Al-Ahram Hebdo, Enquête | En chute libre 
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 Semaine du 28 novembre au 4 décembre, numéro 690

 

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Enquête

Salaires. Leur évolution suit très mal l’inflation et le pouvoir d’achat des Egyptiens n’en finit pas de se dégrader. Face à ce constat, l’absence d’action syndicale est regrettée.

En chute libre  

« Il nous faut une politique pour les salaires et les revenus. Les salaires ne peuvent pas dépendre de la générosité d’un patron ou de l’avarice d’un autre », s’indigne Samir Radwane, conseiller du président de l’Organisme de l’investissement et des zones franches, en commentaire à la session qui a eu lieu dimanche sur l’inflation et les salaires lors de la conférence du Centre égyptien pour les études économiques (ECES).

Une étude sur le sujet constate que les salaires des employés du secteur public n’évoluent pas en fonction de l’inflation, mais plutôt en fonction des fluctuations politiques. Cette étude a été effectuée par Hala Farés, coordinatrice académique auprès de l’Académie arabe des sciences, de la technologie et du tranport maritime. Alors que dans le secteur privé, l’augmentation des salaires en réaction à l’inflation enregistre souvent un temps de retard de deux ans, et jamais en fonction du taux d’inflation prévu.

Une situation difficile pour les familles égyptiennes qui voient leur pouvoir d’achat diminuer une année après l’autre. Ainsi, si en chiffre, les salaires augmentent, les salaires réels eux diminuent ou sont constants dans le meilleur des cas. « Seul le secteur public a connu une augmentation des salaires réels ces dernières années », ajoute Samir Radwane.

La précarité de la situation est plus préocupante si l’on sait que, selon les statistiques officielles, les salaires sont la source principale de revenus de la majorité des familles égyptiennes. « Certaines familles n’ont que les salaires de leurs membres comme source de revenus », renchérit Hala Farés.

Sur ce point, une mesure fait l’unanimité entre les économistes : il faut renforcer les syndicats et créer des mécanismes pour des négociations collectives entre ouvriers et patrons afin de résoudre le problème des salaires. Une recommandation qui va dans le sens opposé des politiques gouvernementales. Cela fait quatre ans en effet que la loi sur le travail unifié a été promulguée sans que plusieurs de ses articles n’aient été encore appliqués. Ainsi, le conseil du règlement des litiges ouvriers est-il en panne. De plus, le conseil supérieur des salaires, 4 ans après sa création, ne s’est jamais réuni. En outre, le gouvernement insiste à avoir la mainmise sur les syndicats, et la pluralité syndicale n’est toujours pas autorisée.

Malheureusement, le problème dépasse de loin ces considérations syndicales. La grande majorité de la main-d’œuvre en Egypte est en effet dans le secteur informel. Sur 20 millions de travailleurs en Egypte, 6 millions travaillent dans le secteur informel alors que 7 millions font encore partie du secteur agricole. Ces deux catégorties regroupent des millions de travailleurs vivant en dessous du seuil de pauvreté, mais n’ont presque aucun pouvoir à mener des négociations sans parler du manque des statistiques sur l’évolution de leurs revenus.

Marwa Hussein

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