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Iran. L’Union européenne s’apprête à présenter un rapport qui devrait être déterminant pour l’adoption de nouvelles sanctions contre Téhéran alors que les Six restent divisés sur le sujet. 

Un rapport de plus 

Cela fait cinq ans que la crise sur le nucléaire iranien perdure. Cinq ans au cours desquels réunions, consultations et inspections se sont multipliées sans que tous ces efforts n’aboutissent à une issue à la crise. Aujourd’hui encore, le blocage persiste, avec d’un côté une position iranienne intransigeante et inchangée, et de l’autre, des divisions parmi les Occidentaux.

Il ne faut donc pas s’attendre à ce que la prochaine rencontre entre le haut représentant pour la diplomatie de l’Union Européenne (UE), Javier Solana, et le négociateur iranien en chef Saïd Jalili, prévue le 30 novembre à Londres, aboutisse à quoi que ce soit. Elle intervient en effet moins d’une semaine après une autre rencontre, ayant réuni vendredi dernier à Vienne, les 35 gouverneurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Une rencontre qui s’est soldée par un échec. Ces 35 gouverneurs se sont quittés sans parvenir à un compromis sur la politique à suivre quant au dossier iranien. Poursuite du dialogue ou sanctions ? Tel est le dilemme qui oppose les puissances occidentales. Au cours des discussions de l’AIEA, « plusieurs membres se sont réjouis que l’Iran ait fourni des réponses et des clarifications aux questions de l’agence dans des délais raisonnables. Cependant, plusieurs autres membres ont regretté que la coopération de l’Iran ait été réactive » alors qu’ils auraient préféré que Téhéran prenne des initiatives pour répondre aux demandes du directeur général, Mohamed Al-Baradei, a noté le conseil des gouverneurs dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion.

Or, malgré les divergences occidentales, l’avenir paraît plutôt sombre pour Téhéran. En effet, le responsable de l’agence onusienne a d’entrée de jeu reconnu que ses experts avaient été incapables d’apporter la preuve du caractère « pacifique », comme l’affirme Téhéran, de son programme nucléaire. Malgré des progrès dans la coopération entre l’Iran et l’agence, celle-ci a regretté que Téhéran n’ait toujours pas suivi les injonctions répétées de la communauté internationale à cesser les activités d’enrichissement de l’uranium. En particulier, elle a demandé des réponses à certaines questions-clés liées à l’étendue et la nature des activités d’enrichissement de l’uranium « ainsi que celles liées à des prétendues études et autres activités pouvant présenter un caractère militaire ». L’AIEA souhaite notamment des explications sur les traces d’uranium hautement enrichi trouvées récemment par ses inspecteurs sur des sites nucléaires de recherche en Iran.

L’Iran, de son côté, a réaffirmé ne pas entendre accéder à la demande de suspension de son programme atomique. Téhéran a accusé les pays occidentaux qui demandent de nouvelles sanctions, de « jeter de l’huile sur le feu » et averti qu’une telle attitude pourrait mettre fin à sa coopération avec l’AIEA. Selon l’ambassadeur iranien à l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, Téhéran a levé les questions qui pesaient sur ses activités passées. « Par conséquent, les allégations sur des activités iraniennes clandestines et non pacifiques sont infondées. Tout geste vers une résolution au Conseil de sécurité de l’Onu aurait un effet négatif sur notre pleine coopération avec l’AIEA », a-t-il déclaré. Partageant le même avis, Gholamreza Aghazadeh, chef de l’Organisation Iranienne de l’Energie Atomique (OIEA), a rejeté samedi la demande faite la veille par l’AIEA de permettre des inspections supplémentaires des installations nucléaires du pays.

En effet, les trois alliés européens de Washington, la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont appelé Téhéran à répondre dans les prochaines semaines aux questions en suspens sur son programme nucléaire controversé. C’est évidemment Washington et ses alliés qui exigent une 3e série de sanctions, après celles de décembre 2006 en mars dernier. Une option que la Chine et la Russie ne favorisent pas. La question iranienne était d’ailleurs à l’agenda de la visite du président français Nicolas Sarkozy en Chine.

Mais il faudra attendre la fin de ce mois pour que les perspectives s’éclairent au sujet du dossier iranien. Outre la rencontre entre Solana et Jalili du 30 novembre, l’UE doit publier dans les jours à venir un rapport crucial sur le dossier. Ce rapport doit évaluer la volonté de Téhéran de discuter d’une offre de coopération des membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l’Allemagne, moyennant une suspension de ses activités nucléaires sensibles. Il sera déterminant pour l’adoption éventuelle de nouvelles sanctions contre l’Iran au Conseil de sécurité de l’Onu.

Maha Salem

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