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A. Salama
L’utopie d’un règlement au
conflit du siècle
Morsi Attalla
La Syrie et la crise
libanaise
Radwane Ziyada
Edito
Annapolis
En
convoquant, ce mardi 27 novembre à Annapolis, une conférence internationale sur
le conflit israélo-palestinien, les Etats-Unis ont finalement choisi de prendre
la voie de la paix au Proche-Orient, mais avec six ans de retard et le temps
risque de manquer au président George W. Bush pour réaliser une percée
significative sur ce dossier.
Personne,
en effet, ne s’attend à ce que la conférence en elle-même ne débouche sur des
avancées majeures entre Israël et les Palestiniens, et même l’Administration
Bush a tempéré les attentes ces dernières semaines. Le président américain
assure vouloir la création d’un Etat palestinien pacifique et démocratique aux
côtés d’Israël avant la fin de son mandat en janvier 2009. Mais force est de
constater que ses actions pour atteindre cet objectif ont été quasi nulles et
qu’il s’est aligné sur Israël de façon systématique. Sous son mandat, Israël a
étendu les colonies en Cisjordanie, a commencé à construire une barrière de
sécurité divisant les zones sous contrôle palestinien et a mené un conflit
sanglant contre le Hezbollah chiite au Liban-Sud, ce
qui a suscité la colère d’une grande partie de la planète. L’ancien ambassadeur
américain en Israël, Martin Indyk, affirme que M.
Bush a sabordé les progrès faits sous l’ex-président Bill Clinton en refusant
de poursuivre l’engagement en faveur de la paix au Proche-Orient après 2001. «
C’est vraiment une question d’engagement présidentiel. Tout le monde a cette
question à l’esprit : à quel point le président est-il engagé ? ».
Un
échec à Annapolis sera sans doute dans l’intérêt du groupe palestinien Hamas
qui a pris le contrôle de la bande de Gaza, le 15 juin dernier. Fort de son
pouvoir dans ce territoire, le Hamas mise sur un échec de la réunion
d’Annapolis et conteste au président Mahmoud Abbass
le droit de négocier avec Israël au nom du peuple palestinien. Les islamistes
du Hamas considèrent en outre que cette réunion a été convoquée par le
président américain pour masquer des projets belliqueux contre l’Iran. Ils sont
certains que la réunion, à laquelle participent des représentants d’une
quarantaine de pays, ne portera aucun fruit. Et ils risquent de ne pas avoir
tort, car sur le fond, Annapolis paraît ressembler davantage à ce que les
Palestiniens et les pays arabes ne voulaient pas : une séance photo d’un jour.