Al-Ahram Hebdo,Nulle part ailleurs |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 14 au 20 Novembre 2007, numéro 688

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Nulle part ailleurs

Guevara. Il arrive souvent de voir sur les pare-brise des voitures et sur des t-shirts le portrait du Che. Pour la jeunesse égyptienne, il représente l’éternel héros qu’ils ne trouvent pas dans leur société ou juste un beau visage sur un tissu.

Entre mythe et simple effigie

« Guevara rêvait de créer un socialisme universel », « Il a voulu lever haut le drapeau de la justice dans le monde entier », « L’homme qui a bravé les Américains », des avis qui s’échangent entre bloggers, qui utilisent son portrait et son nom comme logos à travers leurs blogs. « Une personne avec qui on peut ne pas être tout à fait d’accord mais que l’on respecte, apprécie et admire », dit Mohamad, étudiant et membre du mouvement Kéfaya. Ce dernier qui a collé sur la porte de sa modeste maison un grand poster de Guevara, explique que lui, comme tant d’autres, n’admettent pas la manière violente avec laquelle cet homme a mené son combat et réalisé son objectif.« Il a commis des meurtres et retenu des personnes en otage », « mais, continue Mohamad, il a atteint son noble objectif et à sa manière ». « Même si je ne suis pas d’accord avec sa façon de faire, cependant, je respecte ses opinions qui nous inspirent encore aujourd’hui ».

« Rien de plus noble que de mourir pour une cause à laquelle on croit fermement », des paroles de Che et que répète Sami, jeune pédiatre, très proche des idées de cette illustre personnalité. Il rejette les interventions violentes commises par les Etats-Unis dans certains pays sans rencontrer de résistance. Ce qui le pousse à fouiller dans l’histoire pour se rappeler et faire rappeler aux autres qu’un homme comme le Che a sacrifié sa vie pour lutter contre l’injustice et la pauvreté. Sami, Khaled, Youssef et d’autres aiment s’attabler au café qui porte le nom de Guevara et dont le décor est un assemblage de noir et de rouge. Là, ils peuvent écouter à longueur de temps de la musique latine.

Selon le sociologue et chercheur Al-Magdoub, rien de plus normal que des jeunes s’intéressent aux actes héroïques et aux héros. Et s’ils n’existent pas dans leurs sociétés, ils les cherchent ailleurs. Quant à la société égyptienne et depuis 1952, le seul symbole de bravoure a été le président Nasser. « Un symbole, malheureusement amplifié par la publicité et non par des actes héroïques. Après sa mort, ni l’Egypte ni le monde arabe en général n’ont connu un homme pareil, ce qui a poussé les jeunes à chercher un modèle étranger », affirme Al-Magdoub.

Aujourd’hui, les idées de Guevara continuent à fasciner ceux de la gauche qui voient en lui un vrai symbole de la révolution et de la défense des droits des plus démunis.

« Il est vrai que les jeunes répètent ses slogans depuis des années, portent des t-shirts à son effigie, mais ce n’est que pure apparence. Car on n’a pas encore réussi à appliquer ses idées », dit Samer, économiste, écrivain et penseur.

Le Che, symbole de résistance, n’est pas vu de la même manière par tout le monde. Il y a des gens qui considèrent que la présence du Che dans la mémoire de la jeune génération n’est que purement commerciale. Al-Wali, analyste et journaliste, assure que ce sont les grandes institutions commerciales qui en profitent le plus. En faisant de la propagande autour d’un personnage pareil, ils réalisent de gros bénéfices, exploitant l’amour que les gens ont pour lui.

Mais cela n’empêche pas que le Che est resté une icône pour des millions de gens répétant ses slogans. D’autres pensent que si ses ennemis l’avaient laissé en vie, ce mythe n’aurait jamais existé. Pour Alaa, ingénieur, Guevara n’est qu’un mythe justifié par sa capacité inébranlable de diriger. Un charisme qui nous manque aujourd’hui, ce qui explique pourquoi les jeunes s’y attachent.

Certains ne veulent même pas en entendre parler, comme Fakhri, de tendance islamiste qui classe ce militant « marxiste » dans la catégorie des athées. Nawara Negm, écrivaine, pense pour sa part que tout ce que ce militant a fait est resté gravé même s’il a usé de la violence pour atteindre ses objectifs. De nos jours, lorsque des militants comme Hassan Nasrallah ou Al-Zarqawi se comportent de la même manière, le monde les taxe de terroristes. « C’est l’Occident qui a fait de Guevara un héros mais il a taxé des militants arabes qui luttent pour des causes de terroristes. Pour l’Occident, ce sont seulement leurs militants qui ont le droit de devenir des héros. Nos peuples n’ont pas le droit de se révolter ni de revendiquer quoique ce soit », lance-t-elle.

Loin de cette polémique autour de Guevara et de ses idées, il existe une minorité qui l’apprécie beaucoup sans connaître son histoire. « Il est très charmant physiquement », dit Lamia, en expliquant la raison pour laquelle elle porte un t-shirt qui illustre son portrait. Certains qui ignorent tout de lui le confondent avec un chanteur de pop ou un modèle pour une publicité de cigare cubain.

De toute façon, on est loin de l’époque où le poète Ahmad Fouad Negm a écrit : «Guevara est mort, Guevara est mort, la nouvelle vient d’être annoncée à la radio. Il est mort en criant sa douleur, tenant son fusil à la main, il est mort en homme vaillant, j’en ai la certitude ». C’était en 1968, le jour où Che Guevara à été abattu.

Hanaa Al-Mekkawi

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.