Al-Ahram Hebdo,Arts | Le verre aux grands airs
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 au 18 décembre 2007, numéro 692

 

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Arts

Exposition. Ghada Noamane Gomaa travaille le verre comme une enfant, lui donnant pureté, formes, consistance et surtout cohérence bien calculée.

Le verre aux grands airs

« Cette partie du verre revêt la forme d’un éléphant, d’une oie ou d’une femme … Cela ne me dérange pas, tout dépend de l’imagination du récepteur », expose l’artiste du verre Ghada Noamane Gomaa. Le côté limpide de ce matériau va de pair avec sa personnalité. A contempler ses œuvres de près, l’on se rend compte qu’elle ne travaille pas simplement le verre, fragile et dur, mais le débarrasse de son aspect figé. Sa relation avec la matière brute s’avère plutôt riche. Ghada Noamane Gomaa lui parle, lui chuchote et lui insuffle la vie. Et en échange, le verre lui offre une variété infinie de formes et de couleurs. D’où, la manière de la décrire comme étant « une artiste qui fascine par ses jeux extraordinaires », empruntant ainsi l’opinion du ministre de la Culture, Farouk Hosni, dans le livre d’or de l’exposition en cours dans l’enceinte de l’Opéra du Caire.

On reconnaît facilement l’enfant qui joue avec le verre. « Elle joue en renouvelant la matière, harmonisant les formes, éliminant les couleurs, pour donner des œuvres à l’état pur », déclare un autre artiste, Aymane Al-Sémari. Dans son jeu, Ghada Noamane Gomaa est guidée par son intuition féminine, se livrant à quelques expérimentations bien calculées. « Avec le verre, chaque morceau, grand ou petit, est découpé avec le diamant ou brûlé en masse. Je me sens libre de le soumettre à mes manipulations. Tout est contrôlé suivant la température du four. L’essentiel est de produire une œuvre cohérente », précise l’artiste qui a commencé à travailler le verre il y a 15 ans.

Elle est consciente que le verre a besoin d’un espace pour respirer et cela se ressent dans sa manière « d’aérer » les différents morceaux de verre, collés sur une plaque, également en verre. Toutefois, elle se plaît parfois à priver quelques pièces de leur cohérence, à l’instar des œuvres exposées au premier étage de la Bibliothèque musicale de l’Opéra. L’artiste ne tarde pas à avouer : « Mes verreries exposées au premier étage ne sont en effet qu’une idée de recherche, destinée surtout à mes étudiants de la faculté de pédagogie artistique (tarbiya naweiya). C’est la première fois que j’essaye l’hydroxyde. J’ai voulu l’utiliser à la place du métal, pour atteindre un certain niveau de cohérence », dit-elle. Une expérience qui a poussé l’esthétisme jusqu’au bout. « L’hydroxyde, sous la chaleur, est capable de produire des nuances de couleurs foncées : grise et noire … C’est ce qui produit un beau jeu de contrastes, surtout spacieux, entre le verre à l’état primitif et transparent et le verre noirci, soumis à une haute température, entre l’opaque et le clair et entre le mis en relief et l’aplati », affirme l’artiste qui, par le biais de la couleur noire, ne manque pas de créer un effet d’ancienneté. Celle-ci donne l’impression d’être en face de « créatures archéologiques ». Cependant, cette ancienneté voulue par Ghada Noamane Gomaa est doublée d’une contemporanéité, d’où le titre de l’exposition Fossiles contemporains.

 

Série fascinante

Cette contemporanéité est bientôt remarquée dans la série des fascinantes verreries fondues, proposées par l’artiste, alliant le verre aux mosaïques ou encore le verre à des billes colorées. Dans cette série, exposée au deuxième étage, l’artiste semble dompter le mieux sa matière. Loin des oxydes de métaux, c’est-à-dire ne recourant à aucune matière artificielle, elle conserve au verre son état pur. Puis l’envisage comme une peinture, mélangeant dans un bel assemblage contemporain des couleurs et d’autres textures. Cette fois-ci, l’artiste recourt à des bouteilles, des vases, de petits pots et des flacons de parfum parisien. La finesse des formes de ces flacons cède aux verreries une richesse avérée. « Recourir au verre exporté ne relève pas de l’arrogance. Simplement, je trouve que le verre exporté est plus soigné et plus pur », déclare-t-elle, ajoutant qu’elle trouve dans tous les débris de verre une richesse inouïe tant qu’il s’agit de transparence et de pureté typique.

Névine Lameï

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Jusqu’au 12 décembre,

de 10h à 21h,

à la Bibliothèque musicale de l’Opéra.

Terrain de l’Opéra du Caire.

Tél. : 27 39 81 44.

 

 




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