kosovo.
Le Conseil de sécurité de l’Onu va se réunir ce mercredi
pour décider de l’avenir de la province décidée à arracher
son indépendance d’ici mai 2008 contre le gré des Serbes et
de plusieurs pays européens.
Vers l’inévitable indépendance
Les représentants du Kosovo seront enfin autorisés, ce
mercredi, à prendre la parole devant le Conseil de sécurité
des Nations-Unies qui se réunira pour débattre du rapport
des médiateurs de la « Troïka » (Etats-Unis, Union
européenne, Russie) constatant l’échec de quatre mois de
pourparlers visant à dégager un compromis sur le statut
définitif de la province du sud de la Serbie. A l’issue de
plusieurs jours de débats animés, la Russie a proposé
l’initiative suivante : inviter le président kosovar Fatmir
Sedjiu à prendre la parole conformément à une disposition
permettant à des individus non représentatifs d’un Etat de
s’exprimer devant le Conseil de sécurité. Pourtant,
Belgrade, hostile à toute indépendance du Kosovo, demandait
à ce que le Conseil de sécurité
empêchait les Kosovars albanais de s’exprimer
mercredi en faisant valoir qu’ils ne représentaient pas un
Etat. Selon les analystes, la session de mercredi ne devrait
déboucher sur aucune mesure concrète comme une résolution ou
même une déclaration car tout le monde s’attend à ce que la
Russie, qui dispose d’un droit de veto, bloquera, une fois
de plus, tout projet de résolution ouvrant la porte à
l’indépendance du Kosovo.
A quelques jours de la session du Conseil de sécurité, les
dirigeants européens ont décidé, vendredi, lors de leur
sommet à Bruxelles, d’afficher leur unité face au dossier
kosovar en décidant d’envoyer une importante mission de
police et justice au Kosovo, mais se sont gardés de dire
s’ils reconnaîtraient une déclaration unilatérale
d’indépendance de cette province qu’ils jugent pourtant «
inéluctable » en 2008. « Nous avons pris la décision
politique d’envoyer une mission au Kosovo », a annoncé le
premier ministre portugais José Socrates, dont le pays
préside l’Union européenne. M. Socrates n’a pas précisé
quand cette mission — qui doit comporter quelque 1 800
policiers et juristes européens, appelés à épauler police et
justice kosovares — pourrait partir dans la province serbe à
majorité albanaise, gérée par l’Onu depuis 1999. Il a même
tenu à affirmer que l’envoi d’une force ne signifie pas que
l’Union soutiendra une déclaration d’indépendance du Kosovo.
En effet, plusieurs pays européens restent réticents quant à
une proclamation unilatérale d’indépendance du Kosovo, dont
la Russie et quelques pays européens, à commencer par la
Roumanie, la Slovaquie et Chypre qui craignent que cette
indépendance n’encourage les sécessions partout où se
développent des mouvements nationalistes. L’opposition de
Nicosie par exemple tient à son problème particulier avec
Chypre-Nord, qui a déclaré unilatéralement en 1983 une
indépendance reconnue uniquement par la Turquie. Selon les
analystes, l’entente des Européens à régler la crise du
Kosovo sera un test décisif de la capacité des Européens de
peser sur les affaires du monde. Divisés et impuissants face
aux conflits meurtriers qui ont accompagné naguère la
dislocation de l’ex-Yougoslavie, ils semblent décidés cette
fois-ci d’assurer coude à coude la stabilité des Balkans. «
Les 27 veulent prouver au monde que ce n’est ni aux Russes
ni aux Américains de régler la crise du Kosovo, mais aux
Européens », affirment les experts. Pour prouver leur bonne
volonté, les Européens ont réussi, au moins, à s’entendre,
lors de la réunion de vendredi, sur quelques constats. Le
premier est que les négociations entre la Serbie et le
Kosovo ont échoué et qu’il ne servirait à rien, comme le
demandent les Russes, de les
prolonger. Le second est que le statu quo « n’est pas
tenable ». Le troisième est que l’Europe a un rôle moteur à
jouer dans la recherche d’une solution.
Que les Européens soient unis ou divisés, que la Russie et
la Serbie acceptent ou pas, les Albanais du Kosovo ont fait
leur choix : l’indépendance de leur province d’ici mai 2008
est inévitable. « La première étape est inévitablement la
proclamation d’indépendance, la deuxième une reconnaissance
officielle ... Je vous assure l’indépendance sera proclamée
avant mai prochain », a affirmé le porte-parole des
négociations kosovares, Skender Hyseni .
M.
Ch.