PND.
Beaucoup de doutes et parfois de l’indifférence ont marqué
la réaction à l’égard du congrès du PND. Etat des lieux.
Ils ont dit
«
En 2002, lors de la première conférence du PND, les mots
étaient prometteurs. Les gens entendaient, pour la première
fois, des idées sérieuses sur la réforme. Il y avait même un
conflit politique réel entre la nouvelle et l’ancienne
garde. Mais, voilà après 5 ans, il s’est avéré que les
conférences du PND ne sont que des lieux pour le chatting
sur les réformes politique, économique et sociale. Les mêmes
idées se répètent à chaque conférence sans pour autant être
traduites en des faits réels ».
Amr Al-Chobaki, chercheur au Centre d’Etudes Politiques et
Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.
« Le slogan de cette conférence « C’est grâce à nous que
notre pays avance » n’a aucun sens. Je ne comprends pas de
quel progrès ils parlent, à l’heure où le gouvernement
lui-même avait avoué que les taux de pauvreté et du chômage
ont largement augmenté dans le pays. Il est temps que le
parti au pouvoir soit honnête avec lui-même et avoue son
incapacité de provoquer le moindre progrès dans le pays ».
Gouda Abdel-Khaleq, économiste.
« Le Parti national a commis, cette fois-ci, la même erreur
de chaque conférence, c’est de ne pas soumettre ses
politiques à un vaste débat avec le peuple pour prendre en
considération son point de vue avant de publier ses
politiques. Je pense que les affaires de la privatisation de
l’assurance santé ou de la diminution graduelle de la
gratuité de l’enseignement, qui ont été proposées cette
fois-ci à la conférence, sont des affaires très sérieuses
qui touchent de près les citoyens ».
Hafez Abou-Seada, président de l’Organisation égyptienne des
droits de l’homme.
« Les gens n’attendent rien de la conférence du PND. Ils
n’avaient même pas l’idée que cette conférence avait eu
lieu. Ils ont perdu tout espoir dans les politiques du PND
ainsi que dans toutes les autres politiques. Ils sont
convaincus qu’il s’agit uniquement de paroles vaines. Ils
ont démissionné de leur propre volonté de la vie politique
».
Wahid Abdel-Méguid, chercheur au CEPS.
« Je ne savais pas qu’il y avait une conférence du PND. Et
je ne sais même pas ce que veut dire Parti national. Je suis
une étudiante à la faculté du tourisme, la politique
n’existe pas dans mes préoccupations ».
Racha Kamal, étudiante à la faculté du tourisme.
« Les conférences du PND ne sont que des shows politiques.
Je les compare aux pétards du Baïram, qui provoquent un
grand bruit lors de leur lancement et après quelques
instants on n’entend plus rien ».
Fahmi Howeidi, penseur.
« Il n’y a toujours pas de nouveau dans les conférences du
PND. A chaque fois, ils ajoutent des politiques qui ne font
qu’élargir de plus en plus le fossé qui existe entre les
hommes d’affaires qui sont alliés au gouvernement et la
couche inférieure qui présente la grande majorité du peuple
».
Mohamad Habib, numéro deux des Frères musulmans.
« Est-ce que les réunions des autres partis jouissent de la
même propagande dans les médias comme c’est le cas avec
celles du PND ? Le processus des partis en Egypte n’est pas
réel et ne reflète pas un vrai équilibre entre les forces
politiques. C’est une conférence cérémoniale ».
Seif Abdel-Fattah, professeur à la faculté de sciences
politiques, à l’Université du Caire.
« Dans chaque conférence, on remarque qu’il y a un recul.
Les politiques présentées dans les conférences ressemblent à
celles qui ont été pratiquées en 1974, c’est-à-dire avant le
multipartisme. Celles qui sont basées sur le retrait de l’Etat
du processus d’investissement et du développement et de son
devoir de fournir les services essentiels aux citoyens. Et
de parier sur les investissements égyptiens faibles et les
investissements étrangers qui ne s’intéressent pas au
développement dans le pays mais uniquement à leurs propres
gains ».
Hussein Abdel-Razeq, parti du Rassemblement.
« Parler de la justice sociale dans cette conférence n’a
aucun sens et est en contradiction avec la nouvelle pensée
du parti. Comment peut-on parler d’une justice sociale au
moment où le gouvernement avance dans la politique de
privatisation et insiste à enlever ses mains de toutes
responsabilités sociales. Ce sont des slogans sans fond et
qui manquent de la moindre crédibilité ».
Abdallah Al-Sénnaoui, rédacteur en chef du journal Al-Arabi
Al-Nasséri.
« Le Congrès du PND ? Cela intéresse peu. On connaît les
résultats d’avance. D’ailleurs, le PND est l’héritier du
système du parti unique, l’Union socialiste au départ. Mais
on peut le nommer plutôt l’Union capitaliste. Le pluralisme
actuel est de pure forme. Les autres partis sont faibles et
marginalisés ».
Ahmad Kamal, traducteur.
« Ceux qui posent ces politiques habitent dans de grands
palais. Ils ne savent pas comment vivent les pauvres. Ils
mangent des légumes organiques et nous les mangeons avec des
pesticides. Ils boivent de l’eau minérale et nous celle
polluée du robinet. Comment s’attendre à ce qu’ils prennent
dans leurs réunions des décisions dans notre intérêt ».
Mahmoud Ali, enseignant.
Propos Recueillis par
Aliaa
Al-Korachi