Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 au 18 décembre 2007, numéro 692

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Nawla Darwich
 


Edito

Les engagements d’Israël

A peine sèche l’encre du document conjoint israélo-palestinien signé à la conférence d’Annapolis sur le Proche-Orient, l’Etat hébreu annonce la construction de 307 unités de logement à Har Homa, un quartier de colonisation de Jérusalem-Est occupé. Cette annonce contredit les engagements pris par Israël lors de ladite conférence.

A Annapolis, le premier ministre israélien, Ehud Olmert, et le président palestinien, Mahmoud Abbass, ont convenu de rechercher avant fin 2008 un accord de traité de paix menant à la création d’un Etat palestinien dans les territoires occupés par Israël. Ils s’étaient engagés à respecter la Feuille de route, un plan de paix international qui prévoit la fin des violences dans les territoires palestiniens et le gel de la colonisation juive. La colonisation juive est parmi les questions les plus épineuses qui doivent être au cœur des négociations israélo-palestiniennes sur le statut permanent des territoires palestiniens, censées débuter ce mercredi 12 décembre.

A la fin des années 1990, la construction du quartier de colonisation de Har Homa, sur une hauteur voisine de la ville palestinienne de Bethléem (Cisjordanie), avait généré une forte opposition de l’Autorité palestinienne et de vives critiques des Etats-Unis. Har Homa fait partie des quartiers dits du « Grand Jérusalem » compris dans les limites de la municipalité de Jérusalem, considérée par tous les gouvernements israéliens depuis 1967 comme « la capitale éternelle, unifiée et indivisible d’Israël ». Or l’annexion du secteur oriental de la ville sainte et sa conquête, suite à la guerre israélo-arabe de juin 1967, n’ont jamais été reconnues par la communauté internationale. Les Palestiniens envisagent faire du secteur oriental de Jérusalem la capitale de leur futur Etat.

Quelques jours avant la réunion internationale de paix d’Annapolis, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak, qui avait annoncé la poursuite des constructions dans les colonies existantes, a assuré que les colonies sauvages disséminées en Cisjordanie seront évacuées et qu’il n’y aurait pas de « création de colonies ou de lancement de grands projets » en Cisjordanie, conformément aux engagements d’Israël pris auprès des Etats-Unis. Or, selon le mouvement pacifiste israélien La Paix maintenant, l’administration militaire israélienne en Cisjordanie a fait état de 3 449 dossiers de constructions illégales de bâtiments dans ces colonies en une décennie, mais seules 107 ont effectivement été détruites, soit 3 % de l’ensemble.

Serait-il alors exagéré de dire que les engagements d’Israël pris lors de la conférence d’Annapolis ne valent pas plus que l’encre avec laquelle ils ont été signés ?

 




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