Al-Ahram Hebdo, Evénement | Ils ont dit
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 novembre 2007, numéro 687

 

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Evénement

PND. Beaucoup de doutes et parfois de l’indifférence ont marqué la réaction à l’égard du congrès du PND. Etat des lieux.

Ils ont dit

« En 2002, lors de la première conférence du PND, les mots étaient prometteurs. Les gens entendaient, pour la première fois, des idées sérieuses sur la réforme. Il y avait même un conflit politique réel entre la nouvelle et l’ancienne garde. Mais, voilà après 5 ans, il s’est avéré que les conférences du PND ne sont que des lieux pour le chatting sur les réformes politique, économique et sociale. Les mêmes idées se répètent à chaque conférence sans pour autant être traduites en des faits réels ».

Amr Al-Chobaki, chercheur au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.

« Le slogan de cette conférence « C’est grâce à nous que notre pays avance » n’a aucun sens. Je ne comprends pas de quel progrès ils parlent, à l’heure où le gouvernement lui-même avait avoué que les taux de pauvreté et du chômage ont largement augmenté dans le pays. Il est temps que le parti au pouvoir soit honnête avec lui-même et avoue son incapacité de provoquer le moindre progrès dans le pays ».

 Gouda Abdel-Khaleq, économiste.

« Le Parti national a commis, cette fois-ci, la même erreur de chaque conférence, c’est de ne pas soumettre ses politiques à un vaste débat avec le peuple pour prendre en considération son point de vue avant de publier ses politiques. Je pense que les affaires de la privatisation de l’assurance santé ou de la diminution graduelle de la gratuité de l’enseignement, qui ont été proposées cette fois-ci à la conférence, sont des affaires très sérieuses qui  touchent de près les citoyens ».

Hafez Abou-Seada, président de l’Organisation égyptienne des droits de l’homme.

« Les gens n’attendent rien de la conférence du PND. Ils n’avaient même pas l’idée que cette conférence avait eu lieu. Ils ont perdu tout espoir dans les politiques du PND ainsi que dans toutes les autres politiques. Ils sont convaincus qu’il s’agit uniquement de paroles vaines. Ils ont démissionné de leur propre volonté de la vie politique ».

 Wahid Abdel-Méguid, chercheur au CEPS.

 

« Je ne savais pas qu’il y avait une conférence du PND. Et je ne sais même pas ce que veut dire Parti national. Je suis une étudiante à la faculté du tourisme, la politique n’existe pas dans mes préoccupations ».

Racha Kamal, étudiante à la faculté du tourisme.

« Les conférences du PND ne sont que des shows politiques. Je les compare aux pétards du Baïram, qui provoquent un grand bruit lors de leur lancement et après quelques instants on n’entend plus rien ».

Fahmi Howeidi, penseur.

« Il n’y a toujours pas de nouveau dans les conférences du PND. A chaque fois, ils ajoutent des politiques qui ne font qu’élargir de plus en plus le fossé qui existe entre les hommes d’affaires qui sont alliés au gouvernement et la couche inférieure qui présente la grande majorité du peuple ».

Mohamad Habib, numéro deux des Frères musulmans.

« Est-ce que les réunions des autres partis jouissent de la même propagande dans les médias comme c’est le cas avec celles du PND ? Le processus des partis en Egypte n’est pas réel et ne reflète pas un vrai équilibre entre les forces politiques. C’est une conférence cérémoniale ».

 Seif Abdel-Fattah, professeur à la faculté de sciences politiques, à l’Université du Caire.

« Dans chaque conférence, on remarque qu’il y a un recul. Les politiques présentées dans les conférences ressemblent à celles qui ont été pratiquées en 1974, c’est-à-dire avant le multipartisme. Celles qui sont basées sur le retrait de l’Etat du processus d’investissement et du développement et de son devoir de fournir les services essentiels aux citoyens. Et de parier sur les investissements égyptiens faibles et les investissements étrangers qui ne s’intéressent pas au développement dans le pays mais uniquement à leurs propres gains ».

Hussein Abdel-Razeq, parti du Rassemblement.

 

« Parler de la justice sociale dans cette conférence n’a aucun sens et est en contradiction avec la nouvelle pensée du parti. Comment peut-on parler d’une justice sociale au moment où le gouvernement avance dans la politique de privatisation et insiste à enlever ses mains de toutes responsabilités sociales. Ce sont des slogans sans fond et qui manquent de la moindre crédibilité ».

Abdallah Al-Sénnaoui, rédacteur en chef du journal Al-Arabi Al-Nasséri.

« Le Congrès du PND ? Cela intéresse peu. On connaît les résultats d’avance. D’ailleurs, le PND est l’héritier du système du parti unique, l’Union socialiste au départ. Mais on peut le nommer plutôt l’Union capitaliste. Le pluralisme actuel est de pure forme. Les autres partis sont faibles et marginalisés ».

 Ahmad Kamal, traducteur.

« Ceux qui posent ces politiques habitent dans de grands palais. Ils ne savent pas comment vivent les pauvres. Ils mangent des légumes organiques et nous les mangeons avec des pesticides. Ils boivent de l’eau minérale et nous celle polluée du robinet. Comment s’attendre à ce qu’ils prennent dans leurs réunions des décisions dans notre intérêt ».

Mahmoud Ali, enseignant.

Propos Recueillis par Aliaa Al-Korachi

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Les rendez-vous annuels 

C’est en 2002 que le PND a décidé de se réunir désormais tous les ans avec à chaque fois un ou plusieurs thèmes.
Septembre 2003
Slogan
: « La nouvelle idéologie et le droit du citoyen »
Objectifs :
 Le présent et l’avenir du secteur du transport.
 La préservation des droits de la citoyenneté et de la démocratie.
 Les terres agricoles et la direction vers la croissance urbaine.

Septembre 2004 
Slogan :
« La nouvelle idéologie et la priorité à la réforme »
Objectifs :

La tendance économique : la lutte contre la pauvreté, l’amélioration du statut des citoyens aux revenus limités, la conservation de la concurrence et la protection des droits des consommateurs, la réforme de l’Organisme des impôts et des douanes.
L’éducation : la fusion des étudiants handicapés dans l’enseignement, le développement de l’éducation pour la citoyenneté et le développement de l’éducation secondaire et des études supérieures.
La santé : la restructuration du secteur sanitaire et le développement de l’enseignement infirmier.
 La femme : la relance de la participation de la femme dans le domaine des petits projets, dans le domaine politique et le changement des valeurs et des conceptions qui influencent négativement le statut de la femme.
 Les terres agricoles : faire face au gaspillage des territoires agricoles.
 La citoyenneté : le parti s’est engagé à assurer pour tous les citoyens leurs droits dans : la vie, la nationalité, l’égalité, l’éducation, la surveillance sanitaire, le travail, l’assurance sociale, la liberté de penser, la liberté de doctrine, la liberté de l’élection, la formation de partis politiques, la formation des syndicats, la circulation des informations, le droit à un environnement propre.
 Les jeunes : l’embauchage, la participation politique et le droit à l’éducation.
L’Egypte et le monde : le parti a insisté sur la participation de l’Egypte aux questions palestinienne, iraqienne, soudanaise et sur la réforme du système arabe.
Le transport : le parti a donné la priorité au développement des transports en commun, commercial, maritime et à la sécurité des routes.
Le droit à la citoyenneté et la démocratie : le développement des lois concernant le système des partis politiques et l’organisation de la pratique des droits politiques.

Septembre 2005

Slogan : « La nouvelle idéologie et le passage vers l’avenir »
Objectifs :
 La citoyenneté et la démocratie.
Les problèmes de développement et de l’embauchage.
La protection des terres agricoles.
 Le développement de l’éducation dans tous ses stades.  Le développement de l’administration civile.
 Les problèmes des transports et des routes.
 La protection sanitaire et les médicaments.
 L’interaction avec les forces de la société civile.
La position arabe au sein des développements régionaux et internationaux.

Septembre 2006 

Slogan : « La nouvelle idéologie et un second élan vers l’avenir »
Objectifs :
L’éducation.
L’assurance médicale.
Le développement du transport
Le secteur des jeunes
Le statut de la femme et sa participation à la vie politique.
La sécurité nationale égyptienne et l’avenir du Moyen-Orient.
Les politiques de l’énergie avec tout ce qu’elle renferme d’électricité, du pétrole et du gaz.
Les problèmes du logement.
L’eau.
Le réseau de drainage.

Histoire d’un parti

C’était il y a un siècle exactement, en 1907, que les partis politiques ont vu le jour et le premier était celui d’Al-Oumma mais deux mois plus tard, le Parti national voit le jour. Il a été fondé par Moustapha Kamel, leader nationaliste égyptien qui luttait contre l’occupation britannique. Le parti, tout aussi nationaliste, jouissait cependant de peu de popularité. Avec la Révolution de 1952, le mouvement disparaît comme tous les autres en faveur d’une organisation unique dont la plus éminente fut l’Union socialiste qui a vu le jour dans les années 1960. Il faudrait attendre l’époque de Sadate, en 1976, pour voir le président créer trois créneaux représentant la droite, la gauche et le centre. Ces trois tendances se sont plus tard transformées en partis. Al-Ahrar prend la tête de la droite, Al-Tagamoe la gauche et le Parti arabe socialiste d’Egypte se situe au centre. C’était le parti de l’Etat. Mais deux ans plus tard, Sadate ressuscite l’ancien nom du parti de Moustapha Kamel et fonde le Parti National Démocrate (PND). En dépit du multipartisme qui engendra par la suite la naissance du néo-Wafd, du Chaab, du Parti nassérien, le PND n’a pu se débarrasser de la philosophie de l’organisation unique. Il continue à dominer et à contrôler la vie politique. Le président Moubarak prendra les rennes en 1981 à la suite de la disparition de Sadate et continue à le diriger jusqu’à ce jour. Toujours influencé par l’esprit de 1952, de monopole politique, le PND obtient la plus grande part de financement par rapport aux autres partis, contrôle tous les médias de l’Etat, se confond avec le gouvernement et encore avec la présidence. Du coup, il dispose depuis toujours de la majorité absolue au sein du Parlement, de quoi légitimer toutes ses actions.

 




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