Caire islamique.
On vous propose un trajet à faire à pied pour visiter la
partie sud du Caire islamique en suivant une rue
généralement moins fréquentée par les touristes.
Une rue, forêt de monuments islamiques
Sans
aucun doute, on ne connaît bien Le Caire qu’en le parcourant
à pied. L’une des plus belles balades possibles peut être
effectuée dans une vieille rue en arc de cercle qui se
trouve au pied de la Citadelle de Saladin. Le quartier que
vous allez suivre porte le nom de son artère principale et
signifie « la route rouge ». Il fut créé à l’époque
ayyoubide pour relier Le Caire, Al-Qahira (la Victorieuse) à
la Citadelle nouvellement construite à l’époque.
Cette rue a plusieurs noms : Al-Tebbana, Bab Al-Wazir mais
c’est Al-Darb Al-Ahmar qui est le plus usité. C’est tout un
quartier bordé de mosquées, de sabils, de kottabs, de palais
et d’immeubles de plusieurs étages ... La rue Al-Darb
Al-Ahmar vous offre un éventail intéressant des richesses
architecturales du temps de la splendeur de l’Egypte
islamique. La plupart des monuments qui la bordent sont
d’époques mamelouke et ottomane, édifiés entre la fin du
XIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle.
Reliant la Citadelle à Bab Zoweila, la porte sud du Caire
islamique, cette rue traverse une zone d’abord défrichée
pour laisser la place à des jardins d’agrément pour Saladin,
puis construite sous le règne d’Al-Nasser Mohamad dont les
gendres y firent bâtir des demeures. La balade commence à
Bab Al-Guédid, la porte nord de la Citadelle.
Au fond
d’une petite rue transversale, on trouve les ruines d’un
hôpital médiéval, le maristan d’Al-Moäyed Cheikh (achevé en
1420), sur l’autre côté apparaissent la madrassa (école) et
le tombeau de l’émir (prince) Aytomoch Al-Baghasi (1363).
Vous trouverez aussi les restes de la tombe et du
sabil-kottab de l’émir Tarabay Al-Charifi (1504) ainsi que
le tombeau d’Azdomor édifié au début du XVIe siècle.
Quelques
centaines de mètres plus bas, on tombe sur le palais
mamelouk d’Alin Aqq (1293), occupé et remodelé par l’émir
Khayer bey qui construisit sa mosquée-mausolée et un
sabil-kottab en 1502 juste à côté, d’où la vue est l’une des
plus pittoresques et des plus fréquemment photographiées du
Caire.
De
l’autre côté de la rue, on aperçoit un immeuble de 14
appartements, dotés de plusieurs entrées, qui fut construit
en 1522, et qui s’étire sur plus de 65 mètres. Juste après
la mosquée de Khayer bey, se dresse une demeure du XVIIe
siècle qui jouxte la mosquée de l’émir Aqq Sonqor (1347),
gendre d’Al-Nasser Mohamad. L’appellation de « mosquée bleue
», que les guides touristiques attribuent à cette mosquée,
lui vient de la décoration de faïences bleues et vertes à
motifs floraux, en provenance de Damas dont l’a dotée, en
1651, Ibrahim Agha Mostahfezan, le premier propriétaire de
la demeure attenante. En face d’Aqq Sonqor, on rencontre un
sabil du XVIIe siècle, un tombeau, puis une autre maison
d’Ibrahim Agha Mostahfezan (1652) avec un sabil adjacent
(1639), à laquelle succède un petit bâtiment religieux
ottoman avec, derrière, un petit minaret ayyoubide (1260).
Juste en face se dressent la madrassa à beau portail et le
tombeau que le sultan Chaabane fit construire pour sa mère
en 1368. Beit Al-Razzaz, adjacent, est en fait un palais à
deux cours, plus de 100 pièces et un dédale de souterrains.
Il date de la fin du XVIIIe siècle. Il incorpore une maison
construite par Qaïtbay en 1 494.
Après un
croisement, apparaît un autre sabil-kottab du XVIIe siècle,
puis sur la droite, un tombeau du XIVe siècle. On arrive
ensuite à la mosquée Al-Maridani (1340), remarquable pour
ses marbres et ses splendides moucharabiehs séparant la cour
du sanctuaire. Plus loin dans la même rue se trouve la
mosquée d’Ahmad Al-Mehmendar (1325) à laquelle s’adosse un
sabil-kottab du XVIIe siècle.
Enfin,
sur la droite, à un tournant en vue de Bab Zoweila, on
parvient à la charmante mosquée de l’écuyer du sultan
Qaïtbay, l’émir Qigmas Al-Ishaqi (1481) relié à son
sabil-kottab par une passerelle enjambant une ruelle. A cet
endroit, Al-Darb al-ahmar continue à Bab Zoweila et au bazar
des khiyamiya (les fabricants des tentes) puis à une
centaine de mètres au Musée d’art islamique.
Amira
Samir