Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama, L’idée du djihad en recul
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 28 novembre au 4 décembre, numéro 690

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion

L’idée du djihad en recul 

Salama A. Salama 

J’ai suivi avec un grand intérêt ce que le quotidien Al-Masri Al-Yom a publié sur les révisions de position des groupuscules islamistes qui ont été diffusées par l’un de leurs leaders sous le nom de la rationalisation du Djihad. Ceci était le dernier mot dans un phénomène fort dangereux qui a préoccupé l’Egypte et le monde entier et qui a soulevé dans la région un nombre illimité d’actes de violence, d’assassinats et de guerres qui ont fait des milliers de victimes. Ce phénomène s’est propagé dans des pays arabes et islamiques et a atteint l’Afghanistan et l’Iraq. Il est à l’origine des mouvements terroristes qui ont dévasté le monde durant les trois dernières décennies et a soulevé le choc actuel entre l’Occident et l’islam.

Les peuples musulmans, y compris le peuple égyptien, ne se sont jamais préoccupés des détails des principes, des jurisprudences et des différends idéologiques qui ont formé les idées de ces groupuscules durant cette période. Ils ne se sont jamais préoccupés non plus des objectifs qui les ont motivés et qui les ont poussés à former des groupuscules et des organisations prêts à se heurter à la société. S’agit-il de la colère, de la dépression ou du désespoir à une étape décisive de la période de mutation ? En général, les peuples n’adhèrent pas à ces idées ni à ces théories qui en général n’attirent qu’une partie limitée d’intellectuels et de semi-éduqués. En effet, il est facile de mobiliser ces derniers et de les gouverner vu leur jeunesse, surtout qu’ils ont été élevés selon le principe de l’obéissance aveugle et qu’ils ignorent totalement les vertus du dialogue et des discussions, notamment dans le domaine de la jurisprudence. En effet, ils considèrent que ces domaines ne peuvent pas être abordés par les simples gens.

J’ai remarqué dans ce que j’ai lu qu’il s’agit de reculs et non de révisions, comme si une lumière avait soudainement éclairé leurs esprits et leurs cœurs. Ce qui était considéré comme un devoir impératif impliquant le djihad et la mort en martyr pour appliquer la charia n’est plus une obligation, car les conditions et les circonstances de leur application n’existent pas. De plus, les actes de violence et de pillage qui étaient permis pour financer le djihad sont devenus détestés et inadmissibles. Le changement par la force et par le heurt avec le dirigeant musulman pour appliquer la charia n’est plus une chose obligatoire, car les faibles et les impuissants ne sont pas obligés de pratiquer le djihad. C’est ainsi que nous avons témoigné d’un changement radical dans un grand nombre de positions que les dirigeants eux-mêmes s’étaient évertués à formuler pour convaincre leurs fidèles.

Nous nous trouvons face à une hiérarchie dans la direction qui oblige les subordonnés à respecter et à accepter les idées et les opinions de leurs supérieurs. Tant que les émirs et les plus savants dans le domaine de la charia ont adopté de nouvelles convictions et idées, il incombe à tous les subordonnés de les suivre. Le leadership organisationnel est indivisible du leadership intellectuel. Dans ce cas, le leadership intellectuel devient un genre de monopole qui donne à l’émir du groupuscule le droit de changer ses idées et ses convictions et de les dicter à ses subordonnés, car c’est lui qui est censé connaître le mieux les fondements de la charia.

Vivre derrière les barreaux pendant de longues années a certainement des répercussions sur la conscience de l’individu et peut contribuer à changer ses idées et ses convictions. Il peut se retourner complément contre ses idées ou bien il peut devenir facilement influencé par ceux qui l’ont dérouté. Ce phénomène ne se limite pas aux groupuscules islamistes. Il se répercute dans l’histoire des organisations politiques comme les marxistes, les communistes et autres.

Ce renversement intellectuel aurait été plus crédible s’il était survenu en dehors des barreaux des prisons, si ces leaders avaient révisé leurs idées et leurs convictions en liberté. Sinon, tout ce qui se dit devient une question digne d’être examinée.

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.