Festival International du Film du Caire.
Sa 31e édition, du 27 novembre au 7 décembre, accueille 159
films de 55 pays. 19 longs métrages seront en lice.
Une édition qui fait dans la jeunesse
Si
l’édition 2006 avait été marquée par un retour en force des
sujets politiques, comme l’attestent les prix attribués l’an
dernier et par une attention particulière accordée aux
œuvres de réalisateurs relativement connus, à première vue,
c’est exactement le contraire cette année. Les 19 fictions
qui concourent pour la Pyramide d’or portent pour la plupart
l’empreinte de jeunes cinéastes.
Le comité de sélection a visionné 425 longs métrages de 60
pays, retenant 19 films seulement, dont deux estampillés «
égyptiens » : Saad Hindaoui avec Le Septième ciel et Ihab
Lameï avec En direct. Dans ce lot, « les jeunes talentueux »
seront très présents durant le festival, avec notamment des
réalisateurs qui frisent la trentaine. Des visions jeunes
succèdent alors à un cru 2006 plutôt éclectique. « Leurs
films ont séduit », a lancé Ezzat Abou-Auf, président du
festival, lors d’une conférence de presse.
Cette sélection marque également un certain recul du cinéma
de l’Amérique latine dont le seul représentant est le film
mexicain Opera de Juan Patricio Riveroll, qui relate une
histoire d’amour naissante au sein d’une société chaotique.
A noter aussi l’absence totale des films Made in USA parmi
ceux de la compétition.
Le continent asiatique, dont la cinématographie s’affirme
comme l’une des plus éblouissantes du monde, ne sera en lice
qu’à travers trois titres : La Vie en métro de l’Indien
Amurag Basu, Au nom de Dieu du Pakistanais Shoaip Mansour et
Une Chambre à louer du Philippin Neal Tan.
Au-delà de la compétition officielle, Le Caire accueillera
un nombre d’événements destinés, selon ses organisateurs, «
à promouvoir la diversité du cinéma, encourager les
nouvelles créations ou encore découvrir les différents
horizons du cinéma mondial ».
Pour
la première fois, quatre panoramas de films seront dédiés
cette année à des cinémas étrangers. Outre le cinéma
britannique, invité d’honneur de cette édition, le festival
consacre un panorama spécial au cinéma turc, avec nombre de
films représentant le nouveau cinéma turc, connu par son
haut niveau artistique et ses thèmes profonds. Citons entre
autres Adam et le diable de Baris Pirhasan abordant les
péripéties d’un imam de mosquée qui essaye d’accomplir sa
mission religieuse. Un autre panorama pour le nouveau cinéma
marocain est au menu, à travers la projection de six films,
dont Mémoire en détention* de Jilali Ferhati, La Symphonie
marocaine signée Kamal Kamal et Juanita, la fille de Tanger*
de Farida Ben Lyazid. Et finalement un autre panorama est
réservé au nouveau cinéma roumain, ayant commencé à
remporter les grands prix internationaux, tels que 4 mois, 3
semaines et deux jours de Cristian Mingu, lauréat de la
Palme d’or du dernier Festival de Cannes, ainsi que Rêver en
Californie de Cristian Nemescu, prix d’Un certain regard
2007.
Hors compétition, l’affiche n’est pas mal non plus. Boxes du
Français Jane Birkin, Preserve du Polonais Lukasz Palkowski
et Leningrad du Russe Alexander Buravsk viendront illustrer
des productions internationales de valeur.
Mais, comme d’habitude, c’est dans la section Festival des
Festivals que l’événement aura lieu : la présentation,
quelques semaines après sa sortie dans quelques pays arabes,
du dernier film de l’Américain Michael Winterbottom, Un Cœur
invaincu*, interprété par Angelina Jolie et produit par son
mari, la star américaine Brad Pitt. Le film, dont la
projection lors du dernier Festival de Cannes a soulevé les
controverses entre les critiques, aborde le thème du
terrorisme au nom de l’islam. Adapté du roman de Mariane
Pearl et basé sur l’enlèvement au Pakistan et la
décapitation de son mari, journaliste américain et juif, le
film nous fait suivre l’enquête et les tentatives pour
retrouver Daniel Pearl. L’histoire, ses tenants et
aboutissants sont connus et ne surprendront pas, mais
l’émotion reste malgré tout bien présente, grâce à
l’excellente prestation d’Angelina Jolie.
Une compétition dédiée aux films numériques est organisée,
pour la seconde fois, avec un jury spécialisé, présidé par
le réalisateur égyptien Mohamad Abdel-Aziz, avec l’écrivain
et réalisateur français Michel Alexandre, le réalisateur
allemand Tilman Scheel, le professeur italien Antonio Pizzo,
la comédienne ivoirienne Naky Sy Savane et le directeur
américain du Festival de Tribeca, Peter Scarlet.
Trois colloques sont également prévus afin de débattre des
sujets : Les Fonds européens subventionnant le cinéma du
Sud, le cinéma digital et la relation entre cinéma et
télévision en Grande-Bretagne. S’ajoute à cela également, la
section Films controversés, lancée l’an dernier, projetant
deux films : Le Vivant et le mort du Croate Kristijan Milic
et la fiction américaine L’Est américain de Hicham Essawi.
D’origine arabe, celui-ci aborde le sujet épineux : les
Arabes et l’Occident avant et après le 11 septembre 2001.
Cette édition est dédiée au comédien Naguib Al-Rihani et le
festival rend aussi hommage à six cinéastes égyptiens, à
savoir : les comédiens Ahmad Ramzi, Nour Al-Chérif et Nabila
Ebeid, le compositeur Ragueh Daoud et les scénaristes,
Moustapha Mouharram et Ahmad Saleh. Sur le plan
international, l’hommage sera aiguillé cette année vers le
réalisateur algérien Lakhdar Hamina dont le film Chronique
des années de Braise* sera projeté, le metteur en scène
britannique Nicholas Roeg, dont seront projetés trois longs
métrages Walkabout, Ne regarde pas maintenant et L’Homme qui
est tombé sur la Terre.
Ainsi le président du festival a-t-il promis une belle
édition qui « mettra l’accent sur l’importance de l’art
cinématographique disant long sur son histoire ainsi que sur
la vie du monde ».
Yasser Moheb