Al-Ahram Hebdo, Dossier | Salah Montasser, « Nous devons d’abord commencer par une campagne de sensibilisation »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 19 au 25 décembre 2007, numéro 693

 

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Dossier

Tabagisme. Salah Montasser, journaliste et écrivain au quotidien Al-Ahram et membre du Comité suprême pour la lutte anti-tabac, explique que la population doit être préparée à la nouvelle législation. 

« Nous devons d’abord commencer par une campagne de sensibilisation » 

Al-Ahram Hebdo : Vos articles ont été pour la plupart concentrés sur la lutte contre le tabagisme. Pour quelle raison ?

Salah Montasser : Il s’agit tout simplement pour moi d’une expérience personnelle que j’essaye de démontrer à tout fumeur. J’ai commencé cette campagne depuis 25 ans, c’est-à-dire à partir de 1982. Jusqu’à l’année 1977, j’étais l’un des plus grands fumeurs. Je fumais des cigarettes, des pipes et même des cigares. Je ne pouvais pas imaginer une tasse de café sans être accompagnée d’une cigarette que je croyais d’ailleurs être ma source d’inspiration pour écrire. Jusqu’au jour où j’ai senti l’effet négatif du tabac sur ma santé, j’ai décidé alors en février 1977 d’arrêter de fumer. Et j’ai d’ailleurs été inspiré par la journée du 9 février 1982, journée où Londres a invité tous ses citoyens à essayer de ne pas fumer. J’ai donc décidé de faire de même dans mes articles et d’inciter tous les fumeurs à suivre mon expérience pour savoir que le plaisir d’arrêter de fumer est bien plus grand que le plaisir de fumer.

— Que pensez-vous de la nouvelle loi anti-tabac ? Que présente-t-elle de nouveau ?

— Nous devons d’abord commencer par une campagne de sensibilisation et de préparation, car lancer la loi comme ça et sans préparation n’aurait aucun sens. Mais ce qui est nouveau dans cette loi c’est que l’amende ne touchera pas uniquement le fumeur en lieu interdit mais aussi son chef ou son directeur. Cela permettrait son application.

Certaines administrations ont décidé de commencer à appliquer cette loi. Il y en a même qui ont décidé de ne plus accepter des fumeurs parmi les nouveaux employés. C’est un pas que je juge très positif.

— Pensez-vous que cette loi pourrait facilement être appliquée, surtout qu’il existe déjà d’autres lois qui ne l’ont jamais été ?

— Il est vrai qu’il existe déjà trois autres lois sur le tabagisme en Egypte. Mais je ne peux pas dire qu’elles ne sont pas du tout appliquées. Il suffit de citer l’exemple du métro, des cinémas et des théâtres où la loi est correctement appliquée. Et en ce qui concerne la nouvelle législation, nous espérons bien sûr qu’elle sera appliquée à tous les citoyens. Si dans les pays développés, cette loi a pu être appliquée, pourquoi ne le serait-elle pas en Egypte ? Un autre point très important est aussi à signaler. C’est que l’Egypte possède une arme très forte, car la majorité des Egyptiens ne fument pas, uniquement 15 % de cette grande population. Ce qui peut donner de grandes chances à un projet comme celui-ci de réussir.

Propos recueillis par Chaimaa Abdel-Hamid

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