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 Semaine du 14 au 20 Novembre 2007, numéro 688

 

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Soudan. Ne parvenant pas à surmonter leurs divergences, le nord et le sud ont suspendu leurs pourparlers de sortie de crise. Un des principaux désaccords porte sur la région pétrolière d’Abyei.

Le statut d’Abyei fait trébucher les pourparlers

C’est toujours l’impasse entre le nord et le sud du Soudan, les deux parties ne parvenant pas à s’entendre, notamment sur le statut de la région pétrolière d’Abyei, au cœur du pays et qui est toujours au centre de ce conflit, le plus vieux d’Afrique.

C’est ainsi que le Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM), ancien groupe rebelle du sud, a annoncé dimanche dernier la suspension du comité chargé de résoudre les divergences avec le Parti du congrès national (NCP), formation nordiste qui domine le gouvernement central. « Le comité a cessé de siéger », a indiqué Yasir Arman, membre de ce groupe de travail et secrétaire général adjoint du SPLM. Formée de six membres, la commission a pris la décision de mettre fin aux pourparlers, faute d’accord sur les questions litigieuses, dans l’attente d’une réunion, vraisemblablement la semaine prochaine, entre le premier vice-président Salva Kiir, le chef du SPLM, et le président Omar Hassan Al-Béchir.

Le SPLM et le NCP avaient conclu en 2005 à Nairobi un accord de réconciliation nationale prévoyant le partage équitable des ressources et du pouvoir. Selon les anciens rebelles, le NCP manque toutefois de volonté politique pour appliquer cet accord. « Nous avons rencontré de très graves difficultés qui nous ont empêché de poursuivre le travail du comité », a indiqué Arman. Partageant le même avis, le vice-président du mouvement sudiste SPLM, Malek Agar, a déclaré que la commission avait suspendu ses travaux en raison de divergences sur la méthode de traiter les questions litigieuses et la persistance de désaccords sur l’application de l’Accord de paix globale (CPA). Il a cité en premier lieu le désaccord sur Abyei, mais tenu à souligner que la suspension des travaux de la commission formée de trois nordistes et trois sudistes ne signifiait pas « la fin du dialogue » pour résoudre la crise. « La commission est dans l’attente de nouvelles instructions des deux présidents », a-t-il dit. Selon lui, les questions litigieuses qui devraient être discutées étaient au nombre de onze, sans citer plus de détails. Mais c’est la question du statut d’Abyei qui pose le plus de problèmes. Selon le Centre de recherche International Crisis Group, la région d’Abyei doit, en vertu de l’accord de 2005, bénéficier d’un statut de zone autonome spéciale jusqu’en 2011, date à laquelle elle pourrait choisir par référendum de rallier un éventuel sud autonome. « Mais, il semble que les deux camps ne sont pas d’accord sur ce règlement. Cette région est assez riche que chaque partie veut la contrôler toute seule », explique Ibrahim Nasreddine, analyste au Centre d’études africaines, à l’Université du Caire.

La commission chargée de résoudre les litiges nord-sud avait fait l’objet d’un accord le 3 novembre entre le SPLM et le NCP du président pour sortir de la crise née de la décision des sudistes de suspendre, le 11 octobre, leur participation au gouvernement central pour protester contre ce qu’ils considèrent comme des entraves mises par les nordistes à l’application du CPA.

Les deux parties avaient estimé que les différends seraient réglés à la fin d’une tournée africaine du président Béchir et d’une visite aux Etats-Unis de M. Kiir. Or, des déclarations de ce dernier lors de cette visite ont provoqué la colère des nordistes, notamment lorsqu’il a dit, selon les médias locaux, avoir perdu confiance dans le président Béchir. Certains médias proches du nord ont vu dans cette visite une tentative des sudistes d’exercer des pressions sur Khartoum qui entretient de mauvaises relations avec Washington. Cette visite avait eu lieu sur invitation américaine. Le secrétaire général du SPLM, Pagan Amoum, a abondé dans le même sens que M. Kiir, parlant de profonde crise de confiance entre le nord et le sud et s’attardant sur ce qu’il considère comme des atteintes aux droits de l’homme dans le nord.

Maha Salem

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