Footbal. A six semaines du début de la Coupe d’Afrique des nations 2008 qui aura lieu au Ghana, le onze national fait pâle figure. Blessures, baisse de forme, suspensions, le staff technique peine à redresser la barre.

Le pire est à craindre

La sélection d’Egypte est dans une zone de turbulences et bien mal en point pour aller défendre son titre au Ghana lors de cette Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui aura lieu du 20 janvier au 10 février. « Plusieurs éléments importants seront absents tels que Mido (Ahmad Hossam), tandis que d’autres ne sont pas à leur meilleur niveau », déplore Chawqi Gharib, l’entraîneur adjoint des Pharaons. L’ancienne légende de Ghazl Al-Mahalla ne donne pas d’excuses avant le grandissime challenge d’Afrique, mais avance de graves vérités.

L’ossature principale du onze national est en grave baisse de forme. Les médaillés d’or des Jeux panarabes ne pourront pas tromper les observateurs conscients de la difficulté de la mission au Ghana. Mido, l’attaquant de Middlesbrough (Ang) et de surcroît la plus grande figure égyptienne en Europe, est très incertain pour la CAN en raison de blessure. Le milieu d’Anderlecht (Bel), Ahmad Hassan, purge une suspension de trois rencontres qui s’achèvera après les deux premiers matchs du premier tour. Mohamad Zidan est très irrégulier avec sa formation de première division allemande, Werder Bremen ; quant à Mohamad Chawqi (Middlesbrough), Hossam Ghali (Tottenham, Ang) et Ibrahim Saïd (Ankaragucu, Tur), ils n’ont pas frôlé la pelouse depuis le début de la saison. « C’est une grande déception car ces joueurs sont censés être nos atouts et les voilà hors course », a déclaré Hamada Sedqi, un membre du staff technique. Et ce n’est pas la fin des malheurs de l’équipe, car les dégâts touchent aussi les locaux. Les atouts d’Ahli, qui constituent une majeure partie du groupe des Pharaons, sont épuisés du fait de l’enchaînement des matchs depuis trois saisons et devront disputer 7 rencontres en l’espace de 20 jours pour terminer leurs matchs reportés du championnat avant de rejoindre la sélection. « C’est de trop pour ces joueurs. Nous avons demandé à la commission des compétitions qu’Ahli joue quatre rencontres seulement. Ce n’est pas pour le bienfait d’Ahli mais pour les joueurs de la sélection. Après sept rencontres, ils seront à bout de souffle et ils devront disputer trois rencontres avec la sélection dans le cadre de la préparation à la CAN. Physiquement et techniquement, ils ne sont pas prêts à répondre à ce grand défi », ajoute Gharib.

Sans compter l’hécatombe du côté des joueurs comme le duo de Zamalek Amr Zaki, hors d’action en raison de problèmes avec le club, Mahmoud Abdel-Razeq dit « Chikabala » suspendu pour un an par la Fédération égyptienne de football pour comportement abusif avec la sélection olympique lors des Jeux panafricains, l’été dernier, et le libéro Hani Saïd écarté de la formation d’Ismaïli pour grave baisse de niveau. « Jusqu’à présent, il n’y a que le poste de gardien de but qui nous rassure. Essam Al-Hadari et Mohamad Abdel-Moncef sont dans une grande forme et la concurrence sera très chaude entre eux pour défendre les cages de l’Egypte au Ghana », explique Ahmad Solimane, l’entraîneur des gardiens de but.

Dans cette situation, le staff technique a fait appel à plusieurs nouvelles figures pour porter le maillot à cinq étoiles des Pharaons. Ahmad Salama (Tersana), Ahmad Hassan, Mohsen Hindaoui (tous deux de Ghazl Al-Mahalla), Ahmad Mohamadi, Mohamad Ibrahim (Enppi), Walid Solimane (Petrojet), Abdel-Salam Nagah (Haras Al-Hodoud) Hassan Awad et Gomaa Machhour (T. Al-Gueich) ont fait une belle percée dans le groupe pour combler certaines lacunes. « Nous avons essayé d’élargir notre noyau et de former un nouveau groupe. Certains joueurs s’imposeront tels que Omar Gamal et Mohamad Fadl (Ismaïli) mais d’autres ont besoin d’encore de plus d’expériences et de formation pour jouer au niveau international. Ils ne pourront pas défendre les couleurs du champion en titre », conclut Gharib qui peine à trouver une solution et qui espère que les prochains jours lui porteront conseil, voire un cadeau du ciel pour tenter d’arracher à nouveau le trophée africain.

Karim Farouk