Lutter contre le chômage
Morsi Attalla
La
majorité du courrier des lecteurs que nous recevons concerne
une question très critique et dangereuse, celle du chômage.
Cette question préoccupe non seulement les jeunes diplômés
qui attendent des opportunités de travail, mais cause
également une crise dans les familles égyptiennes.
C’est la raison pour laquelle ce problème attire mon
attention plus particulièrement. Ce qui diffère cette fois,
c’est l’angle par lequel je l’aborde. Car il s’agit
d’observer la relation entre les spécialisations des jeunes
diplômés et ce qui leur est proposé sur le marché de
l’emploi. Effectivement, le chômage ne signifie pas
seulement qu’il n’y a pas suffisamment d’offres d’emploi,
mais veut dire aussi que les rêves et les promesses ne sont
pas réalisés. Chose qui a des répercussions psychologiques
et sociales dangereuses en plus des impacts économiques.
Donc, pour commencer à éliminer les impacts sociaux et
économiques du chômage, il faut propager une nouvelle
culture dont le rôle serait de faire oublier la pensée selon
laquelle il suffit d’obtenir un diplôme universitaire pour
obtenir un emploi. Une nouvelle culture doit être adoptée
par toute la société pour commencer ensuite à replacer nos
priorités sur le marché du travail.
On n’exagère pas en prétendant que nous avons besoin
d’engager un dialogue national autour de l’enseignement et
du recrutement, auquel participeront toutes les classes de
la société et qui serait dirigé par des experts de
l’enseignement et du recrutement. Je pense que les
discussions élargies qui ont eu lieu au cours de la
conférence générale du PND peuvent constituer un brouillon
du dialogue national qui doit être engagé autour du chômage.
Il faut avant tout s’accorder sur un agenda préliminaire
dans l’objectif de déterminer les caractéristiques des
emplois qui seront proposés à l’avenir conformément aux
nécessités du marché dans tous les domaines
d’investissement. Aujourd’hui, il n’est plus correct de
limiter la question de l’éducation aux nombres de classes
dans les écoles et de places vacantes dans les universités.
Le plus important, c’est de connaître les besoins réels du
marché du travail, que ce soit à l’intérieur du pays ou pour
la main-d’œuvre que nous exportons. Surtout que les
principaux marchés du travail vers lesquels la main-d’œuvre
égyptienne se dirige sont en mutation continue.
Tout ceci signifie qu’il faut remettre en question les
politiques d’admission des étudiants dans les universités et
instituts supérieurs, puisque le marché du travail n’a plus
besoin de jeunes diplômés. Il est donc question de
réorganiser la relation entre l’enseignement et le
recrutement.
Il n’est certainement pas facile de réaliser cette mission,
mais elle reste cependant possible. Il faut profiter des
expériences d’autres pays qui nous ont devancés dans ce
domaine et où les économies ont connu d’importants essors.