Al-Ahram Hebdo, Opinion | Morsi Attala, L’utopie d’un règlement au conflit du siècle
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 Semaine du 28 novembre au 4 décembre, numéro 690

 

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Opinion

L’utopie d’un règlement au conflit du siècle 

Morsi Attalla 

Avec la tenue de la conférence d’Annapolis pour la paix, les discours d’Israël sur les implantations partent dans tous les sens. Son intention, semble-t-il, est de se dérober des résolutions claires et nettes des Nations-Unies confirmant le droit des réfugiés au retour ou à l’indemnisation. Malheureusement, la plupart des propos allant dans ce sens proviennent des grandes capitales, connues pour leur alignement aveugle à Israël et leur injustice envers les Arabes et les Palestiniens.

Israël n’œuvre pas de manière unilatérale sur cette piste, mais est soutenu par des forces et des institutions mondiales, et des rumeurs courent selon lesquelles des pots-de-vin politiques sont versés contre l’acceptation de l’idée de l’implantation. Israël parle tantôt de garanties susceptibles d’améliorer les conditions de vie de ces réfugiés dans leurs lieux actuels de résidence. Il est allé jusqu’à proposer des primes politiques et économiques aux pays qui encouragent cette politique.

Ceux qui s’alignent sur la position d’Israël réitèrent aujourd’hui les déclarations selon lesquelles si l’Etat hébreu ne peut pas supporter les Palestiniens qui ont refusé de partir en 1948, ceux qu’on appelle les Arabes d’Israël, et qui ont préféré rester et garder le statut de citoyen de 2e degré, comment pourra-t-il approuver le retour de 4 millions de Palestiniens ? Sans doute, ce retour en masse entraînerait un déséquilibre dangereux dans la structure démographique de l’Etat hébreu.

Des propos que l’on entend à répétition chez des responsables et de grands diplomates en Amérique et en Europe et qu’on retrouve fréquemment dans les articles des grands journaux0 américains et européens. Une situation qui a tendance à donner à tort le droit aux Israéliens d’injecter dans leurs territoires de nouveaux immigrés juifs venant de la Russie, de l’Amérique, de l’Europe et de tous les coins du monde. Tout en continuant à priver de ce même droit les habitants originaires de cette terre, qui ont été obligés de la quitter.

Si la machine de propagande américaine et européenne pro-israélienne justifie leur approche erronée par le fait que la plupart des réfugiés palestiniens se sont complètement intégrés dans leurs pays d’immigration et disposent quasiment des mêmes droits des citoyens originaires de ces pays arabes, cette machine ignore que le motif du retour peut ne pas être nécessairement économique, mais il est prioritairement d’ordre national.

Selon cette même machine de propagande, les juifs du monde entier disposent du droit de retour au pays qu’ils prétendent être celui de leurs ancêtres et duquel ils ont été chassés il y a 2 000 ans. Elle ne reconnaît cependant pas le droit des Palestiniens qui ont été expulsés voilà un demi-siècle. Et ignorer intentionnellement le constat selon lequel ces juifs sont intégrés dans leur société qui leur a donné une nationalité et ont la main haute sur toutes les destinées financières et médiatiques.

Pourvu que ceux qui manifestent une compréhension vis-à-vis des objectifs et des ambitions israéliens et qui exercent toutes sortes de pressions pour ancrer le procédé d’implantation sachent bien que cette manière de raisonner ne mettra pas un terme au conflit proche-oriental. Au contraire, elle raffermira davantage le penchant raciste juif et attisera du coup les sentiments de haine et d’animosité sur toute l’étendue régionale.

Toutes les parties concernées doivent réaliser que les discours sur une paix stable sont vains en l’absence d’une solution radicale et équitable du problème des réfugiés. Et c’est probablement utopique.

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