Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Une terre toujours brûlée
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 Semaine du 12 au 18 décembre 2007, numéro 692

 

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Soudan . Rien à faire pour que la force hybride prenne position au Darfour. Khartoum et l’Onu échangent les accusations et la question du financement surgit au premier plan.

Une terre toujours brûlée

Le déploiement de la force hybride de l’Union africaine et des Nations-Unies (Minuad) au Darfour se heurte toujours à des obstacles et à des accusations mutuelles. Chaque camp rejette la responsabilité sur l’autre et les problèmes demeurent sans solutions, ce qui menace la mission qui doit commencer sa tâche dans quelques semaines.

Défendant son régime, le numéro deux de la diplomatie soudanaise a nié dimanche dernier les critiques contre son pays, accusé d’empêcher le déploiement de la force hybride, assurant que les difficultés et le retard venaient du financement de l’opération et de problèmes logistiques. « Nous avons agi et nous continuons d’agir avec responsabilité pour appliquer la résolution 1769, créant cette force », a assuré Sammani Wassila, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères. L’autorité soudanaise a attribué les difficultés de cette force au « flou » qui entoure encore son financement. « Nous demandons à ce qu’un esprit de coopération et de transparence préside aux relations entre le Soudan et les Nations-Unies », a estimé Wassila. Cet avis est partagé par les analystes. Zeid Al-Sabbane, spécialiste du dossier soudanais à la Ligue Arabe, insiste que l’autorité soudanaise a fait tout son mieux pour que la force hybride soit déployée au Darfour à la date prévue par les résolutions onusiennes. Pour Nasr Ibrahim, analyste au Centre d’études africaines au Caire, estime que « ce sont les pays occidentaux qui freinent le déploiement de cette force et non pas le Soudan. Parce qu’ils campent sur leurs positions et ne fournissent pas le financement nécessaire à cette mission ».

D’autre part, la communauté internationale, notamment l’Onu, jette la responsabilité sur le Soudan. Ils ont demandé samedi dernier au président soudanais Omar Al-Béchir de faciliter le déploiement au Darfour de la force de paix ONU-UA dont il refuse la composition proposée par les Nations-Unies. « Nous souhaitions maintenant que Béchir réponde aux propositions des Nations-Unies de manière à créer les conditions pour déployer rapidement la force hydride », a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Béchir s’oppose à la participation à la Minuad d’unités spécialisées du Népal, de Thaïlande et des pays nordiques. Le président soudanais a affirmé que « certains veulent imposer » ces contingents alors que l’Egypte, le Pakistan et la Chine, qui ont les faveurs de son pays, ont proposé les mêmes troupes. « Pourquoi on n’accepte pas les autres pays favoris par notre autorité ? », se demande Sammani Wassila. Selon lui, le Soudan veut le déploiement de la Minuad car il la considère comme l’un des quatre éléments d’une solution au Darfour. Les trois autres sont les volets politique, humanitaire et de développement de cette région de l’ouest du Soudan aux rares ressources.

La force ONU-UA doit être majoritairement africaine par sa composition, selon un accord passé avec le gouvernement soudanais, mais selon l’Onu, ces contingents non africains sont indispensables à l’efficacité opérationnelle de la force. Cependant, la nationalité des membres de la force hybride n’est pas le seul point de discorde. Les préparatifs pour son déploiement, qui doit commencer au début de 2008, se heurtent à de nombreux problèmes logistiques et administratifs. A cet égard, le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, avait mis les grands pays devant leurs responsabilités en les exhortant à fournir 24 hélicoptères jugés indispensables au succès de la Minuad. « Nous devons absolument avoir une force robuste, efficace. Sans elle, il ne pourrait y avoir de sécurité au Darfour. Mais pour cela, nous avons besoin de certaines capacités sur le terrain », a dit M. Ban. Il a indiqué avoir contacté personnellement tous les pays contributeurs possibles en vain. « Il est temps que les Etats membres mettent leurs actes en accord avec leurs paroles », a-t-il averti .

Maha Salem

 

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