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Frères musulmans.
Ils se sont finalement prononcés dans leur programme
politique sur le poste de président de la République, le
limitant aux hommes et aux musulmans.
Femmes et coptes, abstenez-vous
Les
femmes et les coptes n’ont pas le droit d’occuper le poste
de président de la République, la version finale du
programme des Frères musulmans par lequel ils veulent se
constituer en parti n’est guère surprenante. Elle met
cependant fin à de multiples spéculations. « Cette décision
est finale et indiscutable. La création d’un parti politique
doit refléter l’idéologie et les principes de ses fondateurs
», affirme Mohamad Habib, le numéro 2 de la confrérie. S’il
y a eu débat sur la question, celui-ci a opposé l’ancienne
garde au courant réformateur. Les membres du bureau
politique étaient en effet divisés sur la légitimité, du
point de vue islamique, d’un accès d’une femme ou d’un copte
à la magistrature suprême. Le guide suprême de la confrérie,
Mahdi Akef, est venu dire le mot de la fin : « La présence
d’une femme ou d’un non-musulman à la tête d’un Etat
islamique serait contraire aux principes de la charia et à
l’idéologie des Frères musulmans ».
Les Frères musulmans avaient annoncé il y a quelques mois
leur intention de créer un parti politique sans passer par
les voies d’accréditation officielles. La confrérie avait
alors annoncé une première version du programme de ce parti
qu’elle a soumis à la classe politique pour recueillir son
avis. Or, l’attitude de la confrérie par rapport à la
participation des femmes et des coptes restait floue. La
version finale du programme, annoncée cette semaine, apporte
donc une réponse à la question. Cette décision prouve que le
courant « réformateur » au sein de la confrérie reste
marginal. « Les Frères ont voulu se démarquer du courant
laïque et garder leurs principes idéologiques fondamentaux
sur lesquels ils basent leur légitimité de groupe religieux
conservateur », analyse Diaa Rachwan, chercheur au Centre
des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.
Plusieurs membres de la confrérie avaient soutenu l’idée de
la citoyenneté et de l’Etat civil acceptant que le poste de
président soit ouvert à tous les citoyens. C’est le cas de
Essam Al-Eriane, un des cadres de la confrérie exclu des
débats sur le programme du parti étant donné ses positions
jugées trop conciliantes. « Cette décision nuit au programme
du parti et à sa forme démocratique », proteste Al-Eriane.
Avis partagé par Abdel-Moneim Aboul-Fotouh, membre de la
direction de la confrérie qui pense que le choix du
président doit revenir au peuple.
La décision des Frères relance les craintes sur leur
position vis-à-vis de la démocratie et leur conception de la
citoyenneté. La percée des Frères lors des récentes
élections législatives où ils ont obtenu 88 sièges avait
alimenté les craintes de la communauté copte. L’ancien guide
de la confrérie Moustapha Machehour avait provoqué une
polémique il y a dix ans en déclarant que les coptes ne
doivent pas accomplir le service militaire et qu’ils doivent
s’acquitter de la guézya (somme versée par les non-musulmans
dans un Etat islamique en échange de laquelle ils ont la
garantie de la sécurité pour leurs biens et leurs âmes).
Mohamad Habib tente d’apaiser les craintes. Pour lui,
déterminer des critères de sélection pour le poste de
président de la République n’est pas en contradiction avec
l’Etat civil et le principe de la citoyenneté. « Nous
respectons les coptes et nous respectons les femmes car
l’islam nous y incite. Nous respectons aussi le principe
d’un Etat civil. Nous disons franchement dans le programme
que nous appelons à un Etat civil à référence islamique. Un
Etat où tous les citoyens sont à pied d’égalité et ont les
mêmes droits et les mêmes devoirs. Toutefois, nous pensons
que les pouvoirs qui sont attribués au président de la
République, comme par exemple la direction de l’armée, ne
sont pas compatibles avec la nature de la femme et son rôle
social. De même, les prérogatives attribuées au président en
ce qui concerne les affaires des musulmans comme les
mosquées, le pèlerinage, etc. ne peuvent pas être accomplies
par un non-musulman », explique le numéro 2 de la confrérie.
Des arguments qui ne semblent pas convaincre les milieux
coptes. Le célèbre homme d’affaires copte, Naguib Sawirès, a
été l’un des premiers à réagir au programme des Frères. «
Nous n’attendons pas les Frères musulmans pour nous donner
des leçons sur la citoyenneté. Les coptes sont des Egyptiens
et ont les mêmes droits que les musulmans. En quel honneur
donc la confrérie se permet-elle de distribuer les postes à
son gré ? », s’est demandé Sawirès. Il a également dénoncé
ce qu’il a appelé le « flux religieux extrémiste » aussi
bien islamique que copte. Ibrahim Eissa, rédacteur en chef
du quotidien indépendant Al-Dostour commente ironiquement :
« Pourquoi cette controverse sur les critères de sélection
du président de la République ? Ne devons-nous pas avoir
d’abord une élection libre et transparente ? Pour le moment,
seul le PND peut proposer et soutenir un candidat à la
présidence », conclut-il.
May
Al-Maghrabi
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En
bref
Frères musulmans
Onze membres des Frères musulmans ont été interpellés
vendredi soir dans la région du Delta du Nil et placés en
détention, a indiqué samedi une source au sein des services
de sécurité. Ces onze personnes, accusées selon la même
source d’« appartenance à une organisation illégale », ont
été arrêtées lors d’un raid mené au domicile de l’une
d’entre elles, à Sakla, une ville de la région de Mansoura.
La veille, 22 autres membres ont été interpellés dans le
gouvernorat de Charqiya à la suite d’accrochages au cours
desquels six policiers ont été blessés, a indiqué une source
au sein des services de sécurité. A Al-Salhiya Al-Guédida
(nord), des Frères musulmans ont lancé des pierres sur des
policiers venus les interpeller et ont tenté de les
repousser en utilisant des bâtons, faisant six blessés parmi
les forces de l’ordre, a expliqué cette source. La police a
répliqué en lançant des grenades lacrymogènes sur les
membres de la confrérie islamiste.
Emigration
Un bateau ayant émis un signal de détresse la semaine
dernière a été retrouvé près de la Crète par les autorités
grecques avec 100 clandestins égyptiens à son bord, selon un
responsable au ministère des Affaires étrangères, Ahmad
Al-Qoweisniya. « 85 cinq passagers ont été sauvés et (...)
les recherches continuent pour les autres », a-t-il précisé.
Un autre bateau transportant des clandestins égyptiens avait
coulé à proximité des côtes italiennes une semaine
auparavant faisant près de 150 victimes. Le fils cadet du
président Hosni Moubarak, Gamal Moubarak, a jugé le
phénomène « douloureux et regrettable », mais a refusé de
faire le lien avec la situation économique, évoquant un taux
de croissance de 7,2 % et la création de 400 000 emplois en
deux ans. Le chef de la diplomatie, Ahmad Aboul-Gheit, a
pour sa part promis que son ministère allait immédiatement
entamer une étude sur le phénomène de
l’immigration clandestine et « les moyens de le
contrer ».
Nucléaire
Le ministre israélien des Affaires stratégiques, Avigdor
Lieberman, s’est alarmé des projets nucléaires de l’Egypte,
estimant qu’ils risquaient de mener à un « scénario
apocalyptique », dans une interview au Jerusalem Post
publiée vendredi. Lieberman est le chef du parti d’extrême
droite russophone Israël Beiteinou (11 députés). « Leurs
intentions doivent être prises au sérieux et visent à
préparer le monde à ce qu’ils vont faire », a-t-il
poursuivi, sans plus de précisions. Le président Hosni
Moubarak a annoncé le 29 octobre que l’Egypte allait se
doter de plusieurs centrales nucléaires civiles, relançant
un programme gelé il y a 20 ans après la catastrophe de
Tchernobyl, en 1986. Le Caire, qui a reçu l’immédiate
bénédiction de Washington, a affirmé avoir opté pour le
nucléaire civil, encadré internationalement, afin d’assurer
sa sécurité énergétique.
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