Al-Ahram Hebdo,Environnement | Plus explosifs que jamais
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 28 novembre au 4 décembre, numéro 690

 

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Environnement

Déchets. La rue Chariket Al-Pétrole,à Mostorode, dans le quartier de Matariya, est envahie par des amas d’ordures qui menacent la sécurité des sociétés pétrolières qui s’y trouvent. Reportage.

Plus explosifs que jamais

Des déchets ménagers, de construction, des ordures à n’en plus finir traînant dans les rues, des tonnes et des tonnes de papier entravant le passage, ainsi que les entrées et les sorties des nombreuses sociétés pétrolières qui s’étendent sur une superficie de 25 m de large. Nous sommes dans la rue Chariket Al-Pétrole, à Mostorode, une des plus grandes régions industrielles du gouvernorat du Caire, située dans le quartier de Matariya.

La liste des problèmes liés à l’environnement en Egypte est longue, très longue, et ses effets négatifs sur les habitants et la santé des enfants n’est plus à prouver, mais ici, rue Chariket Al-Pétrole, le problème est d’autant plus inquiétant que cette pollution côtoie dix sociétés pétrolières qui ont été construites à cet endroit en 1982. Ces déchets sont hautement dangereux et constituent de véritables explosifs : si une cigarette ou une allumette est jetée au milieu de ces amas de détritus, le feu prendra à une vitesse surprenante sur les différentes matières pétrolifères et hautement inflammables, transformant la région en un brasier géant.

« Le problème a commencé il y a trois ans, quand les éboueurs chargés de ramasser les ordures du quartier de Matariya ont décidé de s’en débarrasser sur un terrain vague qu’ils ont transformé en décharge située tout près des sociétés de pétrole. C’est ainsi que cet endroit s’est transformé en une décharge publique », affirme un des responsables travaillant auprès de la société de pétrole Al-Gamïya al-taawouniya.

Après plusieurs plaintes présentées aux responsable en vue de débarrasser la zone des déchets qui entravent et menacent le travail des sociétés, les responsables des dix sociétés se sont accordés pour faire ramasser les déchets par leurs ouvriers qui transportent les déchets dans leurs propres bennes. « On gagne beaucoup d’argent de chaque société pour nettoyer la rue et les alentours des sociétés. Mais tout cela en vain. Cette opération de propreté qui coûte énormément d’argent doit être recommencée tous les trois jours, sinon les déchets s’amoncellent et on n’arrive plus à passer ou entrer dans la rue Chariket Al-Pétrole », ajoute un autre ouvrier.  Ce dossier, qui ne bénéficie pas de l’attention qu’il mérite, menace toute une région de disparaître dans quelques années. Plusieurs accidents ont eu lieu ces derniers mois, dont le plus célèbre est celui qui mettait en cause des conduites de gaz. Cet accident a provoqué la mort de dix ouvriers, de deux hommes de la sécurité et blessé 25 autres personnes. « Je me souviendrai toute ma vie de ce jour, chacun cherchait un abri, certains se cachaient sous les bureaux, d’autres dans les armoires … Le jour de l’incendie, ni les ambulances ni les pompiers n’ont pu accéder à la rue à cause des amas d’ordures », se souvient Al-Raïs Ismaïl, ex-agent de sécurité à la retraite.

Les déchets des bidonvilles pointés du doigt

Et ce n’est pas tout, à 500 mètres de la rue Chariket Al-Pétrole, il existe aussi plusieurs bidonvilles, dont Ezbet al-safih, où les habitants collectent et ramassent les déchets qui s’accumulent et qui augmentent de jour en jour. Ils font le tri des déchets, rassemblent les papiers et allument des feux de joie formant un épais nuage noir augmentant dangereusement la température de la zone sensible.

« Sans oublier les 7 charbonnières situées tout près, où les ouvriers disposent des amas de bois coupés de ci de là, recouverts d’herbe, de paille de riz, et qui sont ensuite brûlés pour obtenir du charbon de bois. Ils déclenchent plusieurs foyers en même temps tous les 21 jours. La chaleur dégagée se voit depuis la fenêtre de notre compagnie », raconte un des membres du personnel de la société Misr lil pétrole.

Les propriétaires des sociétés étrangères et gouvernementales de pétrole s’efforcent de ne pas rester les bras ballants. Ils ont défini un plan de lutte en demandant aux responsables de multiplier les tournées et les inspections dans la rue Chariket Al-Pétrole en vue de faire cesser l’activité des charbonnières et de sensibiliser les gens à ne pas jeter les déchets dans la rue, mais en vain. « On s’est adressé au chef du quartier de Matariya pour ramasser les déchets qui se répandent tout au long de la rue mais rien n’a été fait », proteste un des ingénieurs.

De son côté, le chef du quartier de Marariya, Diaa Hafez, se défend : « Le facteur principal pour lequel on ne ramasse pas les déchets qui s’accumulent réside dans le fait que cela représente un lourd fardeau, d’autant plus que les bidonvilles sont nombreux et responsables d’une grande partie de cette pollution ».

Manar Attiyar

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En bref

Changement climatique
Le secrétaire général de l’Onu pousse un cri d’alarme face au réchauffement climatique. « Ensemble, nous pouvons faire mieux que d’aborder le changement du climat. Nous pouvons transformer la nécessité en vertu ». La conférence des Nations-Unies à Bali en décembre doit entamer des négociations sur les suites à donner au protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre. Hausse éventuelle de la température d’environ 6,5 degrés en 2100 par rapport à 1990, fonte des glaciers, multiplications de canicules, sécheresses et inondations, élévation du niveau de la mer : c’est le sombre tableau qu’ont dressé les experts.

Dauphins
La pollution en mer Noire affecte une espèce de dauphins menacée. Mille cinq cents tonnes de fioul flottent toujours en mer Noire, rejetées par un pétrolier russe qui s’est brisé à la suite d’une tempête d’une rare violence et affectent la population indigène de dauphins, déjà en voie d’extinction, a annoncé la semaine dernière un responsable environnemental russe. Le carburant avait pollué une bande côtière de 50 km de long et 10 000 tonnes de boues d’hydrocarbures devraient être enlevées du rivage. Des milliers de poissons et d’oiseaux ont déjà péri, a-t-il dit en ajoutant que, « malheureusement », les mammifères marins étaient aussi affectés. « Les questions de souveraineté ne doivent pas primer en temps de crise écologique. Nous partageons la même planète », a-t-il fait valoir.

FAO
L’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) propose de payer les agriculteurs pour la protection de l’environnement, dans son rapport annuel publié la semaine dernière. L’agriculture peut à la fois provoquer la dégradation des sols, des ressources en eau, de l’air et des ressources biologiques et en améliorer la qualité : tout dépend des décisions que prennent plus de 2 milliards de personnes qui vivent de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche ou de l’exploitation des forêts, remarque la FAO. « L’enjeu consiste à convaincre les agriculteurs de limiter les effets négatifs de leur mode de production tout en répondant à la demande croissante de produits alimentaires », souligne l’organisation dans son rapport 2007 publié à Rome.

Biodiversité
Une centaine de scientifiques et de représentants de gouvernements se sont réunis à Montpellier (sud de la France) cette semaine pour préparer la création d’un réseau international d’expertise sur la biodiversité, à l’image du Giec sur le changement climatique. Près de 200 nouvelles espèces ont rejoint la liste des 16 306 espèces menacées d’extinction (contre 16 118 l’année dernière), sur 41 415 espèces mises sous surveillance par l’UICN parmi 1,9 million connues dans le monde. Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70 % des plantes sont menacés de disparaître, selon la liste rouge publiée par l’Union mondiale pour la nature (UICN). « L’enjeu est énorme : il s’agit d’aller jusqu’au bout de l’intention de porter la biodiversité au même niveau politique que le changement climatique », a déclaré le directeur de l’Institut français de la biodiversité.

 

 




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