Palestine .
Censées débuter ce mercredi, les négociations
palestino-israéliennes sont d’ores et déjà menacées d’échec
à cause d’un projet de construction de nouvelles colonies.
Nouvelle provocation israélienne
Quelques semaines après la conférence d’Annapolis (Etats-Unis),
où le gel de la colonisation juive a été réaffirmé, des
ultra-nationalistes israéliens, en majorité des colons, ont
manifesté dimanche dernier en Cisjordanie occupée afin de
soutenir un projet controversé d’Israël visant à créer une
continuité territoriale entre la colonie de Maalé Adoumim et
Jérusalem. Les colons ont annoncé leur intention de créer
neuf implantations sauvages en Cisjordanie, alors que
l’armée et la police israéliennes ont annoncé qu’elles les
en empêcheraient. Les Fidèles d’Eretz d’Israël, un
groupuscule d’extrême droite qui organise cette opération,
ont indiqué qu’elle visait à dénoncer à l’avance tout projet
de retrait partiel en Cisjordanie auquel pourrait consentir
le premier ministre Ehud Olmert. « Nous sommes venus pour
appeler le gouvernement à construire un vaste projet
israélien de construction qui prévoit de relier à Jérusalem
la plus grande implantation urbaine en Cisjordanie, Maalé
Adoumim (plus de 30 000 habitants) », a affirmé son maire
adjoint, Boris Grossman.
Ce projet a pour l’heure été gelé à la suite d’une promesse
de l’ancien premier ministre Ariel Sharon faite aux
Etats-Unis en 2005, mais l’Etat hébreu y a récemment
confisqué des terres et construit un poste de police,
faisant craindre aux Palestiniens une relance imminente du
projet. S’il est réalisé, ce projet coupera pratiquement la
Cisjordanie en deux, rendant difficile la création d’un Etat
palestinien pourvu d’une continuité territoriale et isolant
la ville de Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël,
dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur
futur Etat. Israël s’est engagé auprès des Etats-Unis à
démanteler ces colonies, mais cette promesse n’a pas été
suivie d’effet. Pour la communauté internationale, toutes
les colonies dans les territoires occupés depuis juin 1967
sont illégales, qu’elles aient ou non obtenu le feu vert des
autorités israéliennes.
Mais si cette opération menée par des colons est considérée
comme illégale de la part du gouvernement israélien et de la
communauté internationale, Israël, lui-même, a lancé cette
semaine un appel d’offres pour la construction de plus de
300 logements dans le quartier de colonisation de Har Homa,
situé à Jérusalem-Est. Cette décision contrevient à toutes
les ententes conclues à Annapolis, a affirmé la présidence
palestinienne. « Si Israël n’annule pas cette décision, cela
sabotera les résultats d’Annapolis avant même le début de
leur application », a déclaré le négociateur palestinien
Saëb Erakat. Cette annonce a suscité la colère non seulement
des Palestiniens et des pays arabes mais aussi de la
communauté internationale. La secrétaire d’Etat américaine
Condoleezza Rice a critiqué la décision israélienne
d’étendre un quartier de colonisation à Jérusalem-Est. «
J’ai fait clairement savoir que la période était plutôt à
bâtir la confiance. Cela ne va pas contribuer à cette
confiance », a-t-elle déclaré . En dépit de ces critiques de
Rice, le ministre chargé des Affaires stratégiques et
vice-premier ministre, Avigdor Lieberman, a prévenu que « la
construction va se poursuivre à plein régime et il faut le
dire à nos amis ».
Comme à l’accoutumée donc, les Israéliens ne tiennent pas
leurs engagements. Il y a à peine deux semaines à Annapolis,
Ehud Olmert avait convenu avec Mahmoud Abbass de parvenir
avant fin 2008 à un accord de traité de paix menant à la
création d’un Etat palestinien dans les territoires occupés
par Israël. Ils s’étaient engagés à respecter la Feuille de
route, qui prévoit entre autre le gel de la colonisation
juive, un sujet parmi les plus épineux depuis le lancement
du processus de paix .
Maha
Salem