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 Semaine du 14 au 20 Novembre 2007, numéro 688

 

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Israël-Usa. Abdel-Alim Mohamad, politologue et membre du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, estime que les relations entre les Etats-Unis et le lobby israélien ne seront jamais affectées. Entretien.

« Chacun de ces deux camps sait très bien
 où trouver son intérêt »

Al-Ahram Hebdo : Tout d’abord, comment définissez-vous le lobby sioniste et quelle est son importance d’après vous ?

Abdel-Alim Mohamad : Le lobby sioniste aux Etats-Unis est composé d’organisations et de groupes de pression qui ont une influence financière, culturelle, politique et idéologique. Celle-ci est surtout manifeste dans trois cercles fondamentaux, à savoir celui de l’idéologie stratégique et politique, celui des recherches, des sciences et technologies et enfin celui des finances, banque et affaires. C’est de là d’ailleurs qu’il tire son importance

— Est-ce que c’est le lobby israélien qui influence la politique étrangère américaine ou bien c’est le contraire ?

— Il existe deux avis différents au sujet de cette question. Pour certains, il est impossible qu’un simple réseau comme le lobby puisse influencer un pays aussi puissant que les Etats-Unis, surtout qu’il n’est pas le seul lobby existant dans le pays, mais il y en a bien beaucoup d’autres, comme le lobby hispanique. Alors pourquoi celui-ci aurait-il tout ce pouvoir ?

Pour d’autres, ce lobby sioniste possède réellement un grand pouvoir à travers lequel il peut influencer la politique américaine étrangère. Ils assurent même que la présence de ce lobby aux Etats-Unis est une garantie pour la poursuite du flux pétrolier et la soumission des Etats arabes.

— Et lequel de ces deux points de vue soutenez-vous ?

— Je pense que chacun des deux camps a son influence sur l’autre. Sans aucun doute, les Etats-Unis ne sont pas un Etat facile à manipuler, mais en même temps, ce lobby israélien n’est pas comme les autres. Car il possède des caractéristiques spécifiques différentes. Il a la possibilité d’intervenir dans les trois cercles fondamentaux qui peuvent toucher facilement la politique américaine. Ce qui est sûr, c’est que ni les Etats-Unis ni le lobby ne sont naïfs. Chacun de ces deux camps sait très bien où trouver son intérêt et n’acceptera jamais qu’il soit touché.

— Pour quelle raison les Etats-Unis soutiennent-ils ce lobby contre les Arabes ? Est-ce dans leur intérêt de le faire ?

— Cette question est toujours posée et pourtant n’a jamais trouvé de réponses. L’intérêt des Etats-Unis avec les pays arabes est très évident, car ils représentent la plus grande source d’énergie dans le monde. Ils fournissent à l’Amérique un pétrole de haute qualité et à des prix assez bas, sans bien sûr oublier les grands investissements arabes aux Etats-Unis. Ce lobby est celui qui invite à une guerre contre l’Iran et mène aussi une campagne contre Al-Baradei qui a déclaré ne pas avoir trouvé de preuve condamnant cet Etat. La position des Etats-Unis est vraiment inexplicable.

— Cette relation ne peut-elle pas être influencée, surtout après les récentes affaires d’espionnage ?

— La relation entre les deux a toujours été excellente et bien harmonisée. Et des affaires de ce genre peuvent difficilement les influencer, surtout que précisément après le 11 septembre, les deux parties se sont rassemblées autour de quelques principes comme le mépris des Arabes et des musulmans et les regardent comme s’ils étaient la source de destruction et de terrorisme sur la Terre. Donc, il ne faut pas s’attendre à ce que cette relation soit affectée même légèrement.

— Oui, mais dernièrement, de nombreux intellectuels américains ont critiqué les actions de ce lobby comme Steven Walt et John Mearsheimer. Qu’en pensez-vous ?

— Je pense que cela est dû à plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’opinion publique n’arrive plus à supporter l’influence négative de ce lobby sur sa politique étrangère qui l’a impliquée dans plusieurs affaires. Ensuite, il y a aussi les médias qui jouent aujourd’hui un rôle fondamental et qui a aidé à transmettre au citoyen américain l’image réelle de ce qui se passe autour de lui. C’est ce qui a poussé ces deux écrivains à critiquer ce lobby dans leur étude. Il y a aussi le rôle que jouent les réseaux internationaux de solidarité avec la Palestine qui a pu aussi refléter l’image réelle des Israéliens.

— Il s’agit donc du début d’une lucidité pour les Américains ?

— Oui, pourquoi pas ? Mais il ne faut non plus pas s’attendre à un effet immédiat. Il faut un très grand effort, et à long terme .

Chaïmaa Abdel-Hamid

 

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