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Edito Les engagements d’Israël
A
peine sèche l’encre du document conjoint israélo-palestinien signé à la
conférence d’Annapolis sur le Proche-Orient, l’Etat hébreu annonce la
construction de 307 unités de logement à Har Homa, un quartier de colonisation de
Jérusalem-Est occupé. Cette annonce contredit les engagements pris par Israël
lors de ladite conférence.
A
Annapolis, le premier ministre israélien, Ehud Olmert, et le président
palestinien, Mahmoud Abbass, ont convenu de rechercher avant fin 2008 un accord
de traité de paix menant à la création d’un Etat palestinien dans les
territoires occupés par Israël. Ils s’étaient engagés à respecter la Feuille de
route, un plan de paix international qui prévoit la fin des violences dans les
territoires palestiniens et le gel de la colonisation juive. La colonisation
juive est parmi les questions les plus épineuses qui doivent être au cœur des
négociations israélo-palestiniennes sur le statut permanent des territoires
palestiniens, censées débuter ce mercredi 12 décembre.
A la
fin des années 1990, la construction du quartier de colonisation de Har Homa,
sur une hauteur voisine de la ville palestinienne de Bethléem (Cisjordanie),
avait généré une forte opposition de l’Autorité palestinienne et de vives
critiques des Etats-Unis. Har Homa fait partie des quartiers dits du « Grand
Jérusalem » compris dans les limites de la municipalité de Jérusalem,
considérée par tous les gouvernements israéliens depuis 1967 comme « la
capitale éternelle, unifiée et indivisible d’Israël ». Or l’annexion du secteur
oriental de la ville sainte et sa conquête, suite à la guerre israélo-arabe de
juin 1967, n’ont jamais été reconnues par la communauté internationale. Les
Palestiniens envisagent faire du secteur oriental de Jérusalem la capitale de
leur futur Etat.
Quelques
jours avant la réunion internationale de paix d’Annapolis, le ministre
israélien de la Défense Ehud Barak, qui avait annoncé la poursuite des
constructions dans les colonies existantes, a assuré que les colonies sauvages
disséminées en Cisjordanie seront évacuées et qu’il n’y aurait pas de «
création de colonies ou de lancement de grands projets » en Cisjordanie,
conformément aux engagements d’Israël pris auprès des Etats-Unis. Or, selon le
mouvement pacifiste israélien La Paix maintenant, l’administration militaire
israélienne en Cisjordanie a fait état de 3 449 dossiers de constructions
illégales de bâtiments dans ces colonies en une décennie, mais seules 107 ont
effectivement été détruites, soit 3 % de l’ensemble.
Serait-il
alors exagéré de dire que les engagements d’Israël pris lors de la conférence
d’Annapolis ne valent pas plus que l’encre avec laquelle ils ont été signés ?
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