Al-Ahram Hebdo, Arts | Adam Hénein, «Le plâtre a la simplicitéde la pureté et du recueillement »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 au 18 décembre 2007, numéro 692

 

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Arts

Expositions. A la galerie Ofoq, les sculptures baignées de lumière d’Adam Hénein prolongent un dialogue qui dure voilà des années dans l’harmonie des formes et la profondeur des peintures. Entretien.  

«Le plâtre a la simplicitéde la pureté
et du recueillement »
 

Al-Ahram Hebdo : En se promenant à l’intérieur de cette superbe exposition, on sent qu’elle est régie, à travers toutes ces sculptures en plâtre, par une conception différente de celle de vos autres expositions. Est-ce vrai ?

Adam Hénein : Cette exposition est construite sur l’idée de la matière. La sculpture est régie par la lumière et c’est ce qui donne la première impression. Une sculpture prend à la matière une partie de sa force. Le bois, le bronze, le marbre ont leur propre spécificité et leur propre beauté. Ce sont de belles et précieuses matières qui ajoutent aux sculptures une part de leur beauté. Cela m’ennuie. Je voudrais que la force de la sculpture vienne de ses profondeurs et non de l’extérieur avec toutes ses fioritures.

Pourquoi tenez-vous à ce point à ce qu’il n’y ait aucun atout extérieur à votre sculpture ?

— Je veux que ma sculpture soit forte par elle-même sans aucun avantage venant de l’extérieur. J’ai alors trouvé dans le plâtre une matière neutre et simple qui épouse mon idée de ce qu’est la sculpture. Le plâtre a la simplicité de la pureté et du recueillement. Il ne dit rien si ce n’est que je suis là. Il reflète la lumière sans aucune fioriture et sans aucune couverture. Il me redonne exactement ce que je lui ai donné à la base.

Pourquoi n’avez-vous pas mélangé les matières pour montrer les différences ?

— J’avais voulu exposer une sculpture en marbre blanc de carrare dont la matière est somptueuse. C’est une sculpture que j’avais faite en Italie. En la plaçant à côté des sculptures en plâtre, je fus profondément déçu. Le marbre était éteint. Il était évidemment lisse et d’une grande beauté mais il était éteint. Ce que je veux dire par éteint c’est qu’il n’engage aucun dialogue avec le récepteur. Une belle matière qui met des barrières alors que le plâtre est une matière plus chaude qui ne met aucune barrière avec son interlocuteur. Tandis que le plâtre rappelle le travail qu’on peut faire avec le crayon. Le résultat est tout simple. C’est ce que vous avez dessiné en toute honnêteté. Le dessin est tout simplement intéressé par l’ombre et la lumière et c’est ce qui m’intéresse ici de la même manière avec le plâtre. Cette neutralité qui s’efface pour laisser passer la lumière.

On voit que vous avez exposé des sculptures qui s’échelonnent sur de nombreuses années depuis 1953 (La Statue de Fatma) et jusqu’en 2007. En les voyant placées les unes à côté des autres, est-ce que vous trouvez une quelconque évolution ?

— Je ne sais pas. Ma sculpture, je crois, va dans une seule direction. L’âme est la même, mais j’aborde les sculptures selon différentes entrées. C’est une manière d’affirmer et de consolider le premier élan. Je ne sais pas si l’on peut appeler cela évolution ou si c’est une manière d’ajouter à l’ancien et de le rendre plus complexe. Si l’on voit la sculpture à la forme rituelle de 2007, on y trouve beaucoup de l’âme d’une sculpture d’un oiseau construite dans les années 1960. La nouvelle sculpture s’est modifiée, elle n’est plus un oiseau mais l’âme est la même. L’expérience de la vie et du travail donne une autre dimension. Lorsque je sculpte un chat, ce n’est pas le chat qui m’intéresse mais ce qui a transcendé ce petit être et lui a donné une certaine âme. Mon travail est plus abstrait, plus stylisé. Avec le temps on n’a plus besoin d’un sujet, on va vers la sculpture immédiatement. La mer et le désert par exemple sont différents de par le sentiment qu’ils nous offrent bien que tous les deux soient stylisés.

Vous avez posé des peintures à l’huile qui tapissent les murs tout au long de cette exposition. Ces peintures rehaussent-elles vos sculptures ? Sont-elles des sortes de fioritures. Comment les considérez-vous ?

— C’est pour donner à mes sculptures une dimension de profondeur. Pour donner de l’harmonie à travers les peintures. Des formes qui se juxtaposent et qui de par leurs couleurs se touchent pour donner une certaine lumière. Ce sont des états d’âme et des moments de préparation à la sculpture. Tout mène à la sculpture.

Propos recueillis par Soheir Fahmi

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