Al-Ahram Hebdo, Voyages | Une rue, forêt de monuments islamiques
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 Semaine du 14 au 20 Novembre 2007, numéro 688

 

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Caire islamique. On vous propose un trajet à faire à pied pour visiter la partie sud du Caire islamique en suivant une rue généralement moins fréquentée par les touristes.

Une rue, forêt de monuments islamiques

Sans aucun doute, on ne connaît bien Le Caire qu’en le parcourant à pied. L’une des plus belles balades possibles peut être effectuée dans une vieille rue en arc de cercle qui se trouve au pied de la Citadelle de Saladin. Le quartier que vous allez suivre porte le nom de son artère principale et signifie « la route rouge ». Il fut créé à l’époque ayyoubide pour relier Le Caire, Al-Qahira (la Victorieuse) à la Citadelle nouvellement construite à l’époque.

Cette rue a plusieurs noms : Al-Tebbana, Bab Al-Wazir mais c’est Al-Darb Al-Ahmar qui est le plus usité. C’est tout un quartier bordé de mosquées, de sabils, de kottabs, de palais et d’immeubles de plusieurs étages ... La rue Al-Darb Al-Ahmar vous offre un éventail intéressant des richesses architecturales du temps de la splendeur de l’Egypte islamique. La plupart des monuments qui la bordent sont d’époques mamelouke et ottomane, édifiés entre la fin du XIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle.

Reliant la Citadelle à Bab Zoweila, la porte sud du Caire islamique, cette rue traverse une zone d’abord défrichée pour laisser la place à des jardins d’agrément pour Saladin, puis construite sous le règne d’Al-Nasser Mohamad dont les gendres y firent bâtir des demeures. La balade commence à Bab Al-Guédid, la porte nord de la Citadelle. Au fond d’une petite rue transversale, on trouve les ruines d’un hôpital médiéval, le maristan d’Al-Moäyed Cheikh (achevé en 1420), sur l’autre côté apparaissent la madrassa (école) et le tombeau de l’émir (prince) Aytomoch Al-Baghasi (1363). Vous trouverez aussi les restes de la tombe et du sabil-kottab de l’émir Tarabay Al-Charifi (1504) ainsi que le tombeau d’Azdomor édifié au début du XVIe siècle.

Quelques centaines de mètres plus bas, on tombe sur le palais mamelouk d’Alin Aqq (1293), occupé et remodelé par l’émir Khayer bey qui construisit sa mosquée-mausolée et un sabil-kottab en 1502 juste à côté, d’où la vue est l’une des plus pittoresques et des plus fréquemment photographiées du Caire.

De l’autre côté de la rue, on aperçoit un immeuble de 14 appartements, dotés de plusieurs entrées, qui fut construit en 1522, et qui s’étire sur plus de 65 mètres. Juste après la mosquée de Khayer bey, se dresse une demeure du XVIIe siècle qui jouxte la mosquée de l’émir Aqq Sonqor (1347), gendre d’Al-Nasser Mohamad. L’appellation de « mosquée bleue », que les guides touristiques attribuent à cette mosquée, lui vient de la décoration de faïences bleues et vertes à motifs floraux, en provenance de Damas dont l’a dotée, en 1651, Ibrahim Agha Mostahfezan, le premier propriétaire de la demeure attenante. En face d’Aqq Sonqor, on rencontre un sabil du XVIIe siècle, un tombeau, puis une autre maison d’Ibrahim Agha Mostahfezan (1652) avec un sabil adjacent (1639), à laquelle succède un petit bâtiment religieux ottoman avec, derrière, un petit minaret ayyoubide (1260). Juste en face se dressent la madrassa à beau portail et le tombeau que le sultan Chaabane fit construire pour sa mère en 1368. Beit Al-Razzaz, adjacent, est en fait un palais à deux cours, plus de 100 pièces et un dédale de souterrains. Il date de la fin du XVIIIe siècle. Il incorpore une maison construite par Qaïtbay en 1 494.

Après un croisement, apparaît un autre sabil-kottab du XVIIe siècle, puis sur la droite, un tombeau du XIVe siècle. On arrive ensuite à la mosquée Al-Maridani (1340), remarquable pour ses marbres et ses splendides moucharabiehs séparant la cour du sanctuaire. Plus loin dans la même rue se trouve la mosquée d’Ahmad Al-Mehmendar (1325) à laquelle s’adosse un sabil-kottab du XVIIe siècle.

Enfin, sur la droite, à un tournant en vue de Bab Zoweila, on parvient à la charmante mosquée de l’écuyer du sultan Qaïtbay, l’émir Qigmas Al-Ishaqi (1481) relié à son sabil-kottab par une passerelle enjambant une ruelle. A cet endroit, Al-Darb al-ahmar continue à Bab Zoweila et au bazar des khiyamiya (les fabricants des tentes) puis à une centaine de mètres au Musée d’art islamique.

Amira Samir

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