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Liban. La vacance du pouvoir présidentiel pourrait se prolonger, à moins d’un compromis, qui se joue à Annapolis, et qui donnerait satisfaction à Damas.

En attendant de voir ...

Quand le liban aura-t-il un nouveau président et qu’adviendra-t-il du pays si aucune solution n’est trouvée ? Telles sont les questions qui occupent aujourd’hui les Libanais mais aussi la communauté internationale après le départ de l’ancien président Emile Lahoud. Ce dernier a quitté le palais présidentiel à l’expiration de son mandat vendredi à minuit, laissant le poste vacant, le Parlement ayant échoué à élire son successeur. Le gouvernement de Fouad Siniora est désormais investi de tous les pouvoirs exécutifs, conformément à la Constitution. Mais le puissant Hezbollah chiite, qui mène l’opposition, a affirmé dimanche que le gouvernement ne pouvait prétendre assumer le pouvoir exécutif après le départ de M. Lahoud. L’opposition, proche de Damas et de Téhéran, considère en effet le cabinet Siniora, soutenu par l’Occident, comme illégitime depuis la démission de six de ses ministres l’an dernier.

L’impasse reste entière donc à deux jours de la 6e séance du Parlement destinée à élire un président. Les plus optimistes continuent d’espérer que la séance de vendredi prochain pourra aboutir à l’élection d’un nouveau président, après que tous les efforts entrepris depuis plusieurs semaines pour parvenir à un compromis entre l’opposition et la majorité ont échoué.

Pourtant, nombre d’analystes estiment que la crise risque de durer. Les tractations entre la majorité parlementaire anti-syrienne et l’opposition soutenue par Damas et Téhéran sont toujours dans l’impasse. Beaucoup craignent que la crise ne dégénère en de nouvelles violences, dans un pays déchiré par une guerre civile de 1975 à 1990. D’autant plus que même les médiations étrangères n’ont pas donné de résultat.

Aujourd’hui, les acteurs internes et externes tournent leur regard non seulement sur la séance de vendredi prochain, mais aussi et surtout sur la réunion d’Annapolis sur le Proche-Orient. En effet, l’opposition a semble-t-il implicitement décidé d’attendre les résultats de la conférence d’Annapolis aux Etats-Unis, à laquelle la Syrie sera représentée par le ministre adjoint des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad, pour juger de ses résultats, notamment en ce qui concerne la position de la Syrie, acteur-clé dans la politique libanaise intérieure. Selon les analystes en effet, si le volet syrien enregistre des progrès, Damas sera tenu de faire des concessions, notamment en ce qui concerne le dossier libanais. Dans le cas contraire, la Syrie sera encore plus isolée. En 2005, la Syrie a été forcée de mettre fin à 29 ans de présence militaire au Liban, après avoir été pointée du doigt dans l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafiq Hariri et d’autres figures anti-syriennes. Damas a toujours nié toute implication. La Syrie est maintenant accusée par la coalition au pouvoir à Beyrouth de chercher à regagner son influence au Liban.

En attendant la date fatidique du 30 novembre, les deux parties ont fait le choix de l’apaisement. Une politique de « Wait and See » pour éviter toute escalade alors que la tension est extrême.Du côté de la majorité donc, aucune des menaces préalablement évoquées n’a été mise en application. La majorité a renoncé à élire un président à la majorité simple sans convocation du président du Parlement. Quant à l’opposition, elle n’a pas nommé de gouvernement parallèle bien qu’elle considère illégitime le gouvernement en place. Même l’ancien président Emile Lahoud, pro-syrien, s’est abstenu de demander au chef de l’armée, le général Michel Sleimane, de former un gouvernement provisoire en attendant que la crise se débloque.

D’ici le 30 novembre donc, aucune mesure grave ne sera prise. Tout dépendra notamment d’Annapolis et de la prochaine séance parlementaire. Sans une pression syrienne sur ses alliés au Liban, le choix d’un nom posera toujours problème. Or, cette pression ne se fera que si Damas obtient quelque chose à Annapolis. Encore une fois, l’avenir du Liban se joue en Syrie.

Maher Meqled

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