Al-Ahram Hebdo,Monde | Vers l’inévitable indépendance
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 Semaine du 19 au 25 décembre 2007, numéro 693

 

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kosovo. Le Conseil de sécurité de l’Onu va se réunir ce mercredi pour décider de l’avenir de la province décidée à arracher son indépendance d’ici mai 2008 contre le gré des Serbes et de plusieurs pays européens. 

Vers l’inévitable indépendance

Les représentants du Kosovo seront enfin autorisés, ce mercredi, à prendre la parole devant le Conseil de sécurité des Nations-Unies qui se réunira pour débattre du rapport des médiateurs de la « Troïka » (Etats-Unis, Union européenne, Russie) constatant l’échec de quatre mois de pourparlers visant à dégager un compromis sur le statut définitif de la province du sud de la Serbie. A l’issue de plusieurs jours de débats animés, la Russie a proposé l’initiative suivante : inviter le président kosovar Fatmir Sedjiu à prendre la parole conformément à une disposition permettant à des individus non représentatifs d’un Etat de s’exprimer devant le Conseil de sécurité. Pourtant, Belgrade, hostile à toute indépendance du Kosovo, demandait à ce que le Conseil de sécurité empêchait les Kosovars albanais de s’exprimer mercredi en faisant valoir qu’ils ne représentaient pas un Etat. Selon les analystes, la session de mercredi ne devrait déboucher sur aucune mesure concrète comme une résolution ou même une déclaration car tout le monde s’attend à ce que la Russie, qui dispose d’un droit de veto, bloquera, une fois de plus, tout projet de résolution ouvrant la porte à l’indépendance du Kosovo.

A quelques jours de la session du Conseil de sécurité, les dirigeants européens ont décidé, vendredi, lors de leur sommet à Bruxelles, d’afficher leur unité face au dossier kosovar en décidant d’envoyer une importante mission de police et justice au Kosovo, mais se sont gardés de dire s’ils reconnaîtraient une déclaration unilatérale d’indépendance de cette province qu’ils jugent pourtant « inéluctable » en 2008. « Nous avons pris la décision politique d’envoyer une mission au Kosovo », a annoncé le premier ministre portugais José Socrates, dont le pays préside l’Union européenne. M. Socrates n’a pas précisé quand cette mission — qui doit comporter quelque 1 800 policiers et juristes européens, appelés à épauler police et justice kosovares — pourrait partir dans la province serbe à majorité albanaise, gérée par l’Onu depuis 1999. Il a même tenu à affirmer que l’envoi d’une force ne signifie pas que l’Union soutiendra une déclaration d’indépendance du Kosovo. En effet, plusieurs pays européens restent réticents quant à une proclamation unilatérale d’indépendance du Kosovo, dont la Russie et quelques pays européens, à commencer par la Roumanie, la Slovaquie et Chypre qui craignent que cette indépendance n’encourage les sécessions partout où se développent des mouvements nationalistes. L’opposition de Nicosie par exemple tient à son problème particulier avec Chypre-Nord, qui a déclaré unilatéralement en 1983 une indépendance reconnue uniquement par la Turquie. Selon les analystes, l’entente des Européens à régler la crise du Kosovo sera un test décisif de la capacité des Européens de peser sur les affaires du monde. Divisés et impuissants face aux conflits meurtriers qui ont accompagné naguère la dislocation de l’ex-Yougoslavie, ils semblent décidés cette fois-ci d’assurer coude à coude la stabilité des Balkans. « Les 27 veulent prouver au monde que ce n’est ni aux Russes ni aux Américains de régler la crise du Kosovo, mais aux Européens », affirment les experts. Pour prouver leur bonne volonté, les Européens ont réussi, au moins, à s’entendre, lors de la réunion de vendredi, sur quelques constats. Le premier est que les négociations entre la Serbie et le Kosovo ont échoué et qu’il ne servirait à rien, comme le demandent les Russes, de les prolonger. Le second est que le statu quo « n’est pas tenable ». Le troisième est que l’Europe a un rôle moteur à jouer dans la recherche d’une solution.

Que les Européens soient unis ou divisés, que la Russie et la Serbie acceptent ou pas, les Albanais du Kosovo ont fait leur choix : l’indépendance de leur province d’ici mai 2008 est inévitable. « La première étape est inévitablement la proclamation d’indépendance, la deuxième une reconnaissance officielle ... Je vous assure l’indépendance sera proclamée avant mai prochain », a affirmé le porte-parole des négociations kosovares, Skender Hyseni .

M. Ch. 

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