Tabagisme.
Salah Montasser,
journaliste et écrivain au quotidien Al-Ahram et membre du
Comité suprême pour la lutte anti-tabac, explique que la
population doit être préparée à la nouvelle législation.
« Nous devons d’abord commencer par une campagne de
sensibilisation »
Al-Ahram
Hebdo : Vos articles ont été pour la plupart concentrés sur
la lutte contre le tabagisme. Pour quelle raison ?
Salah Montasser :
Il s’agit tout simplement pour moi d’une expérience
personnelle que j’essaye de démontrer à tout fumeur. J’ai
commencé cette campagne depuis 25 ans, c’est-à-dire à partir
de 1982. Jusqu’à l’année 1977, j’étais l’un des plus grands
fumeurs. Je fumais des cigarettes, des pipes et même des
cigares. Je ne pouvais pas imaginer une tasse de café sans
être accompagnée d’une cigarette que je croyais d’ailleurs
être ma source d’inspiration pour écrire. Jusqu’au jour où
j’ai senti l’effet négatif du tabac sur ma santé, j’ai
décidé alors en février 1977 d’arrêter de fumer. Et j’ai
d’ailleurs été inspiré par la journée du 9 février 1982,
journée où Londres a invité tous ses citoyens à essayer de
ne pas fumer. J’ai donc décidé de faire de même dans mes
articles et d’inciter tous les fumeurs à suivre mon
expérience pour savoir que le plaisir d’arrêter de fumer est
bien plus grand que le plaisir de fumer.
— Que pensez-vous de la nouvelle loi anti-tabac ? Que
présente-t-elle de nouveau ?
— Nous devons d’abord commencer par une campagne de
sensibilisation et de préparation, car lancer la loi comme
ça et sans préparation n’aurait aucun sens. Mais ce qui est
nouveau dans cette loi c’est que l’amende ne touchera pas
uniquement le fumeur en lieu interdit mais aussi son chef ou
son directeur. Cela permettrait son application.
Certaines administrations ont décidé de commencer à
appliquer cette loi. Il y en a même qui ont décidé de ne
plus accepter des fumeurs parmi les nouveaux employés. C’est
un pas que je juge très positif.
— Pensez-vous que cette loi pourrait facilement être
appliquée, surtout qu’il existe déjà d’autres lois qui ne
l’ont jamais été ?
— Il est vrai qu’il existe déjà trois autres lois sur le
tabagisme en Egypte. Mais je ne peux pas dire qu’elles ne
sont pas du tout appliquées. Il suffit de citer l’exemple du
métro, des cinémas et des théâtres où la loi est
correctement appliquée. Et en ce qui concerne la nouvelle
législation, nous espérons bien
sûr qu’elle sera appliquée à tous les citoyens. Si dans les
pays développés, cette loi a pu être appliquée, pourquoi ne
le serait-elle pas en Egypte ? Un autre point très important
est aussi à signaler. C’est que l’Egypte possède une arme
très forte, car la majorité des Egyptiens ne fument pas,
uniquement 15 % de cette grande population. Ce qui peut
donner de grandes chances à un projet comme celui-ci de
réussir.
Propos recueillis par Chaimaa Abdel-Hamid