Cinéma.
Heya fawda, dernier film de Youssef Chahine, suscite déjà
beaucoup de réactions, dont deux de nos lecteurs ayant des
points de vue différents.
Un Grand bravo à Chahine
Le dernier film de Chahine Heya fawda (chaos) vient de
sortir dans les salles et comme d’habitude, beaucoup sont
allés le voir. Encore une fois, on voit que notre grand
réalisateur Youssef Chahine se présente comme l’éternel
révolté.
On voit bien dans ce film que Chahine reste toujours aussi
passionné, mais aussi engagé. C’est très clair dans le film.
Le film est très direct, et a le mérite de dire haut et fort
ce que beaucoup n’osent pas dire. Assez, les citoyens en ont
marre de tout, et ne supportent plus l’injustice dans
laquelle ils vivent. Le film est très courageux, car il
parle ouvertement de tous les maux que vit notre société
actuellement. Merci à Chahine et à toute son équipe qui nous
a donné un très bon film et nous avons besoin de voir ce
genre.
Le policier Hatem (joué par Khaled Salah) est un homme très
dur qui tient le quartier d’une main de fer à travers des
pots-de-vin. Bien sûr il est détesté par tous les habitants
du quartier. Seule Nour, jeune institutrice, dont il est fou
amoureux, ose lui tenir tête. Mais Nour, elle, est
secrètement amoureuse du substitut du procureur Chérif. Fou
de jalousie, Hatem s’interpose. Il veut Nour pour lui seul,
et décide de transformer sa vie en véritable enfer.
Amour, haine, violence sociale, corruption, injustice,
oppression policière, on trouve de tout dans le nouveau film
de Chahine.
Amani Salah,Le Caire.
Remarques sur Heya Fawda
Je profite de l’occasion pour d’abord dire un bravo à tous
ceux qui collaborent à la rédaction de votre hebdomadaire
que nous attendons chaque semaine. Et puis, la fête
s’approche, alors bonne fête à tout le monde et à tous les
lecteurs de notre Hebdo. Ceci dit, je veux m’exprimer sur un
film que je viens de voir. Eh oui, je viens de voir le
dernier film du réalisateur Youssef Chahine, Heya fawda, et
je l’ai beaucoup apprécié. L’histoire est bien évidement
intéressante, car elle nous concerne tous, c’est-à-dire les
problèmes quotidiens de notre vie et l’injustice que vivent
beaucoup d’entre nous.
Mais, quelques remarques s’imposent. J’ai trouvé étrange que
dans les cellules où sont emprisonnées les femmes, seules,
on ne voit que des prostituées ! Est-ce que cela veut dire
qu’il existe des cellules réservées uniquement aux
prostituées en Egypte ? Je ne le pense pas.
Et puis la transformation du personnage de Chérif, qui est
le sous-procureur, est difficilement compréhensible : au
début, il aime une fille, ultra-libérale, ensuite il la
laisse, pour tomber amoureux de Nour, personnage
complètement différent, plus conservateur.
Autre chose : on ne comprend pas comment un des policiers se
met à tirer en l’air comme un malade, alors que la foule
l’entoure pour réclamer l’arrestation du policier corrompu.
Est-ce qu’en réalité cela se passe comme ça ? Je sais que
les hommes qui tirent en l’air sont les Saïdis de la
Haute-Egypte pendant un mariage.
Malgré tout, il y a quand même du bon travail dans ce film,
différent de tout ce que nous voyons actuellement dans les
salles.
Ahmad Hussein, Le Caire.
La course des prix
Tout d’abord, je voudrais présenter à travers votre
hebdomadaire Al-Ahram Hebdo mes meilleurs vœux à l’occasion
des prochaines fêtes des musulmans comme des chrétiens.
Ensuite, je veux aborder la hausse des prix qui nous fait
peur à tous dans notre vie de tous les jours. Le rythme des
prix qui augmentent d’une façon terrible ces jours-ci
ressemble pour moi à une véritable course. Tout le monde se
plaint : les prix augmentent, alors que les salaires sont en
stagnation. Les gens n’arrivent plus à vivre dans de telles
conditions, où le salaire se termine le troisième jour du
mois. Je ne sais pas combien de temps cela durera, et il est
temps pour que nos responsables gouvernementaux fassent
quelque chose pour nous sortir de cette situation.
Nadia Adel,Le Caire.
Un bon prof
En ce moment, nous entendons beaucoup parler des
professeurs. Mais est-ce que nous savons ce qu’est vraiment
un bon prof. Un bon prof est tout simplement celui qui forme
les générations futures. Raison pour laquelle nous devons
s’intéresser de plus près à ses besoins. Un bon prof doit
aussi être l’exemple pour ses élèves par son apparence, sa
culture, sa conduite et son éducation. Mais le prof
d’aujourd’hui est loin d’être le bon exemple à suivre par
les petits et les jeunes.
Elsafi Gado, Kafr Al-Cheikh.
L’après-Annapolis
« Ils sont revenus comme ils sont partis », ainsi peut-on
résumer la conférence d’Annapolis. Résultat : néant. Oui les
Arabes étaient assis à la conférence à côté des Américains,
mais c’est tout. Il ne faut pas se faire d’illusion, cette
conférence n’était rien d’autre qu’un voyage de plus pour
les Arabes. Comment voulez-vous que les Palestiniens et les
Israéliens s’entendent comme ça d’un seul coup après toutes
ces années de conflit ? De l’argent et beaucoup d’argent a
été dépensé pour cette conférence, je pense qu’il aurait
mieux fallu le dépenser sur les Palestiniens. Pour moi,
cette conférence n’avait aucune raison d’être, au contraire
c’était une perte de temps et d’argent.
Mirit Kemal,Le Caire.
Décadence de l’enseignement
Je sais que nous parlons beaucoup de ce problème, mais il
est très important et tout le monde doit comprendre la
gravité de la situation de l’enseignement et de nos écoles.
Car les jours se suivent et les choses empirent. Pourquoi
est-ce que nos responsables ne règlent pas une bonne fois
pour toutes le problème de l’enseignement qui mène à des
situations dramatiques : comment peut-on imaginer que la
mère d’un élève ose maintenant frapper un professeur !? Nous
en sommes arrivés là ... Il y a pire encore : il semble que
le virus de la baltaga (emploi d’hommes de main pour régler
des comptes) se soit répandu dans les écoles ! Que vont
devenir les jeunes Egyptiens qui sont l’avenir du pays ?
Mona Hassan,Le Caire.
Le toc-toc ne passera pas
Je voudrais répondre à Youssef Ghanem, qui a écrit dans le
numéro 690 d’Al-Ahram Hebdo, sous le titre « Pas touche au
toc-toc », que le toc-toc doit être généralisé. Franchement,
je trouve cette idée trop exagérée. Comment généraliser un
tel moyen de transport qui ressemble plus à une moto ? Je
suis vraiment étonné lorsqu’il dit : « En ce moment, on
entend beaucoup parler des toc-toc et je me demande pourquoi
on ne laisse pas leurs propriétaires travailler
tranquillement, car c’est un véhicule qui s’est imposé en
quelques années comme un moyen de transport des plus
pratiques ». Le toc-toc est très dangereux, provoque vols et
accidents et est loin d’être pratique, comme il le prétend.
Le toc-toc n’est pas la solution magique à nos problèmes de
circulation. Il faut trouver de vraies solutions qui
puissent régler et non provoquer des accidents de tous
genres.
Pourquoi ne pas penser tout simplement à augmenter le nombre
des bus et de minibus qui existent déjà ? Il faut même
supprimer les bus trop anciens et en mettre d’autres neufs
qui soient plus confortables. Il faut aussi faire la même
chose pour les taxis, interdire ceux qui datent de plus de
50 ans et en mettre d’autres nouveaux en très bon état.
Oui, on peut apporter de nouveaux moyens de transport. Mais
pas des motos !
Omar Rami,Le Caire.
On veut travailler
Comme beaucoup d’autres jeunes de mon âge, je souffre du
manque de travail. Et pourtant, j’ai des diplômes et je
connais des langues. Le chômage provoque de véritables
crises au sein de nos familles, qui n’ont pas de solution
magique. Je pense alors que notre façon de penser doit
changer lorsque nous parlons du chômage. C’est-à-dire que
nous ne devons plus croire qu’il suffit d’obtenir un diplôme
universitaire pour obtenir un emploi. Il faut regarder et
voir ce que demande le marché du travail. C’est pourquoi il
faut absolument mieux organiser la relation entre
l’enseignement et le marché du travail.
Une autre chose très importante : pouvoir travailler à
l’étranger. Pour cela, il faut savoir de quoi ont besoin les
pays étrangers et éviter les catastrophes qui arrivent trop
souvent avec le naufrage des bateaux de jeunes partis à la
recherche de travail.
Le gouvernement doit passer à l’acte dans cette direction,
et arrêter de faire des promesses qui ne tiennent jamais.
Hossam Ibrahim,Alexandrie.