Football.
Ahli a trébuché contre l’Etoile sportive du Sahel (Tun.) 1-3
en finale retour de la Ligue d’Afrique des champions,
vendredi au Stade du Caire. L’heure est au bilan.
Les Rouges détrônés
Ahli,
tenant du titre des deux dernières éditions de la Ligue des
champions d’Afrique, a perdu son titre après avoir encaissé
un sévère 1-3 à domicile, et à la surprise générale lors de
la finale retour qui a eu lieu au Stade du Caire. Après le
nul vierge concédé à Sousse en match aller, le même résultat
que la finale de 2005 contre la même équipe, tous les
Egyptiens attendaient un nouvel exploit des Rouges, à
l’image de 2005, lorsqu’Ahli a réussi à remporter le titre
sur un score sans appel de 3-0 lors du match retour.
Personne ne s’attendait à un tel résultat d’Ahli, qui domine
la scène africaine et locale ces dernières années. Tous les
pronostics étaient en faveur d’une victoire des Rouges qui
cherchaient à remporter le titre de la compétition africaine
la plus prestigieuse au niveau des clubs pour la troisième
fois consécutive et se qualifier pour la Coupe du monde des
clubs qui se joue au Japon, devenant ainsi la seule équipe
du monde à avoir participé à cette compétition mondiale 3
fois. Mais Afouane Gharbi, Amin Chermiti et Moussa Narri ont
balayé le rêve et les espoirs ahlaouis par leurs trois buts
qui ont conduit leur équipe à une victoire en visiteurs sans
appel dans l’histoire des finales de la compétition
africaine.
En effet, le scénario de la rencontre était assez singulier.
Alors qu’Ahli, qui se distingue de son adversaire par
l’expérience et les nombreux talents présents au sein de son
effectif, domine la première mi-temps, Afouane Gharbi, le
milieu de l’Etoile sportive du Sahel, ouvre le score à la
45e minute de la rencontre. Un but surprenant d’une équipe
dominée à tous les niveaux.
Très enthousiastes de rattraper ce but de retard, les Rouges
font un début idéal en deuxième mi-temps et parviennent à
revenir rapidement au score grâce à un but de Emad Al-Nahhas,
le libéro de l’équipe, à la 50e minute de la rencontre.
Alors que tout le monde attendait que les Rouges marquent le
but de la victoire, Al-Nahhas s’illustre une autre fois à la
60e minute par une grave erreur cette fois qui lui coûte un
sévère carton rouge. La situation déjà critique des Rouges
se complique. Malgré les efforts déployés par les joueurs d’Ahli
afin de revenir dans la rencontre, la solidité de la défense
tunisienne ne donne guère de place à l’action, et les deux
buts d’Amin Chermiti et de Moussa Narri lors du temps
additionnel viendront achever la rencontre.
« Mon équipe a été victime du mauvais arbitrage dans la
finale aller et lors de la rencontre de vendredi. A l’aller,
l’arbitre a négligé deux penalties. En revanche, il a donné
un second carton jaune à Mohamad Barakat qui était absent de
la finale retour à cause de ce second carton. Lors du match
retour, l’arbitre marocain a négligé deux autres penalties
qui auraient pu bouleverser la rencontre », a déclaré le
Portugais Manuel José Da Silva, le directeur technique d’Ahli
lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre. «
Il faut préciser aussi que mon équipe souffre d’une grande
fatigue à cause des successions des matchs lors des 4
dernières saisons. Mes joueurs n’ont pas eu l’occasion de se
reposer durant ces 4 saisons », a-t-il ajouté.
Il est vrai qu’Ahli a beaucoup souffert de l’arbitrage lors
des deux finales, surtout que le mauvais arbitrage lors de
la finale aller a privé l’équipe de sa star, Mohamad Barakat.
Ce dernier est considéré comme l’élément-clé de l’équipe. Da
Silva compte beaucoup sur les grandes capacités techniques
de Barakat dans la majorité des rencontres et surtout les
plus serrées. De même, la présence de Barakat était
nécessaire lors de la finale retour de vendredi,
l’adversaire est connu pour la rapidité extrême de ses
joueurs et Barakat est l’élément le plus rapide au sein de
l’effectif d’Ahli.
Lacunes techniques
Outre le mauvais arbitrage et la fatigue, quelques lacunes
au sein d’Ahli étaient flagrantes. Ces lacunes techniques
sont apparues en début de saison. A commencer par la défense
de l’équipe. Contrairement aux saisons précédentes où la
défense d’Ahli était l’un des points forts de l’équipe,
cette défense s’est présentée assez fragile. Résultat : 8
buts encaissés dans les filets de Essam Al-Hadari en 8
rencontres du championnat.
Les défenseurs de l’équipe commettent de nombreuses erreurs
de marquage, ce qui est à l’origine des nombreux buts
encaissés dans les filets de l’équipe. Les trois buts de l’Etoile
lors de la finale et l’exclusion de Emad Al-Nahhas après son
échec à contrôler l’attaquant tunisien Amin Chermiti sont
l’exemple du mauvais marquage des défenseurs de l’équipe.
L’attaque de l’équipe n’était pas plus reluisante. Les
attaquants de l’équipe, l’Angolais Flavio Amado et Emad
Metaab, qui étaient les meilleurs buteurs du championnat la
saison dernière avec 17 buts pour le premier et 16 pour le
second, ont connu une énorme baisse de niveau. Par exemple,
Flavio n’a réalisé aucun but depuis le début de la saison
locale. Quant à Metaab, il n’a marqué qu’un seul but depuis
février dernier. La mauvaise performance des attaquants de
l’équipe a beaucoup nui à la puissance offensive de l’équipe
de sorte que l’équipe n’a marqué que deux buts lors des 4
rencontres des demi-finale et de la finale. Le premier était
un contre-but du défenseur libyen lors de la demi-finale
retour contre Al-Ittihad (Libye) et le second but était
celui de la finale retour, et il a été concrétisé par le
défenseur de l’équipe Emad Al-Nahhas.
De même, le départ du milieu défensif de l’équipe Mohamad
Chawqi pour Middelsbrough (D1, Ang.) a beaucoup affecté
l’équipe. Même si Da Silva nie aucune incidence sur l’équipe
due au départ du joueur, le vide laissé par Chawqi est
évident. Depuis son départ, le technicien portugais a dû
jouer, dans les rencontres importantes, par trois milieux
défensifs afin d’appuyer sa souveraineté sur le milieu du
terrain. Une stratégie jamais appliquée en présence de
Chawqi, en dehors de la première mi-temps de la finale
retour de l’édition précédente opposant Ahli au Club Sfaxien
(Tun.).
Autre lacune de l’équipe, la faiblesse de son banc de
touche. Le responsable de cette lacune, c’est
l’administration de l’équipe qui n’a pas réussi à faire un
bon recrutement lors des deux dernières saisons. A part
Ahmad Fathi, qui va intégrer les rangs des Rouges à partir
de janvier prochain, la majorité de ces recrues ne sont pas
à la hauteur du niveau d’Ahli.
Avec la grande fatigue qui frappe les titulaires qui sont
tous de grandes stars mais qui manquent de fraîcheur,
l’équipe avait besoin de nouveaux éléments à la hauteur des
titulaires et qui possèdent du souffle afin que l’équipe
reste sur la même lancée. Les responsables du club ont
cependant l’air d’avoir tiré la leçon et ont promis de faire
un recrutement de qualité en janvier prochain.
Ahli a perdu un titre cher à son cœur, mais peut se vanter
d’avoir réalisé des exploits de taille ces trois dernières
saisons, que ce soit sur la scène locale, continentale ou
mondiale. « Je suis très déçu par ce résultat, mais la
défaite fait partie du jeu dans le sport. On a beaucoup
séduit nos supporters et je leur promets de réaliser de
nouveaux exploits », a déclaré confiant Chadi Mohamad, le
capitaine de l’équipe.
Mohamad Mosselhi