi actuelle date de 1963, et a été modifiée en 1995. Cela, car nous nous sommes rendus compte que les modifications déjà apportées ne sont pas suffisantes pour mener les réformes requises. On ne peut pas se baser sur des textes de 40 ans d’âge », poursuit-il.

Un enthousiasme que le secteur privé accueille avec réserve étant donné l’ampleur de la tâche. Délais des procédures bureaucratiques, dédouanement, pots-de-vin à verser ... la liste n’en finit pas. « Personne ne peut nier les progrès enregistrés. Mais si l’on compare ces progrès à ce qui se passe dans le reste du monde, on constate que l’on est toujours en retard », souligne Tareq Tewfiq, président du conseil de l’exportation agroalimentaire auprès de la Fédération des industries, lors d’un colloque organisé par la Chambre américaine de commerce (AMCHAM). Et d’ajouter : « Le dédouanement des produits alimentaires prend entre 8 et 15 jours contre 30 avant 2004. Sans doute a-t-on fait un progrès, mais dans les pays voisins comme la Jordanie et Israël, le dédouanement ne prend que 24 heures, et dans tous les pays développés, une heure tout au plus ».

Temps perdu

Quant aux sociétés directement concernées, elles ne manquent pas de souligner le temps perdu entre l’examen des marchandises, la prise d’échantillon et le dédouanement. « Si l’Organisme des douanes se vante d’avoir réduit à un seul jour le délai de dédouanement, c’est parce qu’il ne prend pas en compte les autres procédures demandées par les autres directions », souligne Hossam Léheita, PDG de la compagnie Egy Trans. La liste des aspects oubliés contient en effet l’approbation du ministère de la Santé, une autre de l’Agriculture, une troisième de l’Organisme de surveillance des exportations et des importations, une quatrième de la médecine vétérinaire, une cinquième des services sécuritaires, et finalement de l’Organisme des ports. Les réformes doivent donc s’entendre au-delà de l’Organisme des douanes.

Des critiques auxquelles Mohamad Salem, directeur de l’Organisme des douanes, répond simplement : ces autres procédures ne sont pas de ses compétences. « Tout ce qu’on a pu faire, c’est de regrouper en un seul jour les procédures d’examen des marchandises », tient-il à préciser. Il n’empêche que pour importer, les documents nécessaires ne sont pas vraiment connus. « On souffre d’un manque de transparence en ce qui concerne les documents nécessaires pour importer. On est à la merci des fonctionnaires », se plaint Mohamad Abou-Ghali, PDG d’Abou-Ghali Automotive. Conscient de ce problème, Aboul-Ela tente l’apaisement du secteur privé. « Il est vrai que les fonctionnaires des douanes sont le maillon le plus difficile à contrôler. Pour mettre fin à leurs manipulations diverses afin d’obtenir des pots-de-vin, tous les documents nécessaires seront publiés sur le site web de l’Organisme dans quelques mois », affirme-t-il.

En effet, l’examen des marchandises et le manque de coordination entre les différentes directions concernées restent encore un casse-tête pour le secteur privé. « Est-il logique que le comité relevant du ministère de la Santé ne vienne que deux fois par semaine ? Si on le rate, l’inspection des marchandises a lieu 3 jours plus tard ». Et d’ajouter : « Le scénario est le même pour obtenir les résultats de l’échantillon examiné par le laboratoire. Le ministre adjoint est la seule personne habilitée à donner l’approbation, le directeur du labo n’a pas cette prérogative. Une autre occasion de perdre 3 autres jours ».

Hossam Léheita, PDG de la compagnie Egy Trans pour le transport, avoue : « Ce qui manque, c’est la coordination entre les différentes directions. L’un des problèmes majeurs de la bureaucratie est la dépendance sur une seule personne chargée de terminer le processus de dédouanement ». Mais « un projet pour installer un système électronique pour relier tous les services douaniers a été engagé en octobre dernier et s’achèvera dans 18 mois », rétorque Aboul-Ela.

« Le secteur privé ne demande pas la réduction de la surveillance. Il veut simplement réduire la liste des procédures qui n’en finit pas. Le temps c’est de l’argent, et chaque jour de perdu est une opportunité perdue », résume Mohamad Choukri, vice-directeur de la Chambre industrielle des produits alimentaires.

Ibtessam Zayed

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.