Festival International du Film du Caire.
Tenue en parallèle à la compétition officielle, la section
arabe regroupe 13 nouveaux films. Coup de projecteur.
Du côté du cinéma arabe
Pour la deuxième année consécutive, une section spéciale est
consacrée aux films arabes. Treize films sont en course pour
l’obtention du prix du meilleur film arabe, d’une valeur de
100 000 livres égyptiennes, offertes par le ministère
égyptien de la Culture pour récompenser « des films traitant
de thèmes sensibles, reflétant les préoccupations des
citoyens du monde arabe ».
Cette section se veut nettement la plus stable et plus
réussie. Ainsi le public aura-t-il la chance de découvrir et
de suivre l’évolution du cinéma arabe à travers une dizaine
de projections et de rencontres-débats organisées en
présence des réalisateurs ou comédiens.
Le festival a, pour la deuxième fois, mis en place un jury
arabe, présidé par le réalisateur marocain Ahmad Al-Maanouni,
avec la participation de la réalisatrice tunisienne Moufida
Tlatli, le comédien syrien Gamal Soleiman, la réalisatrice
égyptienne Hala Khalil et le directeur égyptien de la photo,
Samir Farag.
Sur 5 pays arabes, l’Egypte est présente avec 2 films. Le
premier Al-Ghaba (la jungle), écrit par Nasser Abdel-Rahmane
et réalisé par Ahmad Atef, dissèque le problème des enfants
de la rue et les conditions menant à ce phénomène croissant.
Quant au deuxième film, Balad al-banat (pays des filles)
écrit par Ola Al-Chaféï et réalisé par Amr Bayoumi, il
propose une virée dans le monde des jeunes filles dans une
société égyptienne dominée par les valeurs masculines.
Le cinéma marocain est représenté par trois films dont En
attendant Pasolini* de Daoud Awlad Syad, la Syrie participe
à la course avec deux films Hors couverture* de Abdel-Latif
Abdel-Hamid et L’Identité de Ghassan Schmit.
Toutefois, la participation algérienne reste parmi les plus
prometteuses, avec trois films dont le
grand succès Cartouches Gauloises* de Mehdi Charef.
Après Au Pays des Juliettes et Le Thé au harem d’Archimède,
ce réalisateur continue à dévoiler sa passion pour son
Algérie natale. Cette fois, avec Cartouches Gauloises, le
réalisateur installe son objectif du côté de l’enfance.
L’histoire du film se déroule en 1962, plus précisément,
pendant le dernier printemps de la guerre d’Algérie alors
que l’indépendance approche à grands pas. Autour de Ali,
déjà vendeur de journaux à 11 ans alors que son père est un
moudjahid dont on lui a dit de dire qu’il est parti
travailler en France, et de son meilleur ami Nico, le monde
change. L’un est arabe, l’autre pied-noir, tout les oppose
donc dans ce monde colonial clivé. Les Français quittent le
pays petit à petit, la violence se fait aux yeux de tous, et
les attentats se multiplient. Tous deux font semblant de
croire que Nico ne partira jamais. Tout s’effondre autour
d’eux, mais rien ne peut cependant leur voler leur enfance.
Un seul film libanais se donne dans le cadre de cet
événement, à savoir : Sokkar banat* (caramel), réalisé et
joué par Nadine Labaki et par lequel elle aspire à un Oscar
2008 pour le meilleur film étranger.
C’est l’histoire de cinq amies libanaises de différents
âges, religions et intérêts, qui se croisent dans un
institut de beauté à Beyrouth. Et c’est dans cet espace
typiquement féminin, que ces femmes nous dévoilent leurs
secrets même les plus intimes, et décident de s’entraider
dans les problèmes. Derrière cette histoire apparemment
anodine, on suit la vie quotidienne de la femme libanaise au
sein de sa société où les traditions continuent à peser.
Les films en compétition arabe constituent, selon les
organisateurs, « une sorte de contrepoids aux films
commerciaux ». Ils sont aussi porteurs d’une résistance
culturelle de plus en plus pressante.
Yasser
Moheb