Al-Ahram Hebdo, Egypte | Velléités de contrôle
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 au 18 décembre 2007, numéro 692

 

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Egypte

Lieux de Culte. Un projet de loi interdisant les manifestations dans les églises et les mosquées suscite des réactions controversées dans les milieux conservateurs, qui y voient une nouvelle tentative de mainmise de l’Etat.

Velléités de contrôle

Le projet sera déféré au Parlement au cours des prochaines semaines, selon des sources au Conseil des ministres. Le texte interdit catégoriquement toute manifestation dans les lieux de culte (églises, mosquées et autres) et prévoit une sanction de l’ordre de 6 mois de prison ferme et une amende allant de 1 000 à 5 000 L.E. en cas d’infraction. « Toute personne qui organise, incite ou participe à une manifestation dans un lieu de culte s’expose aux présentes sanctions », stipule le texte.

Le projet suscite déjà des réactions très controversées au sein de l’opposition et dans les rangs conservateurs qui dénoncent une mainmise de l’Etat sur les lieux de culte. « L’Etat a interdit les manifestations dans les rues, et maintenant, il veut les interdire dans les mosquées et les églises. Il veut fermer toutes les voies d’expression dont dispose le peuple », dénonce le député indépendant Gamal Zahran. Le projet avait été élaboré l’année dernière par le ministère des Waqfs. Le président Moubarak l’a signé le mois dernier. Il devrait provoquer un tollé lors de son passage au Parlement, où siègent 88 députés de la confrérie interdite mais tolérée des Frères musulmans. Les députés de l’opposition et les indépendants ont fait savoir qu’ils s’y opposeraient.

Les Frères musulmans pensent qu’ils sont les premiers visés par le projet. « Le gouvernement veut resserrer l’étau autour de l’opposition islamiste et l’empêcher de s’exprimer. Voilà tout. Mais au lieu de faire cela, il devrait promulguer une loi qui organise le droit de manifestation », renchérit Hamdi Hassan, porte-parole des Frères musulmans au Parlement. Les manifestations sont normalement interdites en vertu de la loi sur l’état d’urgence en vigueur depuis l’assassinat du président Sadate en 1981. Cependant, elles sont tolérées dans une certaine mesure par l’Etat.

La mosquée d’Al-Azhar est le lieu de départ de nombreuses manifestations organisées par l’opposition islamiste. « Souvent, ces manifestations ont lieu pour dénoncer les agressions israéliennes dans les territoires palestiniens ou la politique américaine injuste dans la région. En quoi cela dérange-t-il l’Etat ? », interroge Hamdi Hassan, qui qualifie cette décision de crime politique.

« La confrérie refuse totalement ce projet de loi qui porte atteinte à la liberté d’expression. Les mosquées sont un lieu d’expression et plusieurs manifestations en sont sorties contre la colonisation anglaise et l’occupation israélienne », souligne le député islamiste. Mais les Frères ne sont pas les seuls à critiquer le projet de loi. L’Eglise copte orthodoxe n’est pas en reste.

« Pourquoi interdire les manifestations dans les lieux de culte du moment que ces manifestations sont paisibles et non violentes ? Il conviendrait plutôt d’organiser le droit de manifester dans ces lieux, c’est-à-dire ne pas permettre l’usage de termes déplacés par exemple. L’église est le seul lieu où les coptes peuvent manifester pour revendiquer leurs droits », explique Morqos Aziz, curé de l’église Suspendue.

Le gouvernement justifie, quant à lui, sa décision par la nécessité de « protéger » les lieux de culte. Le premier ministre Ahmad Nazif a déclaré que les lieux de culte se sont transformés en tribunes politiques pour attaquer des personnes, ce qui rend nécessaire, selon lui, la promulgation de ce projet de loi.

« Les lieux de culte ne sont pas faits pour faire de la politique, mais plutôt pour accomplir les rites religieux », a défendu le cheikh Chawqi Abdel-Latif, responsable des affaires relatives aux mosquées et de la daawa (prédication) au ministère des Waqfs. Selon lui, les manifestations qui sortaient de la mosquée d’Al-Azhar dans le passé avaient pour but de lutter contre la colonisation, et tout le monde, la population et le gouvernement, avaient le même but, à savoir libérer la patrie. « Mais aujourd’hui, on constate que certains mettent à profit les lieux de culte pour leur intérêt personnel. Les confrontations qui ont parfois lieu lors des manifestations, la violence et l’usage de slogans et de termes mal placés portent assurément atteinte au caractère sacré des lieux de culte et les expose au danger, ce qui est inacceptable car dans le Coran, Dieu nous a demandé de prier dans les mosquées et de les protéger de toutes sortes de dangers », martèle le cheikh Chawqi Abdel-Latif.

Les opposants au projet de loi le placent dans un autre contexte, celui de la politique générale de l’Etat visant à contrôler les lieux de culte. Le ministère des Waqfs a lancé un plan il y a quelques années pour rallier toutes les mosquées sous son contrôle. Un autre plan a été lancé pour moderniser le discours religieux, former les oulémas et leur déterminer les sujets contemporains qu’ils doivent discuter.  Jusqu’où ira la tentative de mainmise ? .

Sabah Sabet

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L’Egypte se prépare à l’Aïd

A l’approche du grand Baïram, les autorités annoncent des mesures pour assurer l’approvisionnement en viande sur les marchés. Le prix de la viande a connu une importante hausse.

Le prix d’un kilo de viande bovine a passé le cap des 50 L.E. Les prix des moutons varient entre 500 et 1 500 L.E. Cette hausse est due à la baisse de l’offre sur les marchés. L’Egypte a arrêté l’exportation des viandes soudanaises suite à la propagation au Soudan de la fièvre de la vallée du rift, une maladie qui atteint le bétail. D’autre part, l’Australie vient de suspendre ses exportations de moutons à l’Egypte arguant qu’ils sont mal traités. Le ministère de Solidarité sociale a installé plusieurs petits marchés pour la vente de moutons. « Tous les points de vente seront contrôlés », assure un responsable au ministère, affirmant que 1 500 tonnes de viande bovine importée d’Ethiopie ont été mises sur le marché pour remplacer la viande soudanaise. De même, l’Egypte a importé 20 000 moutons de l’Union européenne. Selon les chiffres du ministère de l’Approvisionnement, 30 % de la production annuelle de bétail, soit 2,5 millions de têtes, est consommée durant le grand Baïram .

Marianne Youssef

 




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